‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 602 sur 636 · GI4 LIV. IV. CH. V. PLAIDOYER D’ARNAULD POUR L UNIVERSITÉ · texte numérisé non relu

GI4 LIV. IV. CH. V. PLAIDOYER D’ARNAULD POUR L UNIVERSITÉ

prononcés les 12, 13, 16 juillet 1594. Nous allons réunir sous quelques chefs les principales accusations dirigées par l’Université et par Arnauld contre les Jésuites. Charles-Quint et son fils Philippe LE, dit Arnauld, ayant arrêté leur plan de monarchie universelle, y employèrent l'or des Indes, la diplomatie, les armées. À ces moyens de succès, 1ls en ajoutèrent un aussi puissant, plus puissant peut-être que les autres. Ces deux grands politiquessachant combien les scrupules de la conscience ont de puissance sur les esprits, pénètrent profondément dans le cœur des hommes, combien ils commandent à leurs actions, voulurent avoir à leur dévotion, se donnèrent pour auxiliaires, les directeurs et les maitres des consciences dans tous les pays. Îls gagnèrent la plus grande partie de la cour de Rome, cardinaux et autres dignitaires, en leur distribuant des pensions et les plus riches bénéfices de l’Espagne, de la Sicile, de Naples, du Milanez, des Pays-Bas. Les papes, élus par de semblables consistoires, ne suivirent la plupart pour règle de conduite que les décisions prises par la cour de Madrid. Les choses disposées ainsi au centre de la catholicité pour servir ses desseins, Philippe IT chercha une milice d'hommes, qui chez les étrangers, chez les voisins, travaillassent sans relâche au bien et à l’avancement des affaires d’Espagne. Ces hommes furent les Jésuites qui devinrent les instruments de sa domination. Leur ordre, fondé par un Espagnol, eut constamment pour général un Espagnol ou un sujet né dans les pays soumis à l'Espagne : or, aux termes de leur constitution 1ls obéissaient aveuglément à ce général, per omnia et in omnibus. Les papes, de leur côté, les adoptèrent avec chaleur pour bien des raisons. Outre que les Jésuites avaient la faveur du roi d’Espagne, dont les papes dépendaient eux-mêmes; outre qu'ils se présentaient pour combattre à outrance le luthérianisme et le calvinisme, ils se dévouaient de plus

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