PYRAMIDE. PROPOSITIONS TROUVÉES DANS LES PAPIERS DE GUIGNARD
contre Chastel et contre les Jésuites, et des inscriptions où étaient vivement exprimés l’horreur de l'attentat, le blâme des instigations qui Kavaient provoqué, le respect pour la personne des rois, Îles sentiments d'amour et d’admiration du Parlement et de la population parisienne pour Henri [V . Par ce spectacle sans cesse offert aux yeux, la Cour espérait frapper les imaginations utilement pour l’ordre public et la sûreté du trône.
Les juges commissaires, chargés de faire la visite au collége de Clermont, trouvèrent dans les papiers du père Guignard neuf propositions entre lesquelles Les suivantes :
« Qu'en l’an 1572, au jour de la Saint-Barthélemy, si l’on eût saigné la veine basilique, on ne füt pas tombé de fièvre en mal chaud; que pour avoir pardonné au sang, ils avaient mis la France à feu et à sang. » Guignard prenait le mot de basilique dans le sens tiré du grec, dans le sens de royale, et voulait dire que si l’on n’eût pas éparoné le sang royal, si l’on eût égorgé le prince de Condé et Henri de Navarre, on eüt sauvé la France.
Il poursuivait en ces termes : « Appellerons-nous rois un Néron sardanapale de France, un renard de Béarn, un lion de Portugal, une louve d'Angleterre, un griffon de Suède, un pourceau de Saxe? » C’est ainsi qu'il désignait et qu'il qualifiait Henri Ill, Henri IV, le roi de Portugal dépouillé par Philippe If, Elisabeth, le roi de Suède, le duc de Saxe.
Il ajoutait : « Que l’acte héroïque fait par Jacques Clément, comme don du Saint-Esprit, appelé de ce nom par nos théologiens, a été justement loué par le prieur des Jacobins Bourgoing, confesseur et martyr ;
» Que la couronne de France pouvait et devait être
1 La relation dans Cayet, p. 624 A. — Lestoile, p. 252. — Thuanus, 1. cx1, $ 18, p. 449.— D’Aubigné, t. III, 1. IV, c. 4, p. 840-342. Il rapporte textuellement les inscriptions gravées sur la pyramide.