A L’ADRESSE ET A LA FSRCE POUR RÉPRIMER L'INSURRECTION
niâtres. Le roi trouva l’occasion de l’employer et la saisit, Un homme du Périgord, qui avait une grande autorité parmi eux, vint trouver Henri, et lui promit, s’il voulait lui faire quelque bien et quelque honneur, de réduire promptement à rien toutes ces bandes. Le roi lui donna de l'argent, lui promit la mairie de Périgueux, s’il réussissait, et eut à lui tenir parole. Les deux tiers des insurgés étaient catholiques, un tiers réformé. De retour au milieu d’eux, cet homme se servit de ses nombreux aflidés et de trois ou quatre prêtres qu’il gagna, pour fomenter la mésintellhigence et amener la désuniôn entre eux. En peu de temps il parvint à ranimer les haines religieuses, à exciter les défiances et les rivalités. Un a Le jour de revue générale, ses émissaires commencèrent à crier dans les Mens parties du camp: « Tiers-État purement catholi- » que à part, » et portèrent leurs drapeaux au-delà d’un petit ruisseau. Trente-cinq mille catholiques le passèrent, quinze mille huguenots restèrent en decà, se virent menacés un moment d’une attaque de la part de leurs anciens confédérés, puis réduits à faire quartier à part, à s'éloigner en toute hâte, et à gagner les pays dont ils étaient partis !.
Tandis que les Croquants s’affaiblissaient ainsi par leur discorde et leur désunion, leurs adversaires les gouverneurs des places et des provinces, les gentilshommes, les soldats, tous ceux auxquels ils avaient déclaré la guerre, se rassemblaient et se réunissaient contre eux. Les gouverneurs, suivant les instructions du roi, étaient résolus de ne recourir à la force qu’à la dernière extrémité; d’en user le moins possible, et de manière à prouver seulement que le pouvoir ne faiblirait pas; de recourir surtout aux moyens de la conciliation, aux concessions dignes, pour désarmer les Croquants. Le 11 mai 1594, Henri avait or-
1 D’Aubigné, t. Ir, 1. IV, ©. 14, p. 383.