SUITE DU PLAIDOYER D’'ARNAULD
toutes les fois que les papes s’étaient injustement engagés avec les ennemis de la France, ils avaient trouvé dans l’ordre ecclésiastique de grands et saints personnages qui s'étaient opposés à de telles entreprises. Mais à cette dermère fois, une partie des gens d'église, ayant sucé la doctrine des Jésuites, avait décidé que quiconque avait été élu pape, encore qu'il fùt reconnu comme pensionnaire et partisan de l'Espagne, pouvait néanmoins mettre le royaume en proie, et relever les sujets de la fidélité envers leur prince. Au mois de janvier 1589, lorsque les Selze avaient proposé à la Sorbonne si l’on pouvait délier les sujets de l’obéissance du roi Henri I, Faber, syndic, Lecamus, Chabot, Faber, Chavagnac et tous les anciens docteurs avaient résisté vertueusement. Mais le plus grand nombre, Jésuites ou élèves des Jésuites, Pigenat, Boucher, Cueilly, Varadier, Semelle, Decret, Aubourg et autres l’avaient emporté à la pluralité des voix, contre toutes les maximes de France, et contre les libertés gallicanes que la Société de Jésus appelait des abus et corruptions. Cette décision de la Sorbonne, et l’action des Jésuites dans chaque localité avaient soulevé la moitié du royaume contre le dernier Valois : toutes les villes où ces pères avaient autorité, et les plus grandes villes, avaient pris le parti de l’insurrection. Après avoir allumé le feu de la révolte contre Henri II, les Jésuites l’avaient entretenu, alimenté contre Henri IV, et fait sans cesse effort en faveur de l'Espagne. On les avait vus animant partout le peuple par leurs sermons séditieux ; fournissant à la Ligue des ressources en argent, sur les joyaux de la couronne pris en gage par eux; proposant avec ardeur par leur provincial Odon Pigenat, dans le Conseil de l’Union, dans le Conseil des Seize, le protectorat du roi catholique en France, dès la fin de 1589; ensuite, donnant leurs maisons à Paris pour conciliabules et centres d’in-