LEURS ATTENTATS CONTRE L'ORDRE POLITIQUE ET SOCIAL
que moi au jugement de leur cause ; car {out le monde sçait que je n'ai jamais eu querelle ni dispute en mon pays, pour une occasion quelconque que pour la leur, et cependant que. j'ai eu tout seul, tout le pays sur les bras, tout un temps. Voilà pourquoi j'en parle sainement et sans passion.
» MM. de Beynac, de Themines, de Messillac... sont résolus de vous tenir pour chef en cette entreprise. De votre vie il ne passera chose plus louable par vos mains, plus juste, et là où il faille plus de prudence. Je vous y convie avec beaucoup de raisons bien digérées et épluchées, car sans votre présence, il pourra y avoir de la cruauté et de l’imprudence, puis après très mal aisée à rhabiller » {.
Les nobles de Périgord, arguant dans leur acte d’association de faits publics, irrécusables, et dont l’exactitude est attestée par de Thou, nous apprennent en quoi l’entreprise des Croquants était pernicieuse et de si périlleuse conséquence. Îls réfutent les assertions contenues dans la circulaire des insurgés, et montrent que tandis qu'ils promettaient de respecter le roi, le clergé, la noblesse, la justice, 1ls ne laissaient effectivement rien debout. Voici ce qu'ils disent :
« Convention des nobles du Périgord pour défendre le service du roi et repousser les paysans révoltés.
» Estant chose certaine et cognue à un chascung que les peuples du Limosin, Périgort, Quercy et Agenois se sont eslevez contre tout droit divin et humain, en ce qu’ils ont voulu renverser la religion, ne payant les dismes ; qu’ils se sont rendus criminels de leze-majesté pour ne vouloir payer les failles; qu’ils ont voulu renverser la monarchie et establir une démocratie à l'exemple des Suisses... Nous soussignez . pour esviter leurs entreprinses et machinations, pour le service du roy, pour recouvrer la liberté et supériorité que nos prédécesseurs nous . ont laissée sur eux, et pour la conservation de cette monarchie, de nos vies et de nos biens, jurons devant Dieu de tenir les articles qui s’ensuivent » ?.
1 Mémoires de La Force, Correspondance, t. 1, p. 247. La lettre de M. de Bonond est du 4 août 1594; mais elle relate les faits accomplis durant les mois précédents.
2 Bulletin de la Société de l'Histoire de France, t. 1, 2° partie, document Ix, seconde pièce, p. 31, 32. M. Bonnemère, Histoire des