‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 3)Chapitre 84 sur 636 · LIV. I. CH. I. LA LIGUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

LIV. I. CH. I. LA LIGUE FRANÇAISE

nait toute garantie à la religion. Il était de la maison de Bourbon, de la maison appelée au trône par la loi fondamentale de l'État, depuis l'extinction des Valois; il était chef de cette maison par le fait de l'exclusion de Henri ;

enfin il avait été reconnu pour chef de la Ligue, dès 1585 : voilà qui satisfaisait la légitimité, la légalité, Le droit public. Enfin il était prisonnier et souffrait pour la bonne cause, et 1l y avait conscience à ne pas lui tenir compte de sa réclusion comme d’une raison déterminante pour le faire roi '. Bonnes gens qui, dans les circonstances les plus périlleuses où la France eût été placée depuis cent soixante ans, trouvaient qu'il n’y avait rien de plus expédient que de lui donner pour chef un prêtre vieux, infirme, imbécile et captif, politiques le plus ridiculement logiques, le plus fatalement consciencieux, que l’on rencontre dans l’histoire entière de nos révolutions. Toutefois ils étaient nombreux, influents, plus entêtés encore qu’aveugles. Mayenne avait donc à compter avec eux et à les satisfaire.

Mais la considération dominante pour lui était celle des princes étrangers. Le duc de Lorraine, le duc de Savoie, Philippe IT, réclamaient le trône pour eux ou pour leurs enfants. Si Mayenne le prenait, il se faisait de ces princes autant d’ennemis, et, au lieu d'obtenir leurs secours, 1l avait à les combattre en même temps que Henri IV.

Dans cet état de choses, Mayenne donna pour roi à la Ligue le vieux cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X. L'âge et les infirmités du cardinal devaient nécessairement ouvrir dans un prochain avenir une nouvelle succession à la couronne, et à ce moment tous les princes étrangers feraient valoir leurs prétentions demeurées intactes. En attendant, ils avaient à combattre Henri

! Villeroy, Mém. d’Estat, t. x1 de la collect. Michaud, p. 141, 442.

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