CONSÉQUENCES DE LA DECLARATION
sentants les plus autorisés d’une partie notable des catholiques.
La propriété et l’état de chacun, Sans cesse violés ou mis en compromis depuis vingt-neuf ans, étaient assurés aux citoyens de toutes les classes.
Une royauté légitime était établie d’après les lois fondamentales de l'Etat, pour ruiner les espérances de tous. les factieux, et en particulier les tentatives d’usurpation de ces ambitieux, de ces’ rebelles, les princes de la maison de Guise; une royauté régulière, première magistrature du pays, pouvoir réglant et dirigeant, destiné à rétablir l’ordre publie, après avoir désarmé la révolte et le fanatisme des Ligueurs ; enfin, une royauté nationale, défendant l’indépendance de la patrie contre les attaques de Philippe IF, qui trouvait moins de ressources dans ses armées et dans ses trésors que dans la révolte des (Gruises et des Ligueurs, armés, il est vrai, pour se satisfaire, mais travaillant et combattant réellement pour le roi catholique.
D n’est aucun de ces faits résultant de la déclaration qui ne soit un fait capital; aucune de ces résolutions qui ne fût une résolution éclairée et généreuse. Le choix mème de l’homme que les seigneurs du camp de Saint- Cloud donnaient pour chef à la France était un choix réfléchi de leur part, et calculé sur les circonstances. Ils sentaient et ils disaient que pour combattre les Espagnols et les Ligueurs conjurés, il était besoin avant tout d’un roi intrépide. L’un d'eux s'exprime en ces termes : « La » France estant en cet estat, 11 luy falloit un roi sans peur » de hazarder sa personne et sa vie : autrement il luy eust » esté impossible de conquérir le partage légitime que luy » avolent laissé ses prédécesseurs !, » Mais un prince
1 D’Angsoulesme, Mémoires, t. x1 de la collect., p. 76 B. Pour éviter les confusions et les erreurs, il faut remarquer que l’auteur de
Fi D LIV. I. CH. I. LE PARTI DES POLITIQUES.
brave ne suflisait pas pour résister à Philippe IL, au dé-— mon du Midi : il fallait encore un homme rompu aux affaires et profondément habile. Aussi la noblesse du camp de Saint-Cloud prenait-elle le prince qui, en soutenant durant treize ans son parti contre l'effort des Guises et de Henri IE, en remportant sur ce dernier la victoire de Coutras, n’avait cessé de lui offrir son alliance et son appui, pour sauver l'autorité et la dignité de la couronne, et Les éléments d'ordre public en France.
IL est évident que si la religion de Henri de Bourbon, différente de celle de la majorité de ses sujets, compliquait la situation par un côté, d’une autre part les résolutions du.camp de Saint-Cloud ouvraïent une voie de
salut au pays, en établissant solennellement les principes de justice, de tolérance, ‘de fusion, de bon gouvernement, que les factions et la royauté avaient Fa depuis
Le parti qui entreprit de faire triompher ces principes, qui se forma aussitôt après la mort de Henri IL, pour défendre l'indépendance et toutes les libertés de notre patrie, pour venger la morale et la religion de l’apologie du régicide et de l’apothéose de Jacques-Clément, pour séparer nettement le temporel du spirituel, afin de ne rendre le temporel n1 esclave, n1 ennemi du spirituel, ce part, dont les chefs furent Henri IV, et dans la noblesse les Luxembourg, les d'Humières, les Givry, les Crillon, les du Plessis, les Rosny, les La Force; dont les membres furent ia portion la plus éclairée et la plus pure de la noblesse, de la magistrature et de la bourgeoisie; ce parti,
ces Mémoires, Charles de Valois, fils naturel de Charles IX et de Marie Touchet, était alors comte d'Auvergne, grand-prieur de France et colonel-général de la cavalerie. Il avait seize ans : il fut témoin et acteur dans la campagne d’Arques, où il déploya beaucoup d'’intelligence et de courage. Il devint plus tard äuc d'Angoulême,