CONTRE-PROPOSITION DB KAYENHB RBPOUSSÈE PAR LES ESPAGNOLS
velle guerre civile dont personne ne verrait la Qn, où les particuliers perdraient la fortune et la vie, à la lin de laquelle l'Etat deviendrait la proie de l'étranger (23 juin)'. Dans les itlées et jusque dans les expressions, ils se rencontraient avec du Yair et le petit nombre d'opposants vertueux que renfermaient les Ëtats de la Ligue.
C'était la France elle-même, c'était la patrie en danger, qui par la voix des royaux et des ligueurs honnêtes à la fois, demandait grâce à Mayenne , le suppliait de mettre fin à ses souffrances et à ses périls, en traitant avec Henri n des conditions également honorables et avantageuses pour lui. Mais Mayenne était parfaitement incapable de prêter l'oreille à leurs généreuses prières : il n'avait aucune grandeur d'àme, et il était perdu d'une ambition vulgaire et obstinée, qui ne savait céder ni à une pensée généreuse, ni même aux conseils de son intérêt bien entendu. Sa seule pensée, son unique but restaient de contraindre les Espagnols à partager la souveraineté avec son fils et avec lui. 11 repoussa donc les conseils de La Chastre, en ce qui touchait aux négociations avec Henri, et fit rejeter toutes les ouvertures des royaux. Il fit adopter par le conseil et les commissaires des Etals, et porter aux Espagnols, le 26 juin, la proposition suivante: Les États et le lieutenant-général remettront par pro-
< Appendice n* 7 aux Etat^ de 1IS9B, p. 1ie-7SB. s Advis de H. de la « Chfûlre aux Ealata de la LÎRue. a Ce qui veut dire avis àouDÈ par M. de la Chastre dans la cantérence li laquelle assistaient les commiasaires des ÉlaLi de la Ligue, Il ne faut pas du tout cliaiiKer les dates, comme le propose M. Dirnard. — Villproy, Apol. et discours, p. li)7 A. — Lettre des députés ro;aliatpg lue dans la conférence où siégaient Ha;eDne et les commissaires des Étals, le Ï4 juin (Itetfisl. du Clergé, p. SS9-53E>; aux pages !i3(, 53S, W danijcrs de IVIértion sont mis dans loul leur jour). — Regisl. du Tiers, à la date du Ï7 juin, où se trouve rappelé ce qui s'est fait tous W jours précédents dans la conférenee des ligueurs, p. 393^11; regist.de la noblesse, p. 684-6SS. — P. Cajet, l. V, p. 4g4-4».
428 Liv. m. CH. m. l'elbction uournéb par tes états.
curation tous if^urs pouvoirs à des représentants qui se rendront en Espagne; Philippe leur désignera surle-champ parmi les princes français celui (|u'il voudra choisir pour le mari de l'Infante ; le mariage sera conclu; les représentants déclareront alors, mais alors seulemenL, le prince choisi et l'Infante rob en commun. Par ces précautions, Mayenne et ses conseillers échappaient au danger d'être trompés par les l^pagnols, puisque l'Infante n'arrivait au trône qu'au moment où le prince françab y montait lui-même. lies ministres espagnols ne rougirent pas de repousser cette offre, et par leur refus dévoilèrent leur insigne mauvaise foi et la fourberie de leur maître. Mayenne assemhia les Etats le lendemain 27 juin, et usant de t'ascendani qu'il avait sur eux, it leur fil adopter en principe la décision déjà prise parles commissaires et par le conseil d'État, à savoir que l'élection et le mariage seraient ajournés jusqu'à ce que l'on fût tombé d'accord des conditions avec les ministres du roi d'Espagne. Bien que la décision n'ait été signifiée par écrit aux Esp^nolsque cinq jours plus tard, l'assentiment des btats lui fut aciiuis dès le 27 juin '.
