‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 612 sur 636 · ARRÊT DU PARLEMENT. AJOURNEMENT DU FOND DE LA CAUSE · texte numérisé non relu

ARRÊT DU PARLEMENT. AJOURNEMENT DU FOND DE LA CAUSE

renté ou des alliances qui les unissaient à eux; auprès des derniers, ils firent valoir la considération que les protéger était se concilier la faveur de la cour de Rome, dont les magistrats avaient besoin pour la confirmation des dignités et bénéfices ecclésiastiques de leurs enfants ou de leurs parents'. Aussi, malgré la haine publique, malgré l’indignation du roi, hautement manifestées contre eux, les sollicitations et les menées des Jésuites eurent tant de pouvoir que, sur les conclusions du procureur général pour qui Antoine Séguier porta la parole, le Parlement ordonna : Que les requêtes de l’Université et des curés de Paris seraient jointes au procès appointé depuis trente ans ; qu’il serait statué sur le tout plus tard par un seul et même arrêt. En attendant cet arrêt, pendant cet ajournement indéfini, les Jésuites gardaient tout ce qu'ils avaient acquis en France en fait de possession d'état, d'établissements, de biens, de priviléges, d’attributs. Cette décision excita de vives réclamations au sein même du Parlement. L'un des présidents, Augustin de Thou, après s'être élevé contre la division des gens du roi, ajouta : Que laisser un tel procès indécis, c'était laisser la vie du roi dans l'incertitude ; que le devoir de la Cour eût été d’assurer les jours du prince, par un chàtiment mémorable qu'on avait droit d’attendre d'elle; que pour lui il était assez vieux pour ne voir jamais la fin de ce procès; mais que pour ne pas mourir sans avoir opiné sur le fond, il était d'avis que tous les Jésuites fussent expulsés du royaume?,

1 Thuanus, 1. ex, 8 8 et 19, t. v, p. 403, 404, #18. « Gratiam ponti- » ficis ex eo sperantes.... Per prensationes prævalente etiam tune ad- » versus publicam invidiam et regis offensionem propenso In Socle- » tatem favore.» — Défense des Jésuites dans P. Cayet, 1. vi, p. 600 A. « Ils ajoustoient que aucuns d’entre eux estoient parens el alliez de » Messieurs du Parlement, qui ne les vouloient ny pouvoient meco- » noistre pour tels. »

2 Thuanus, 1. ex, $ 12, t. v,p. 418.—P. Cayet, L. vi, p. 608 A. I 40

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