‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 103 sur 158 · MAYENNE DEMANDE AUX ËTATS DE LES ENTENDRE ; SES CALCULS · texte numérisé non relu

MAYENNE DEMANDE AUX ËTATS DE LES ENTENDRE ; SES CALCULS

que les ministres du roi catholique requéraient d'être reçus par rassemblée et de lui exposer les prétentions de leur maitre et de l'Infante d'Espagne. Les chambres ordonnèrent cju'ils seraient d'abord entendus, et leurs propositions examinées par une commission composée du duc de Mayenne, des princes de sa famille, et de six députés des Etats, deux de chaque ordre '.

Mayenne était résolu, d'une part, à favoriser l'élection, pour dépouiller Henri de Navarre ; d'une autre, à faire échouer toutes les propositions qui ne donneraient pas une part dans la royauté à son fils et à lui-même : en conséquence, il avait à convaincre Philippe II, par des échecs successifs, qu'il poursuivrait vainement la souveraineté exclusive en faveur de sa fille. Mayenne avait calculé très justement que, dans l'opposition à faire aux Espagnols, il serait aidé par le Parlement où dominaient les^rincipes de la Ligue française et l'amour de l'indi'pendance nationale, et qui depuis cinq ans jouissait d'un pouvoir politique tel, que la question de l'élection lui serait nécessairement soumise ; par la bourgeoisie, qui partageait l'aversion du Parlement pour la domination étrangère, el qui la considérait de plus comme un moyen de rendre les partis irréconciliables et la paix impossible ; enfin, par la majorilé des l'^tats de la Ligue, devenue hostile à Philippe II, depuis les preuves donaées de sa parcimonie et la dispersion de son armée. Mayenne n'avait pas néghgé non plus l'appui d'une partie des prédicateurs qn'il avait détachés momentanément du parti des Seize et de l'Espagne, gagnant les uns à force d'argent, réveillant chez les autres le senUment français. Dès le 25 avril, le fougueux Boucher, curé de Saint-Benoit, les curés de Saint-Nicolas et

■ Regùt. du tiers, p. 178-ISi; dn clergé] p. tSl-(59; de U noblesse, p. 601-603. — Lesloile et bod auppl., p. IBS A et 189 B. — Ua^enue était rentré à ParU le B mai.

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toi UV.l1l.CH.il. DEMANDES VERBALES DBSSSPAGNOLSCHEZLBLtfilT.

de Saint-André, avaient loué et recommandé le lientenant^énéral dans leurs sermons. Le 12 mai, Boucher, après avoir établi par des raisonnements mêlés d'injures que le Béarnais, même couverti, était inhabile à régner; après avoir supplié Dieu de débourberla France, et donné l'exclusion par ce jeu de mots à tous les princes de la maison de Bourbon, plaidait eD propres termes pour la royauté de Mayenne '. Rose, évêquede Senlia, prédicateur couru, membre des Etals, non moins populaire, non moins puissant que Boucher, agissait dans le même sens que lui, soit qu'il céd&t aux séductions de Mayenne, soit qu'il obéit au sentiment de l'indépendance nationale, qui chez quelques ligueurs se conciliait avec une haine furieuse contre Henri. Tandis que les ministres espagnols comptaient entièrement sur lui, et regrettaient qu'il ne Gt pas partie de la députation pour la Conférence de Surène *, il préparait une violente sortie contre l'ambition de Philippe II, et contre les tentatives d'envahissement de la France par l'étranger. La conférence pour entendre les propositions des Espagnols eut lieu chez le légat le 13 mai. Le duc de Féria réclama la couronne pour l'Infante par droit de naissance, du titre de sa mère, etrequitqu'on y joignit l'élection, si on la jugeait nécessaire. Il demanda que Henri fût exclu comme hérétique, et tous les princes de la maison de Bourbon comnie fauteurs d'hérétiques. A peine avait-il achevé, que Rose présent à la conférence,

< Lestoile, p. Iî6 A, ISg B. a Bouclier prescha que, dans la ville de H Rheima s'estaient trouvés six Charles praterteurs de U toj; que u noud estions embourbei depuis longtemps et qu'il falloil nous dé- » bourber; que ce n'étoit à tel boueux que la couronne de France ap- » partenoit, mais à un de ces Charles le preux, commeB'il euat voulu M désigner le duc de Mayenne qui eetoit vlB-à-vis de la;, u Ua^euoe K noDiDiait Charles de Lorraine.

* Voyez le jugement porté sur Bo«e par D. Diego d'tbam, papier* de Simaucas, liasse B 78, pièce S34. — Appendice aux Etato-giniraiu p. 700, 701.

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