La question de l'élection et de la royauté nouvelle n'était ajournée que par la querelle entre Philippe II, qui voulait tout avoir par force ou par ruse, et Mayenne, qui prétendait partager avec lui. .\ussitdt qu'ib se seraient mis d'accord, la question devait être reprise, et les États procéder à l'élection, dans l'esprit du vole du 2ft juin, et avec ses incalculables conséquences. L'élection était favorisée par la présence des quatre mille Espagnob, qui continuaient à t«nir garnison dans Paris ; par i' appui des Seize, qui avaient cessé d'être pouvoir politique , mais
I Villero;, Apol. et dise., l. xi. p. SOS B. — Opiaiou de la CbsstK, Appendice vn aui Etati, p. T3$-7St. — Registre du Tiers, p. 29i, S9S, sot, SOS; du clergé, p. S(l-S(i; de la noblesse, p. 6SS.
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l'ajournement n'est QUB TGMPOIIAItlE DANOEns DE LA FRANCE. t39
qui restaient nombreax et redoutables; par l'autorité du lieutenant-général Mayenne. Avec un roi élu par les Ëtats, et soutitnu par une sorte de légalité atlachée à leur vote, la Ligue aurait un chef plus autorisé et plus obéi, une unité et une force de commandement dont elle avait manqué jusqu'alors. Si le roi d'Espagne accédait enfin à la nouvelle combinaison, il devait prodiguer ses forces pour consolider le trône de sa fille. En ce moment, il est vrai, l'épuisement du roi catholique étaîl extrême, puisqu'il ne disposait que d'une seule armée , et si feihle, qu'elle ne pouvait tenir la campagne en France; mais il était facile de prévoir que, dans un laps de temps donné, le souverain d'une i^i vaste monarchie retrouverait quelque part de l'arçent et des troupes. Les dangers dans lesquels il jeta la France de 1595 à 1597 , après que Henri eut détruit la Ligue et l'eut ralliée à lui, montrent ce qu'il eût pu faire, à la tin de 1593 et en 1594, avec un roi élu et la Ligue encore debout. Ces périls, si grands qu'ils fussent, n'étaient pas les seuls à beaucoup près dont Henri fût assailli. Il courait risque de voir une portion des cathohques royaux l'abandonner, le Tiers-p:irli continuantactiveroentses intelligences et ses négociations avec les chefsde la Ligue. La lettre des députés royaux à la Conférence de Surène expose une partie de cette situation si tendue, si alarmante ; la correspondance de Henri IV avec ses alliésd'Allemagne et de Hollande à la date du 20 juin, dévoile le reste. « Le roi d'Espagne, dit- il, continuant tou- B jours ses pratiques et desseins, a pu faire tenir une » forme d'Etats dans Paris, pour faire procéder à l'élection » de sa ûlle ou de quelque prince qui fut à sa disposition. D Ce que j'ai jugé si pernicieux pour le bien de mon » Etat et de ceux qui sont conjoints en ma cause, que H j'ai estimé à propos de convoquer une notable assem- » blée. Je ne doute pas que la suite des affaires et les ef-
430 uv. m. CB. m. téhoignaos de henbi bt de villedot.
» forts que les ennemis font tous les jours de nouveau ne » vous fassent appréhender quelque sinistre accident en » mon royaume, n'étant plus possible que les choses » puissent subsister d'une ni d'autre part, sans qnelque » nouveau cliangement. Je vous puis bien assurer que i> l'assemblée de Paris a tellement avancé l'élection d'un u nouveau roi, qu'elle semble du tout inévitable, satis tm » extrême remède, et que la longueur de la guerre et les » ruines qui la suivent ordiuairemeni ont formé tant n d'opinions dans Cesprit de ceux qui jusqu'ici ont per- •a sisté dans mon obéissance, que je ne puis attendre que B de pernicieux effets. Sur quoi j'ai bien voulu envoyer » vers vous \k, sieur de Merlans, pour vous faire entendre » Xds extrémités auxquelles mes affaires sont réduites^. » Et Henri évidemment était contraint de cacher une partie de sa peusée et de ses justes craintes, pour ne pas jeter le découragement parmi ses alliés, et ne pas pousser luimême â ce qu'ils l'abandonnassent. Yilleroy qui n'avait pas les mêmes ménagements à garder, qui pouvait exprimer tout son sentiment, qui mesurait les effets et la portée de l'élection, a dit d'im manière excellente : « On ti vouloit conduire les Estats conme insensiblement à Fét> lection de l'Infante , et par conséquent à la ruine de » r Estait. y>
La France était donc arrivée à l'un de ces moments qui décident du sort d'une oation. Il y avait deux cboses principales à faire pour l'empêcher de glisser dans l'abime ouvert près, d'elle : épouvanter les peuples de la Ligue et accroître leurs souffrances par de nouveaux succès et de plus à'pres incursions, afin de les contraindre
< Lettres miss., SO juta, aa landgrave de Heese et aux prorince*- - unies doa Pays-Bas, t. m, p. SOS-SAT. Nous n'avons chsnjié que l'orthograpbe.
