‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 104 sur 158 · VIOLENTE SORTIE DE B03E CONTRE EUX · texte numérisé non relu

VIOLENTE SORTIE DE B03E CONTRE EUX

comme député du clergé, répondit : Les Politiques avaient bon nez et avaient bien senti quand ils disaient que chez les Espagnols il y avait de l'ambition mêlée à la religion. Nous nous sommes souvent courroucés en chaire, mes compagnons et moi, pour maintenir qu'il n'y avaitrien autre chose que le zèle de la religion ; je reconnais aujourd'hui que nous nous sommes trompés. Le royaume de France s'est conservé douze cents ans, sous la domination des rois, selon la loi Sabque et coutume du royaume. Si l'on rompait cette loi, et que par élection on nommât une fille, elle pourrait se marier avec un prince étranger : avec le temps ce prince changerait les lois du royaume, et le royaume lui-même courrait risque d'être dissipé Le contemporain auquel on doit ces détails, {Qoule que ce coup porté de la main de Rose contre l'Espagnol en valait quatre d'un autre'. Et en effetce jour-là, révèi|ue de Senlis ouvrit les yeux à une fraction tout entièrt: de la Ligue : sans quitter la révolte, elle passa au moins avec lui dans les rangs des partisans de l'indépendance nationale.

Pour l'intelligence de ce qui précède et de plusieurs faits suivants, il faut remarquer que Rose et une partie de ta Ligue entendaient par maintien de la loi Salique l'exclusion des femmes et des étrangers, l'élection d'un prince français en général ; mais non pas la réserve de la souveraineté pour une seule famille, en suivant la proximité du sang, le droit de primogéniture et le privilège de la maison de Bourbon.

Les États de la Ligue allaient être saisis de la question

ï Manuscrit T> dans le registre du Tiera, en note p. 18* , 185. — Usloile et son suppl., p. lît, Itl. — ViUeroy, t. Il, p. M6 B. — Thuanos, 1, cvi, §§ 8, IO,t. v,p. i61-ï68. l^fionférenceeutlieuIelBet non le 10, comme le marquent de Thou et d'autres historiens. Elle ne peut avoir aif lieu le 20, puisque dit le 19 Holé protestait comme nous Bllona le voir.

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106 Liv. m. CH. n. les deux décurations du roi du i6 bai.

de l'élection d'un roi, principal objet de leur convocation : en supposant qu'ils écartassent du tràne Philippe et sa tille, ils pouvaient y appeler Mayenne, te jeune duc de Guise, te cardinal de Bourbon. La guerre civile sans fin était attachée à chacune de ces comblDoisons, et dans l'épuisement résultant de la guerre civile, l'Espagnol devait trouver les moyens d'enlever de côté ce qu'il ne pouvait emporter de front, de subjuguer ou au moins de démembrer le royaume. Henri fit tout ce qui était en lui pour éloigner ce dunger de la France, en prenant à temps une résolution décbive. Le 16 mai, il déclara à son Conseil la résolution iju'il avait prise d'abjurer, et fixa le moiede juillet pour cet act« important. II convoqua par lettres, pour le 1 5 juillet et dans la ville de Mantes, un certain nombre de prélats et docteurs tant du parti royal que d u parti de la Ligue, dont il devait recevoir les instructions. H convoqua en même t^mps les seigneurscatholiques et calvinistes, et les députés des divers parlements, pour assister à sa réconciliation avec l'Église, et pour décider toutes les hautes questions relatives à la religion et à l'Etat. En se séparant des huguenots, il prévint leurs alarmes. I-e même jour 16 mai, U promit par une déciaratioa spéciale que dans tout ce qui serait fait aux conférences de Surène, il ne serait pas dérogé aux édits et déclîirations donnés par les rois précédents, et assurant aux réformés la hberté de leurs personnes et la liberté de conscience : il fit souscrire cette promesse par le chancelier et par les plus grands seigneurs du parti catholique alors réunis autour de lui. Certes, Henri ne pouvait se flatter de faire par cette déclaration déposer aux réformés de France ou d'Europe toutes les craintes ou tous les mécontentements nés de son abjuration. De ce côté, le parti auquel il se déterminait avait donc ses périls. Mais d'abord ce danger était bien imoindre que celui de laisser élire un roi. En second lien,

