LIV. LI. CH. I. NOUVEAU SOULÉVEMENT POPULAIRE CONTRE LE ROI
curés et les prédicateurs excitoient continuellement au sang et au carnage, ne leur preschant autre évangile *.»
Dans toutes les villes de la Ligue, d’un bout de la France à l’autre, les mêmes moyens employés par le bas clergé et les moines amenèrent les mêmes résultats. Il y eut contre Henri IV un soulèvement pareil à celui qui eut lieu contre Henri HT après le meurtre des Guises. Les témoins de ce mouvement insurrectionnel, qui de Paris s’étendit aux provinces, le décrivent en ces termes : « Si l’on considère la fureur du peuple, 1l se fit quasi une seconde révolte à l’avénement du nouveau roi qui demeura presque tout seul dès le premier jour. Paris, chef de la faction ligueuse, avec la plupart des Parlements et des grosses et petites villes, n’avoient d’autres sentiments et d’autres paroles que des injures pour décrier la juste et équitable autorité de la monarchie. Le marchand quittoit son commerce pour sauter à la hallebarde, et porter son cœur et ses mains à l’injuste maintien de l’usurpation, contre toute sorte d'équité. La rue Saint-Denis avoit ses compagnies de lanciers. Ceux de Lorraine trouvèrent premièrement, pour les commoditez de la guerre, des montagnes d’or dans Paris. Le plat pays, sous prétexte de la religion, contribuoit de tout ce qui dépendoit de ses moyens à l'entière subversion de l'Etat 2. » Tel fut le mouvement populaire que provoqua l’avénement de Henri IV du côté de la Ligue.
Les ardents promoteurs de ces passions, les grands agitateurs du temps furent les prédicateurs. Parmi eux, les uns servaient Philippe IE, les autres Mayenne et la maison de Guise; mais ils étaient d'accord dans leur
1 L'auteur contemporain des Supplém. de BLestoile, p. 5, À, B, édition Michaud.
? D’Angoulesme, Mém., t. x1, p. 76 A. — Legcrain, Décad., L. v p. 196. — Michel Hurault, 2° discours, fol. 104, recto.