‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 114 sur 158 · LIV. [II. CB. III. JUGEMENT SUR LES F · texte numérisé non relu

LIV. [II. CB. III. JUGEMENT SUR LES F

déplorable concurrence entre les usurpations de Mayenne, du duc (ie Guise et de Philippe II : c'était doubler les principes de trouble et de dissolution. Les Utats n'av^ent pas mifiux réglé les rapports de l'btat avec l'Eglise. £d acceptant le concile de Trente , malgré l'avis de leurs propres commissaires, ils qvaient sciemment livré au Saiut-Siége les libertés gallicanes, et abandonné au pape, non pas comme cbef de l'Eglise, mais comme princeélranger. ime partie importante de la souveraineté'nationali!. L'immoralité de cette assemblée égale, si elle ne surpasse son incapacilé politique. De l'aveu des btstoriens des deux partis ' , l'immense majorité des députés était arrivée à Paris avec le projet arrêté d'appeler au trdneuD prince espagnol, de livrer la France à l'élranger. Plus tard, la majorité passa de Philippe II à Mayenne, et alors elle rejeta les propositions successives faîtes par les ministres espagnob pour la royauté exclusive de l'Infante et de la maison d'Autriche. A ce propos, oo s'est récrié de nos jours sur le patriotisme et le courage de l'assemblée. Il.nous semble qu'elle a mérité cet élc^e à bon marché. D'abord si elle cessa de favoriser la poursuite exclasivede l'Infante et d'un prince autrichien, c'est qu'elle u trouva ni son compte dans les libéralités de Philippe, ni uneprotectionsuffisantecontreJeressentimentfle Mayenne et des Politiques à la fois, dans les armées du roi catholique, qui sous la conduite de Mansfeld, n'osèrent dépasser la frontière de Rcartlie. Ea second lieu , par le vote du 20 juin, et par les pouvoirs conBés à ses commissaires, elle ouvrit l'élection au profit de Claire-Eugénitt, elle appela l'Infante ù partager la royauté. Si elle ne livra fM à une étrangère la moitié de la souveraineté du paysavec chance pour son père de s'emparer du tout plus tard , c'est uniquement parce que les mésintelligences de Mayenne

> Vojei ci-deMUS, pages 3M, tel.

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et de. Philippe II, c'est parce que les progrès de Ileari , tous faits îndépcndaDts des résolutions de l'assemblée , ^ppèrent son vote d'un ajournemeut qui devint plus tard une nullité. Il faut n*avoir ni compris le sens de cette résolution, ni aperçu les conséquences qu'elle devait entraîner, pour faire aux États de !a Ligue honneur de leur conduite : loin d'avoir défendu l'indépendance nationale, ils y attentèrent.

Suivons' encore leur conduite morale, à partir de la troisiènie proposition des Espagnols et du 22 juin, i^elon la coutume de ces temps, ils étaient payés par leurs provinces au prix, les uns de quatre écus ou douze livres, les autres au pris de trois écus un tiers ou dix livres du temps, pour chaque jour de leur législature '. Prenons l'indemnité la moins forte, celle de dix livres. La livre du temps équivalant à trois francs soixante-six centimes d'aujourd'hui, chaque député recevait trente-six francs soixante centimes pour chaque jour de session aux Ltats. C'était certes un salaire plus que suIBsant pour couvrir toutes leurs dépenses pendant leur séjour à Paris, En supposant que l'argent leur manquât h la Sn de la session, Jeur ressource devait être un emprunt sans danger pour eux, puisqu'ils étaient si^^rs d'être remboursés à leur retour par le pays qui les avait députés. Leurs commettants, comme on le voit, ne mettaient pas leur désintéressement à une trop rude épreuve. Cependant elle passa leurs forces. Dès le mois de juin, ils entrèrent à la

' Lettres patentes de Uajeone pour fwre payer la lose de aa dépulation ï OJel Soret, l'un de^ dépnléd de la Normaud'ie. — Appendice aux Etatù, p. £76. ■ UandoDS el ordonnons que vous nyez à faire le B ilèpurt«meut de la somme en laquelle se trouvera monter et. reve- ■ nir les fraij durent le dicttemp* du dicl voyage, à commencer du s IS* jour de janvier dernier jDsqueJ au jour de son retour, à raison D de trois eacua an Uers pour chacun jour, et ce sur toua les subjeota B contribaoblea aux tailles d'ic«lle estecUon. p — Bailly, Hiat. fin., l. U, pagea 300, SOI.

