LE PARTI DES POLITIQUES ET LA NOBLESSE DESINTÉRESSÉE
vraiment national et français, est nommé par les historiens du temps, le parti des Politiques. I] procédait directement du vertueux l’Hospital, dont il continua les grandes et généreuses idées : son premier acte fut sa dé— claration de Saint-Cloud ; son dernier, la satire Ménippée. IL eut pour lui le courage, la saine politique, lesprit, et par-dessus tout le bon sens.
Parmi les classes de citoyens qui composèrent le parti des Politiques, nous venons de nommer la portion de la noblesse qui joignait aux idées les plus saines les sentiments les plus désintéressés. Il faut insister sur ce point, car en masse les nobles qui restèrent attachés à la cause de Henri obéirent aux mobiles les plus divers. Ceux dont nous nous occupons en ce moment, appartenaient à la classe des simples gentilshommes ou des seigneurs d’un rang secondaire, fort distincte de celle des grands seigneurs et de la Fe aristocratie : en Ra le parti des Politiques, ils n'écoutèrent que le devoir et la raison, ne cédèrent qu’à de généreuses passions , le sentiment ñe l'honneur et l’amour de leur pays. Ils servirent la royauté au péril de leur vie, aux dépens de leur fortune, parce que la loi fondamentale de l'Etat déclarait cette royauté légitime; parce que tout ce qui s’était fait de grand et d’utile en France depuis six siècles, l'avait été par les rois; parce que beaucoup d’entre eux virent et dirent, dès les premiers jours du règne, que si Mayenne était le chef nominal de la Ligue, Philippe IT en serait le maitre, et qu'ils voulurent sauver la France du joug espagnol : ils coururent à toutes les périlleuses rencontres où 1ls pouvaient faire preuve de courage, également dociles à l’appel.de l’honneur et à celui du prince et de la patrie. Si leur service ne suflit pas à toutes les exigences d’une guerre savante et soutenue, ils n’en parurent pas moins à tous les siéges, sur tous les champs de bataille, où 1l y eut la Ligue à