‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 116 sur 158 · LIV. III. CH. IV. REFUS DU ROI D'AV&NCER BÂ CONVERSION · texte numérisé non relu

LIV. III. CH. IV. REFUS DU ROI D'AV&NCER BÂ CONVERSION

cardinal l'alliance et l'appui de Mayenne qu'elle venait de lui donner, et lui ménager à lui-même un salutaire répit; que l'effet de sa conversion serait tout différent, tout autrement puissant sur l'esprit du peuple, si son abjuratioD était volontaire, et s'il l'ajournait au moment où la Ligue et le Tiers-parti seraient convaincus d'impuissance dans leurstentativespourfaire actuellement, présentement un roi , et où lui-même resterait mûtre un moment de la situation. L'événement justifia sa fermeté et ses prévisions. Le 3 juillet, il prit la tour Grise : le 5 , il contraignit le château de Dreux à capituler. Il compléta ainsi sa conquête qui était alors un événement , et arrêta court les conjurés : ils n'osèrent s'attaquer à un roi victorieux el entrer en lutte armée contre lui. A la suite des nouvelles propositions que firent les Espagnols, Mayenne, un instant séduit par l'énormité des avantages qu'ils lui offraient, renoua avec eus, du 5 au 10 juillet, et rompit les ouvertures faites précédemment au cardinal de Boui^ bon. La santé de ce prince, déjà atteinte, s'altéra profondément par le désespoir de l'ambition trompée. Mais ni l'abandon dans lequel le laissaient Mayenne et la Ligue, ni le dépérissement de ses forces ne purent le faire renoncer à ses ambitieux desseins, à sa haine et à ses attaques contre le chef de sa midson. Dans la ville de Mantes où les seigneurs et les députés des Parlements royalistes se rendaient avant de passer à Saint-Denis, le cardinal s'abouchait avec les serviteurs de Henri, et tentait de leur prouver que le roi n'était pas recevable par l'Eglise, et que sa conversion était impossible. A cette attaque du chef du Tiers-parti succédèrent les menaçantes obsessions des catholiques ardents, et des seigneurs poursuivanl le rétablissement de la féodaUtè. Ils essayèrent de tirer^e Henri l'engagement qu'il exclurait les huguenots de toutes les' charges et de tous les honneurs, pour les réserver

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RÉSISTANCE -Ain. ENNEMIS DBS HUGUENOTS ET k L'ARISTOCRATIE. M9

ezclusivemeot aux catholiques : renouvelant une dernière fois un ancien projet, ils tentèrent encore de lui arracher l'hérédité de leurs gouvernements (16-21 juillet). Parla prudence de sa conduite, il échappa Ji leurs demandes et à leurs poursuites sans les jeter dans une rupture ' . n obtint d'eux un délai : dans l'interfalle , il sut gagner la masse de la nation, et quand il l'eut pour lui, il l'opposa victorieusement aux ennemis de la Réforme et à l'aristocratie.

A l'égard du Tiers-parti, comme à l'égard de la Ligue espagnole et guisarde , comme à l'égard de l'Espagne, il avsût résisté, il avait remis et attendu, quand céder était une faiblesse déshonorante. Mais il comprit que sou» peine de jeter le pays dans d'incalculables dangers, il devait prévenir le moment où ses ennemis auraient composé leurs différends, se seraient mis d'accord, auraient combiné et rapprocbé leurs forces, pour procéder à l'élection d'un roi. Ne pas être en mesure avant ce temps , était exposer la France à périr. Le plus opposé des huguenots à l'abjuration du roi , d'Aubigné, est contraint par la force des choses de le reconnaître , quand il dit à ce prince dans le discours qu'il lui adresse pour le dissuader de changer de religion : « Qu'il lui valloit mieux » estre roi dans un coin de la France en servant Dieu, » que de régner précairement, ayant sur sa tète les pieds o et la domination du pape ^. » Régner dans un coin de la France, n'était pas le moyen de la sauver du joug de

' Villeroj, Apol. et dUc , t. ii, p. 107 A, B, — Thuamia, L cni, § 8, t. T, p. Î8î. — D'Aubigné, I. m, c. M, t. m, p. SSl, Î9î. LesUiUe, p. 164 A. —Lettre de Dupleasis à Ubarlhi-, is juiaet 1S9S, t. v, p.BOO, 501- n J'ai lettrée du 16 et du M de la cour... pnpresaoit le roy d'esu dure ceuti de la religion de toutes le» charges et liomieurs : nul n ne s'j opposoit. J'auroia à vous dire un autce monopole là-dessua, n qui a eat* découvert par Sa Majesté, dt rendre tous tes gauvemementa a Mrgdilairts : ce Ki&'porir le faire mourir trois joufB après. •>

* D'AubignË, UUt. uni*., t. UI, I. m, c. U, p. 291.