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solde de l'Espagne. Ils reçurent pour les mois de joid et de juillet 8,000 écus (24,000 livres); pour le mois d'aoùl 6,000 écus (18,000 livres); pour le mois de septembre 5,000 écus (1 5,000 livres) ; pour le mois d'octobre 5.04(1 écus (15,144 livres). Ils savaient, et leurs registres por^ teut qu'ils savaient que cet ai^nt était fourni par le duc de Féria. Il est vrai qu'ils annonçaient la prétenlion île recevoir ces sommes non de Philippe II, mais de Mayenne. L'excuse est si misérable, que ceux d'entre eui qui avaient conservé quelque sentiment d'honneur redisaient, comme nous l'avons vu , de toucher à cet argentde crainte d'en être souillés, et qu'ib l'eDvoyaJeol aux hôpitaux de Paris*. Ils reçurent donc, outre le salaire de leurs provinces, une haute paie de l'Espagne, qui, sansx>btenir d'eux tout ce qu'elle voulait , trouvait eocoir son argent bien placé , et avec raison. Eq effet, si les États, prenant le mot d'ordre de Mayenne, refusèrentà Philippe II et à sa ûlle la totalité du* pouvoir souverain, ils les appelèrent au partage du trâne, et par te principe de l'élection ils donnèrent un nouvel et actif aliment à Is guerre civile . Or après l' usurpation de la France, le grand but de Philippe était son affaiblissement , sa décadence au moyen des troubles, et le vote des États servait merveilleusement ce projet *

< Registres rlu TiPr^'Étal, p. 2t9, 291, 353, 35(, S64, S6S, 368, S'J, 37(. — A la date du fl décembre 1Ï93, on trouve uoe dispute dégm^Uuilr entre lea Chaoïbres au sujet du partage de l'argeul edpagDul. Le clergé, qui a trpDte membres présents aux États, veut avoir 1h plus grte^ part. Le Tiers-état eiil«nd avoir part égale, c'est-à-dire 8,808 écut- « MM. Bourgoing et Laiiglois oui esté envoyés dire à M. d'Amiens, s 11 cause que la Quuubre du clergé estait levée, que noui tommes fern ihev à lieux mille eecus, et prolester à défaut de les bailler, que 1> B Chambre ii'enlreroit plus. » ( Registre du Tiers, p. 37t. )

' Sully, tEcOQ. roy., c. 39, p- US. B. «Le roj d'Espague ïouloil en » tous (BË maiotenir les divisious counneiicèes, pur les diverses et- B pérancea qu'il donneroît à clioscm) des cbefs, aflu que ne pouinl u avoir la France pour lu;, il essayast d'en faire autant de parti qu'il

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C'est l'histoire entière du temps, ce soat leurs actes surtout, qui accusent et condamnent les Etats de 1593, aussi sévèrMnent au moins que la Ménippée , la satire contemporaine. La critique moderne a fait appel de ce jugement; mais à un nouvel et séneux examen du procès, le bon sens public, la conscience publique, confirmeront la sentence et repousseront la réhabilitation demandée : l'incapacité politique, salariée par l'étranger, n'obtiendra pas amnistie. Les ^tats de la LJgue eurent une honorable minorité, dont nous nous sommes plu à proclamer en toute circonstance les lumières et le courage. Mais ce serait fausser l'hîstoirç que de prendre les actes de cette minorité et de les reverser sur la majorité, pour la blanchir aux yeux de la postérité.

'anci«D désir de l'empereur Cha rl«s-

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UV. m. CH. IV. ÉTAT INTÉRIEUR DU PARTI ROTAL.

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