LIV. I. CH. I. MOBILE DE L'INTÉRÊT PRIVÉ ET
militaires qui exigent un laps de temps un peu considérable devinrent impossibles avec eux.
Les chefs de la noblesse, les grands seigneurs se déclarèrent royaux pour obtenir du nouveau roi la garantie ou la concession des honneurs et dignités. Aux termes d’un article de la déclaration, tous 1 favoris de Henri ITT conservèrent leurs oflices. Un autre article portait que toutes les charges et tous les emplois seraient réservés aux catholiques, soit dans les villes et provinces qui reconnaissaient l'autorité de Henri, soit dans celles qui seraient conquises sur la Ligue, à l'exception des villes où les calvinistes étaient déjà maîtres. Ce monopole était, il est vrai, restreint à six mois; mais les seigneurs catholiques espéraient le rendre définitif, en entraînant de gré ou de force Le roi à leur religion dans cet espace de temps. Les oflices et les grandes charges livraient à leurs détenteurs la plus grande partie des pouvoirs publics : la sur intendance des finances en particulier, dans laquelle Francois d’O s’était fait continuer, devant fournir à tous les services, notamment à celui de l’armée, avait le pouvoir de donner le mouvement à la machine du gouvernement ou de l'arrêter, et tenait dans ses mains la fortune de la guerre. On voit donc que les seigneurs, nommés par les historiens contemporains catholiques zélés ou ardents, avaient mis par le côté pratique le roi dans leur sujétion.
Enfin, plusieurs grands firent acheter à Henri la reconnaissance de sa royauté par la concession dé commandements ou prérogatives qui les tiraient de la condition de sujets. Le maréchal de Biron obtenait, comme nous l’avons déjà dit, la souveraineté du Périgord; le maréchal d’Aumont, les gouvernements réunis de Champagne et de Bourgogne, enlevés le premier au due de Nevers, le second à Mayenne; le comte d'Auvergne