‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 588 sur 636 · LIV. IV. CH. V. TABLEAU DES EXCEÈS DES PAYSANS · texte numérisé non relu

LIV. IV. CH. V. TABLEAU DES EXCEÈS DES PAYSANS

sèrent une proclamation à tous les officiers qui commandaient dans les châtellenies se trouvant sur leur passage. Voici ce qu'on y lit :

« Messieurs, nous vous tenons au nombre des gens de bien. C'est pourquoi incontinent la présente reçue, nous vous prions vous armer, joindre et opposer avec nous contre les principaux desseins des ennemis du Roy notre sire, et les nostres, mesmement aux griffes des inventeurs des subsides, voleurs, leurs receveurs et commis, faulteurs et adhérens.. A ces causes, vous ne ferez faute de vous armer et tenir prêts. Autrement vous nous aurez sur les bras trois jours après la réception des présentes, pour y étre contrainis par la rigueur des armes, comme faulteurs desdits voleurs et inventeurs des subsides. Nous ne fauldrez aussi d’avertir les paroissiens de vostre chastellenie, et plus proches voisins de faire le semblable, sur les mesmes peines et de nous en prendre à vous. Fait en ce second jour de jum 1994. Vos frères et amis, les gens armés du Tiers-état des pays de Quercy, Agenois, Périgort, Xaintonge, Limosin, haute et basse Marche » !.

Cette visite en armes des frères et amis avait lieu tout aussi bien chez les nobles dont les Croquants avaient le plus à se louer, que chez ceux dont ils avaient le plus à se plaindre : ils les confondaient tous dans leur aveugle fureur et dans leurs attaques. M. de Bonnond, gentil homme probe et juste, qui n’a à se reprocher ni une exaction ni un mauvais traitement à l’égard des paysans ses vassaux ou ses voisins, qui jusque là n’a eu aucune querelle avec eux, qui demande jusqu’au bout qu’on les traite avec modération, exprime en ces termes son impartiale opinion sur les Croquants, dans sa lettre au duc de La Force, son cousin :

« Gertes, Monsieur, il faut que je le vous dise et assure, de mon temps je n’ai vu entreprise si folle, ni si RÉeRSS que la leur, ni de si périlleuse conséquence.

» Je pense qu’il n’y a gentilhomme au og moins récusable

! Bulletin de la Société de l'Histoire de France, t. 1, deuxième partie, document, n° 1x, première pièce, pages 29, 80.

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