FORMIDABLE DÉVELOPPEMENT DE L’INSURRECTION AU ® JUIN
d’allégement, d’avances de conciliation, auxquelles on espérait les voir bientôt céder !
Mais tandis que leurs députés étaient en cour, leur association prit de vastes développements, et dès qu'ils sentirent leur force ils en abusèrent. L’insurrection bornée d’abord au Limosin, au Périgord, à la Saintonge, s’étendit pendant le mois de mai au Quercy et à l’Agenois, et entama la Marche : le 2 juin, elle était en armes dans ces sIX provinces, comptait cinquante mille hommes, et menaçait l’'Angoumois et le Poitou *. Partis de la justice et de la défense naturelle, ils se jetèrent sur-le-champ dans la violence agressive. Ce ne sont pas seulement les histoires, les actes, les correspondances du temps, ce sont leurs propres circulaires qui présentent le tableau suivant de leurs excès. Ecoutons d’abord les historiens.
« La vue de leurs forces les amena bientôt aux insolences. N’en ayant voulu, du commencement, qu'aux maltotiers et officiers du roi, ils montrèrent ensuite inimitié aux gouverneurs des places, aux soldats des garnisons , et enfin à tous leurs gentilshommes. Ils en vinrent à piller quelques maisons nobles. Ayant pris des soldats, ils leur faisoient porter le mousquet et la caisse, en revanche d’avoir été employés à cela : ils firent ce trait de honte à un gentilhomme qui leur commença la guerre, y employant tous ses parents et amis.
» [ls commettaient de grands désordres : entre autres, ils arrachoient les vignes, coupoient les bois, brûloient les maisons et granges de ceux qui ne se vouloient ranger avec eux Ÿ. »
Au commencement du mois de juin, les insurgés adres-
1 La relation dans Cayet, 1. VI, p. 574 À.
? Dans la circulaire des Croquants du 2 juin, sur laquelle nous reviendrons tout à l’heure, on trouve : «Le Tiers estat des pays de Quercy » Agenois, Perigort, Xsintonge, Limosin, haute et basse Marche... » Les provinces Angoulmoises et de Poitou où nous nous acheminons » maintenant. » — D’Aubigné, t. 111, L. 1V, €. 14, p. 383, fixele nombre des insurgés à cinquante mille, trente-cinq mille d'une part, quinze mille de l’autre.
3"D'Aubigné, t. 111, 1. 1V, ©. 14, p. 382.—P. Cayet, L. vi, p. 574 A.