* Villeroy, Apol. et dûv. p. VU A
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GBANDS DETOIAB 1IIP08È3 AUX PARTIS ET AU B01. i3l
à se jeter entre lem bras du roi ; les attirer en même temps d'une manière puissante par sa conversion au catholicisme. Cette partie de la grande tâche regardait Henri, et il avilit déjà commencé à l'accomplir par son engagement solennel du 26 avril etdes 16 et 17 mai au sujet de la religion '. Arrêter par des actes d'opposition ipii y fissent un obstacle sérieux, l'élection du roi ; donner le temps à Henri d'arriver sans compétiteur jusqu'au moment de l'abjuration, laquelle ne pouvait avoir lieu avant le milieu dumoisde juillet, puisquelesprélatsetseigneursdesdeus partis n'étaient convoijués que pour cette époque ; telles étaient les graves obligations qui incombaient aux Politiques, à la Ligue française, au Parlement et à la bourgeoisie de Paris et des provinces, aux députée de l'opposition nationale dans les États de la Ligue. Ni le roi, ni les saines parties de la Ligue ne fùllirent aux pénibles devoirs que leur imposait la France, dans les redoutables circonstances où elle était jetée.
Pour se rendre un compte exact de ce que pouvaient ou De pouvaient pas les Politiques, la Ligue française et le roi, et des circonstances au milieu desquelles il leur était donné dé se mouvoir et d'agir , il faut remonter à un mois, et tracer le résumé des événements accomplis dans ce laps de temps. A. peine connut-on à Paris la déclaration solennelle faite le 17 mai par les députés royaux à la Conférence de Surène, la grande concession de Henri au sujet de la religion qui renversait la bairière entre lui et ses sujets catholiques, lesoffres de trêve et de paix qu'il y joignait, que les Politiques et la Ligue française û Paris firent chaque jour quelque effort et quelque démonstration pour lui soumettre la ville et tout leur parti, sortir de leurs misères, décider une réconciliation, mettre le royaume à l'abri des attaques de l'Espagnol. Une pre-
' Voyei ci'daïaus pagei 406, 4Q7.
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i32 uv. Ht. CH. m. efforts db la licite française depuis lb ti haï.
mière députation de cent vingt boui^eois, le prévôt des marchands en tête, se rendit chez le gouverneur de Paris, le pria de les introduire auprès dn duc de Mayenne, etde les mettre en demeure de lui demander la paix, ajoutant que leur requête serait signée au ]>esoin par dix mille bourgeois (27 mai). Le lendemain, les colonels l'assart et Marchand parlèrent de faire des barricades. Quatre jours plus tard, une cochée de prédicateurs opposés à Id paix, parmi lesquels on remarquait Boucher, traversant ' le pont Notre-Dame, furent accueillis parles insulter et les huées du peuple. Bientôt les citoyens sans distinctira de classe crièrent tout haut dans les mes qu'il fallait tuer ou noyer les évêques députés aux Ltats, tous les prêtres qui empêchaient que l'on fit la trêve ou la paix, et qui causaient ainsi la ruine dû peuple (11, 13 juin) . Ces manifestations ayant eOrayé Mayenne, et l'ayant contrainlà porter la proposition de la trêve au conseil d'Htat et aux États-généraux, pour tromper et calmer le peuple par le faux semblant d'intentions pacifiques, le légat résolut de la traverser de tout son pouvoir dans les Chambres. Mais les dangers de cette démarche étaient tels qu'il se retira an monastère de St-Martin-des-Champ», le rempUtde soldats et le convertit en citadelle : n'osant traverser la ville poor se rendre aux Etats, il leur fit connaître ses intentions par une lettre qu'il leur adressa. Les bouchers disaient que s'il s'avisait de s'opposer à la trêve , ils savaienl bien comment il fallait mettre la main au sang et écorcher
