‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 609 sur 636 · SUITE DU PLAIDOYER DE DOLLÉ · texte numérisé non relu

SUITE DU PLAIDOYER DE DOLLÉ

au pape une puissance infinie sur toutes les puissances du monde ; de faire prévaloir la doctrine qu’il lui était loisible d’excommunier les rois et les peuples quand bon lui semblait, d'employer la puissance de l'Eglise dans les affaires et dissensions d'Etat, d'autoriser le glaive temporel du spirituel. Ils ajoutaient :

«A peine les enfants sont-ils nés que les Jésuites corrompent leurs jeunes esprits par l'impression de leur mauvaise doctrine, laquelle ils entretiennent, puis après par leurs prêches et confessions, par le moyen desquels ils troublent tellement les consciences qu’elles n'ont un seul moment de repos si on ne fait ce qu’ils ordonnent..… Les Anglais assistés de la force et de la haine de la maison de Bourgogne, la plus puissante de ce royaume, n’ont jamais réduit la France en telle extrémité en deux cents ans, qu'ont fait les Espagnols, avec les reliques et le reste du bris de cette maison en peu d’années. Cela provient de l'adresse qu’ils ont à semer des divisions parmi nous, et à les entretenir par la dextérité de leurs partisans et pensionnaires, comme sont les Jésutes, qui ont dérobé la clef de la conscience du peuple pour en disposer à leur discrétion, et lui faire croire tout ce que bon leur semble. Ils attaquent les hommes par ia plus scrupuleuse et dangereuse partie de leur esprit, qui est la conscience... On sait que Barrière ayant quelque serupule sur la résolution qu'il avait prise de tuer le roi, ce fut le Jésuite Varade qui l’affermit et acheva de le déterminer. Mais, disent-ils, au pis aller il n’y a que Varade seul qui en soit punissable. Quoi ! faut-il attendre qu’ils ayent fait tuer autant de rois comme ils sont pour les chasser tous ? Ce n’est pas Varade seul qui a failli, c’est un crime commun de leur Société. Il y a peu d’entre eux qui ne soit du même avis, et qui n'ait eu part à ce dessein. Ils n’osent rien faire de leur tête : Si quid moliuntur capita conferunt….. Si on recherche ce qui s’est passé depuis trente ou quarante ans, on trouvera qu'il ne s’est fait une seule conjuration contre la personne d’un prince où ils ne soyent mêlés. I] ne faut que lire le procès de celui qui fut envoyé pour tuer, et de l’autre qui tua le prince d'Orange, Il ne faut que lire les confessions de Guillaume Parri, Patrice Cullen, Edmond Yorke, . Richard Williams en Angleterre, et de Barrière en France. Et si vous passez en Ecosse, vous la trouverez encore toute enflammée des guerres civiles qu'y ont allumées deux Jésuites nommés Jacobus Gourdon et Edmondus Hay, lesquels ont séduit beaucoup de noblesse et l’ont fait conspirer contre leur roi.

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