FAITES EN SON HOU A LA CONFÉRENCE DE SURBNE. i07

il avait la presque certitude de rallier k lui et à sa cause, parsaconversion, lamossedelanatioD, et si les réformés de France et d'Europe devaient le bouder et l'abandonner, au moins devait-il trouver dans sa nouvelle et grande position les moyens de les empécber de s'armer contre lui, et de recommencer la guerre civile en France, 11 ordonna aux députés de la Conférencci d'annoncer aux ligueurs, aussitôt après leur retour à Surène, la détermination qu'il venait de prendre au sujet de la religion, ainsi que les actes qui en assuraient l'exécution. Il les autorisa à proposer en même temps une trêve durant laquelle on réglerait les conditions d'une paix définitive : il ïeiu* enjoignit en&n, dans le cas où les ligueurs repousseraient ces moyens, de faire des protestations qu'on rendrait publiques, afin de rejet«r sur le parti contraire la haine que méritait le refus obs~ tiné d'un acconmiodement équitable '.

Le 17 mai, les députés à la Conférence se réunirent de nouveau. L'archevêque de Bourges annonça aux ligueurs la résolution prise par le roi de retourner au catholicisme. Il ajouta que Henri, )>our sa réconciliation avec l'Église, s'adresserait aux prélats de son royaume et non au pape, parce que les pressants dangers de la France ne s'accommodaient pas de l'éloignement et des lenteurs de la cour de Rome, et parce qu'on savait trop que la volonté et la liberté du pape étaient enchaînées parles ennemis du roi. n annonça cependant l'intention où Henri était de rendre au Saint-Siège le respect et k soumission qu'on pouvait attendre d'un fils de l'Église. Il o&it en même temps en ' son nom une trêve de trois mois, comme préliminaire de la pacification générale du royaume. Mayenne et ses con-

' Les actes dans P. Cayet, 1. v,p. *66, *67.— ThoaDos, I. cïi,§§7, 8, t^ V, p. as, Î59. — LelLrea de Duplessis, t. V, p. *Ï6-4Î9. Les lettres de convoi^atiuu du roi aux prèlals et docteurs des deux partis

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108 LIT. Ut. CH. 11. KOUVBMENT EXClTfe A PARIS PAR CES PROPOSmOKG.

seillera Jeannin et d'Espinac, avaient cm que les convictions de Henri, que la considération des calvinistes de France et des. protestants de l'Europe, le retiendraient à jamais parmi les dissidents. La nouvelle de sa conversion étonna et troubla d'Espinac. L'archevêque essaya de parer le coup, en contestant par des faits de détail la sÎDcérité des intentions du roi, et en s' étendant sur les dangers que courrait la religion si l'on ajoutait une foi aveugle à ses promesses. Pour toute réponse les royaux remirent par écrit aux députés ligueurs les propositions, en les sommant de les faire connaître aux princes et aux grands de leur parti et aux États de la Ligue. Des copies de ces propositions se répandirent bientôt dans Paris et dans la France entière : leur contenu agit de la manière la plus puissante sur l'opinion publique et sur la marche des événements. À son incontestable légitimité, à sa valeur personnelle, Henri allait joindre la catholicité, et il offrait la paix si ardemment désirée. Dès ce moment, les Politiques anciens et nouveaux de la Ligue, dans la bourgeoisie et dans le Parlement, prirent une attitude plus assurée; les semonneuxlai furent acquis; plus de la moitié du bas peuple se prononça hautement pour lui. Le 19 mai. Mole se rendit au Parlement, fit des remontrances sur la proposition que devaient faire les Espagnols de rompre la lot Salique fondamentale du royaume, somma la cour d'en délibérer, déclara s'y opposer, et demanda acte de son opposition. . En même temps, une vive agitation se manifestait dans une portion considérable du bas peuple, et les Politiques déploient à Mayenne pour le presser de conclure la paix (17,18, 27 mai)'.

• p. Cayel, 1. v, t. (6(-i8e.— Registre duriers.manuBcrit f, p. ISS, note, 20Ï-S03 ; Registre du clergé , p. 477. — Ledtoile et bod suppl, p. 134, 135, 140, 141. Le texte de Cajet, p. 464 A, porte par erreur dix mai au lieu ie dix-«ept mai.

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