> Leatoile, RegisL joum. de Heuri IV, p. 1S6 A, 137 A, 138 A, 1*4 A, B. — Reiù^tre du clergé pour 1« 11 juin, p. SOfl, SOT. a Le« dépuUi B des IroU ordres ont charge de rfmoDâlrer à M. ds Majenop qw B DOS Ëvpeques et autres pereonnes ecclè^ia^Iiqu?» s'estoieDt pUiàb B en celle asaemblée que quelques pi'raooDes leur avoient usé de pa- » rôles fort iD»o1eDb>â et de menacer, et entoieal adverlis de pliuieurs B eodroits que l'on raJsoit le si'inblabl'' à plusieurs autres, avec propo:* Il tort sraodaleux qu'il falloil tuT ou no^er touï le« prMlivj qui eoi-
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SON ATTITUDE BT SES ACTES EN JUIN. i33
les veaux tels que lui '. Ces violeaces, ces sanguinaires DueDaces prouvaient combien le peuple entier avait déposé tout respect pour les hommes qu'il avait véoérés si longtemps ; avec quelle force il se retournait maintenant contre ceux auxquels il avait aveuglément obéi ; quel appui la Ligue française pouvait, à un jour doBué, trouver dans son redoutable concours. Les événements qui suivirent ajoutèrent encore à son irritation contre Mayenne, et contre tous les meneurs nationaux et étrangers de la Ligue. Le duc, hostile à la paix, se prétùtà la trêve pour deux raisons. Il ne pouvait ni rassembler lui-même une armée, ni en obtenir une en ce moment du roi d'Espagne. En second lieu, il voulait calmer le peuple et la bourgeoisie, qu'il voyait passionnés pour untaccommodemeiit. 11 favorisa donc la proposition de la trêve dans les Chambres de la noblesse et du Tiers, qui la votèrent. Mfûs sur le rejet de la Chambre du clergé et sur l'opposition du légat, il fit déclarer par ie conseil d'Etat qu'il y avait lieu d'ajourner la trêve (14,15 juin). Déjà en guerre avec Philippe n, il ne voulait pas se donner encore pour ennemis une des Chambres des États, le clergé, le légat. D'une part, il espéra que le peuple se prendrait à l'idée
1 peachoiEDt que l'on ne Qst la trêve ou la paix, et caosoient par ce ■ moyeu la ruyne du peuple, n — M. de Sùmondi, Hùt. dea Prançaû, 1. m, p. U7, prélead que le^ bouchers de Paria étaient de forcenés ligueurs et de grands partisans de Plillippe II. D'aprËs le propos et la menace contre le lËgal que nous rappeluns dans le texte, d'après les injures que lu prédicateur Boucher prodigue aux bouchera (Lestoile, p. 1*4 B, 1(6 A), on voit que les boucliers étaient, au contraire, de terribles politiques et ligueurs français. Nous.avoos eu occasion précédemment de signaler l'erreur répétée vingt [ois dans une moderne histoire de la Ugue et du règne de Henri IV, où l'on affirme que le peuple des halles devait être rangé dans la classe des exaltés ligueurs, lOndis qu'en réalité le peuple des hallea et leur curé tlaienl Politiques et prononcés pour le roi. Dans les hïslaires modernes de Henri IV et de sou régne, les erreurs et lea omissions fourmillent, el s'étendent, comme on le yoit, aux moindres détails.
