‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 610 sur 636 · LIV. IV. CH. V. LE COLLÉGE DE FRANCE S’UNIT À L'UNIVERSITE ET AUX · texte numérisé non relu

LIV. IV. CH. V. LE COLLÉGE DE FRANCE S’UNIT À L'UNIVERSITE ET AUX

» Qui trouvera mauvais que les Français usent de leur naturelle promptitude quand il s’agit de La vie de leur roi? Suivons, suivons l'exemple de nos prédécesseurs. On nous dit que les Jésuites ont voulu faire assassiner le roi, et ils en ont donné des indices par leurs sermons. Le traître a confessé qu’ils lui en avaient donné le conseil. Et nous douterons maintenant de ce que nous devons faire de ceux qui, en s’attaquant à cette tête unique, nous ont voulu à tous couper la gorge ? Messieurs, vous n’aurez jamais une telle occasion de délibérer de ce point. Si vous ne les chassez, vous les établissez en France. |

» Les curés de Paris vous supplient très humblement de donner ordre et de pourvoir. Ils savent bien que leur profession leur interdit de requérir la vengeance de leurs méchancetés, et ils ne veulent point hniter la cruauté des Jésuites. Mais comme anciennement les pontifes de Rome étaient obligés de donner avis au sénat des prodiges qui survenaient pour les expier et les conjurer, de même les demandeurs qui ont charge des choses sacrées, comme avaient ces pontifes, vous avertissent qu'il y a un grand prodige en cette ville, et en plusieurs autres lieux de France, c’est que des hommes qui se disent religieux enseignent à leurs écoliers qu nl est Mir de tuer les rois : c’est la plus monstrueuse doctrine qui fut jamais.

L'Université avec la Sorbonne, les curés de Paris, le barreau par la voix d'Arnauld et de Dollé, avaient exprimé leur sentiment sur les Jésuites. Peu après, Passerat fit contre eux une vigoureuse sortie dans sa chaire, et le Collége royal joignit sa OPA à celle des autres corps !. ;

On répond à tout, on plaide tout, HO la nécessité du moment et pour le besoin de la cause. Les Jésuites répondirent à leurs adversaires ?. Ils s’efforcaient d’atténuer ceux des faits sur lesquels ils étaient forcés de passer condamnation. Sur les autres, ils contestaient, 1ls chicanaient, ils cherchaient à donner le change, Maïs leur dé-

1 Plaidoyers d'Antoine Arnauld et de Louis Dollé, dans les Mémoires de la Ligue, t. vi, p. 133-214.—Discours de Passerat dans de Thou, LECXS SAIT NV, Dr SAIT

2 P. Cayet, 1. vi, p. 397-605; — De Thou, I. x, 8 11, t. v, p. 416- 418, donnent de longs extraits de la défense des Jésuites.

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