‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 620 sur 636 · LIV. IV. CH. V. GUIGNARD PENDU, GUÉRET ET HAY BANNIS · texte numérisé non relu

LIV. IV. CH. V. GUIGNARD PENDU, GUÉRET ET HAY BANNIS

transférée dans une autre maison que celle de Bourbon ;

.» Que le Béarnais, encore qu'il fût converti à la foi catholique, serait traité plus doucement qu’il ne méritait, si on lui donnait la couronne monacale en quelque couvent bien fermé, pour y faire pénitence de tant de maux qu'il avait faits à la France t. »

Tout cela était bien odieux. Toutefois le procureurgénéral inclinant aux principes qui plus tard ont prévalu dans notre droit, distinguant entre un écrit resté en la possession de l’auteur et un écrit publié, entre des pensées, des vœux exprimés et l'exécution, concluait contre Guignard au simple bannissement. Le Parlement vit dans, ces propositions, outre une justification de la Saint-Barthélemy et de l’assassinat de Henri IF, une provocation au meurtre de Henri IV, un attentat au droit public relativement à la succession au trône : appliquant la législation du temps, la lettre des derniers édits, qui défendaient sur peine de la vie de conserver de semblables écrits, il condamna Guignard. à être pendu. L’exécution eut lieu le 7 janvier 1595 *. Le père Guéret, régent de Chastel, professeur de cette philosophie où l’assassin témoignait avoir puisé les principes qui l'avaient conduit à son attentat, après avoir été appliqué à la torture, fut banni à perpétuité du royaume. L'enquête dirigée contre le père Alexandre Hay le convainquit de propos séditieux tels que ceux-c1 : «Qu'il fallait dissimuler avec le roi et attendre le moment favorable. Que si le roi venait à passer devant leur porte, 1l se jetterait volontiers par la fenêtre

1 La relation dans P. Cayet, L. vi, p. 625, 626. .

? Thuanus, 1. Cx1, $ 18, p. 448. « Libellis famosis, et ad parricidia ac seditiones spectantibus. » — La relation contemporaine dans P. Cayet, p. 626. « Rapin lui dit : « Vous n'avez point ignoré qu'il a » esté très estroictement enjoint de brûler telles escritures sur peine » de la vie : les ayant gardées contre les edicts du roy, vous l'avez » donc offensé et le public. » — Lestoile, p. 254 B.

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