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434 LtV. III. CB. m. POURSUITE OPIHIATRS DE U THÈVB ET DE LA PAU.
qu'ajourner n'était pas rejeter le trêve. D'un autre, il essaya de ae décharger de l'odieux de la conùnuation des hostilités, en arguantde son respect pour le clergé et pour le Saint^iége. Ces fourheries ne lui réussirent pas. Le peuple préteadait que Maj'enne, maitre de la pais et de la guerre en sa qualité de lieutenant-général , et autorisé de plus par le vote de deux des trois Chambres, avait doublement le pouvoir d'entrer en accommodement avec le parti contraire, et il s'attacha opiaiàtrément à lui pour lui arracher la conclusion de la trêve. La nouvelle de ta détermination prise par le conseil d'Etat s'étant répandue dans la ville, l'agitation tat portée au comble. Deux ou trois cents bourgeois se rendirent d'abord à l'Hôtel-de- Ville et ensuite auprès de Mayenne, réclamantavec énei^ gie l'acceptation et la publication de la trêve, se prenant de querelle avec les Seize , les injuriant, les réduisant au silence et à la retraite. Au Palais, on se passait de main en main les vers où l'on demandait la tète du légat. Le 16, ce prélat s'étant rendu chez le duc de Mayenne, le peuple qui se trouva sur son passage ne le salua point, et lui tourna le dos quand il voulut lui donner sa bénédiction ; il insulta le duc de Féria de gestes et de paroles. La bourgeoisie et le peuple étendaient ainsi leur haine et leur indignation à tous les opposants à la trêve. C'était chaque jour à Paris une demi-sédition. Les dispositions étaient pareilles dans une partie des grandes villes de la Ligue ; ainsi le 15 juin , huit cents bourgeois d'Orléans envoyaient leur députation à La Chasire , leur gouverneur et l'un de leurs députés, pour qu'il demandàten leur nom et en pleins Ëlats la trêve et quelque soulagement à leurs maux, protestant que s'ils ue l'obtenaient, ils traiteraient en particulier avec le roi '.
< Délibératioo des ËUts et texte de la lettre du légat, r«gut. du Tiers, p. 160-169, 374 ; regiat. duclergi, p. blt-SSO; de la nobleise.
EFFORTS t>U BOI PAh LES SUCCÈS A LA GUERRE. 436
Les Politiques et la Ligue française avaient fait leur devoir, en prenant cette hostile attitude à l'égard de Mayenne, du légat, des Espagnols, et en préparant tout pour leur livrer bientôt un combat k outrance. Le roi, de son côté , devait se ménager à la guerre des avantagea décisifs sur ses ennemis , avant que Philippe fût sorti de ses embarras et de son épyisement : il devait se servir des . succès mêmes obtenus par ses armes pour communiquer une nouvelle force el une nouvelle assurance à ses partisans dans Paris et dans les grandes villes de la Ligue. Henri ne laissa pas échapper cette occasion favorable, mais fugitive, ce moment qu'il fallût saisir au passage, sous peine de le perdre sans retour.
Pendant que Philippe et Mayenne en étaient tous deux aux expédients, Henri avait eu l'habileté de se procurer chez l'étranger l'argent qu'il ne trouvait plus dans scm royaume , et de se donner ce nerf de la guerre, ce principe de tous les succès : seul des trois compétiteurs à la couronne , il conservait une armée capable de tenir la campagne sur le thé&tredes événements. Au mois d'avril prêchent, il avait conclu avec le duc de Toscanaun emprunt qui lui assurait la solde de cinq miUe Suisses, pour un an, et deux cent mille écus comptants pour payer ses soldats français : à ces troupes régulières il joignit bon nombre de volontaires de la noblesse avec les détachements qu'ils lui amenèrent , et il se vit alors à la tète de forces considérables <. Il disposait de ces ressources au
p. 6t7. eS9. — Manuscrit T', cité «d note aux [<afes 169, 170, des ElaU-fténèTaui j)e 15S3. — Lestoile, p. )4t-US. — Legrain, décade, 1. T, p. 353. Il rapporte les vers qui couraient ou palais contre le légat :
Le \igal fait guerre il la trêve,
La trêve fait guerre au légat :
Si l'on coupait sa teslû en Grève
Ce »eroit un beau coup d'EsUt.
t Lettres missives, t. m, p. 76t. — Lettre au grand-dncde Toscane, du 16 avril ll>93. « Il (Gou^y) vous dira que me raisaol oe plaisir de
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