LIV. III CH. III. BTAT RESPECTIF DE MATBNKE ET DE LA UGPE
partagée : il avait tout combiné poar que la nation ne vit la fin de ses maux et delà guerre civile, qii'après avoir contenté sou ambition sur ce point capital : il ne lui laissait, autant qu'il était en lui, d'autre alternative que de périr ou de le faire roi. C'était là que tendait cette politique à la Médicis, ces perfidies innombrables et croisées, qui lui faisaient donner par le légat la qualification du plus grand trompur et du fourbe le plus assuré de stm temps '.
Mais à cet édifice de puissance , élevé par la ruse , il manquait une base solide : pendant les sept mois qui venaient de s'écouler, Mayenne n'avait pu se donner l'autotité et la force matérielle nécessaires pour rétenir et contraindre les peuples. Une voie sûre s'ouvrait devant eux pour se tirer de l'abîme : c'était que la Ligue se jetât entre les bras de Henri , et par cet acte de bon sens déjouât les calculs et les machinations de Mayenne. L'entreprise sans doute était ardue et ditBcile. Il s'agissait à la fois pour les villes delà Ligue d'abjurer l'obéissance à Mayenne , de s'insui^er contre leurs gouverneurs ou de les entraîner, de vaincre les partisans et les garnisons de l'Espagne, de méconnaître les ordres du Saint-Siège s'immisçant dans les affaires temporelles , et par conséquent de changer autant d'opinion que de conduite, et de passer du parti des zélés dans celui des E'olitiques. Un grand effort de la raison publique, un mouvement national étaient donc nécessaires. Mais s'ils éclataient, Mayenne n'avait ni armée ni pouvoir sulBsanls pour les maîtriser et (Hiur résister au .choc.
Nous en avons fini avec ce grand artisan d'intrigues : depuis ce moment, s'il occupe encore la scène, il n'y joue plus que le second rôle. Avant de reporter notre atten-
1 Voyoz l>noucé dea leltrps du Ifgnl au pape dan» Villero;, A|ia1. nt Disc., p. 31( B.
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Jl'GBHENT suit LES ETATS D
tion vers Henri et vers le parti royal, il faut jeter un dernier coup d'œil siu- les États-généraux del593, et juger les actes et la conduite de cette assemblée qui, sept mois (lurant, avait tenu entre ses mains les destinées du pays. Le devoir strict des Étals, au moment de. leur réunion, était de mettre ua terme à la guerre civile, et après avoir délivré la nation de ce fléau, de réunir et de concentrer ses forces pour sauver son indépendance menacée, dans l'ordre purement politique, par le roi d'Espagne, dans l'ordre politique et religieux, par le pape. Les Ltats avaient deux moyens de pacifier le pays : ou bien de reconnaître Henri et de mettre à ses pieds tous les partis et toutes les ambitions particulières, après avoir tiré de lui les garanties suffisantes pour le maintien du catholicisme; ou bien de donner à la Ligue un roi, sans lequel elle ne pouvait se soutenir d'une manière durable, comme Vilteroy et tous les hommes politiques le reconnaissaient dès 1 592 ; de relever et de fortifier ce parti de telle sorte qu'il pût venir à bout de Henri , établir dans le pays un seul souvendn et une seule loi.
Ce devoir, les Etats le trahirent honteusemeut. En se séparant, ils ne laissèrent à la France, au lieu de la paix, qu'une trêve précaire de trois mois, au-delà de laquelle on entrevoyait le renouvellement de la guerre civile avec toutes ses horreurs. En effet, aucun roi n'avait été nommé : Mayenne et Henri restaient aux prises avec leur titre et leur pouvoir précédents, avec les mêmes prétentions et les mêmes forces. Non-seulement la porte restait onverle à l'anarchie par cet endroit, mats les États lui avaient donné accès dans la société par plusieurs câtés nouveaux. Leur fameuse décision du 20 juin, en proclamant le principe de l'élection , sans le~ restreindre et sans l'appliquer immédiatement , n'attentait aux droits de Henri, le prince vraiment natioual, que pour établir une