LIV. I. CH. 1, MOBILES DIVERS DANS LE PARTI ROYAL
combattre ; et si Henri fut hors d'état de venir à bout de ses ennemis avec eux, sans eux il ne se serait ni établi ni soutenu. Il n’est pas vrai que le roi et la France ne leur aient pas eu d'immenses obligations, et cela par la raison qu’ils étaient tenus au service féodal du ban et de l’arrière-ban. En effet, beaucoup manquèrent à ce devoir, et y manquèrent impunément : dans ce temps de bouleversement général, le roi ét son parti étaient im-— puissants à exiger d'eux ce service, réduits à fermer les yeux sur la conduite de ceux qui s’y soustrayaient, trop heureux encore de ne les avoir pas, comme d’autres, pour ennemis. À l’ouverture de l’assemblée des Notables, réunis à Rouen, Henri leur rendit un public témoignage de ce que le pays, beaucoup plus encore que le trône, leur devait.
Si tous les chefs du camp üe Saint-Cloud s'étaient ralliés au parti des Politiques; si l'armée de quarante mille hommes, réunie sous les murs de Paris, s'était teñue ensemble; si elle avait donné la main aux serviteurs de la royauté qui üinrent bon dans les provinces, la Ligué, réduite aux abois lors de l'assassinat de Henri IE, était morte, les dangers de la France conjurés, ses souffrances fimies. Les passions ne permirent pas que ce bien lui fût fait.
Bon nombre de nobles, en s’attachant au part royal, ne consultèrent que l'intérêt privé, tellement exclusif chez eux, ou tellement exigeant, qu’il nuisait à l'intérêt public, et compromettait la cause nationale. Les uns n'eurent en vue que la sûreté de leurs personnes et de leurs biens. Ils se tinrent serrés à la royauté uniquement. pour se défendre contre les Gautiers, ces paysans de Normandie, sanglants imitateurs des paysans de Souabe, et des paysans du midi de la France au temps de la première guerre de religion, qui faisaient une guerre acharnée aux châteaux et à leurs propriétaires. L'un des écrivains du