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470 LIT. 111. CH. IV. tSSBKBLEB POUR LA CONVERSION DO ROI.

l'étroDger, de la pacifier et de la restaurer, comme le lui proposidt l'autre calvîaîste Rosay. Henri vit le péril, et agit de manière à le prévenir.

Tandis que les ambitions rivales de Philippe II, de Mayenne, du jeune cardinal de Bourbon, s'égaraient dans des intrigues qui n'aboutissaient pas, le r»i, par des actes fermes et décisifs, ralliait à lui presque toutes les classes de la nation, et préparait d'une manière sûre l'établissement de son pouvoir sur la ruine des diverses factions. Ses sujets catholiques désiraient passionnément, et les Ligueurs français exigeaient sa réunion à l'Eglise. Les uns et les autres demandaient à grands cris la fin de la guerre et le soulagement des intolérables calamités qu'elle entraînait après elle; la répression des tyrans locaux qui s'étaient établis partout au milieu de l'anarchie^ l'union des partb contre l'Espagnol qui menaçait l'indépendance nationale.

Henri satisfît à toutes ces exigences en commençant par résoudre la question religieuse, avec l'aide des prélats et docteurs qu'il avait convoqués pour son instniPtion dès le mois de mai précédent, et dont la plupart se trouvèrent réunis à Mantes le 1 5 juillet '. Ces eccléûastiques, animés de l'esprit de l'Evangile et fidèles aux maximes gallicanes, continuèrent dignement l'œuvre de l'assemblée de Chartres. Les prélats de Chartres avaient empêché que les excommunications d'un pape dévoué à l'Espagne ne détachassent les catholiques royaux de IV

< Procëa-verbal de la cér^monii! d'abjuration d'Henri [V dons k» preuves de la V parUe d^s annalea de la ville de Toulouse par l.aIaiUf, t. Il, p. 89-83. Le procès-verbal, k la p. S», relate en ces ternies la réunion des prëtats et docteurd k Uuntea, avant Vassembiëe de Sainl- Denia : « Suivant la coDvocaLon des prËlats et docteura indits par l« ■ roy en la ville de Mantes au quintième dudit moit de juillet, el de- M puis continuée en celle de Soint-Deois. a

PnEXIÈHB DISCUSSION SUR LE CALVINISME BT LB CATHOLICISME. 471

béissance du roi, et ne perdissent le parti français. Le clei^é, réuni d'abord à Mantes, ensuite Ji Saint-Denis, donna au roi les moyens de se réconcilier avec l'Eglise, moyens que lui refusait, par l'entremise de son légat, un autre pape circonvenu par le roi catholique et par la Ligue. Ce ne fut pas seulement contre l'effort des Espagnols et de Mayenne, employant comme arme l'autorité du Saint-Siège, mais aussi contre la dernière attaque du Tiers-parti, que les prélats prêtèrent m^n forte à Henri et à la cause nation^e. Leurs sages et courageuses résolutions amenèrent ainsi la soumission au roi de la masse de ses sujets, la réunion des partis au moment où elle était une condition de salut pour le pays : le pays leur doit une éternelle reconnaissance.

Le 15 juillet, les conférences entamées pour la conversion du roi à la an du siège de Rouen, se rouvrirent à Manies, en présence de ceux des prélats et docteurs qui étaient arrivés dans cette ville. Henri leur proposa divers points de doctnne sur lesqueb il désirait être éclairci, et demanda particulièrement d'être éditié sur la vérité de l'Eglise. Le débat théologique, engagé par les ministres Morlas et Roltan, et par un autre dont le nom n'a pas été. conservé, fut soutenu par les prélats cathohques, et notamment par Du Perron, nommé à l'évêché d'Evreux, dont les contemporains témoignent que l'érudition étmt monstrueuse, l'éloquence facile, la parole agréable. Les ministres eurent le dessous dans la lutte : en outre, le troisième, sur les concessions et la profession du catholicisme à faire par le roi, fournit pour texte favorable la réponse du prophète Elisée au général du roi de Syrie Naaman. La défaite de ses ministres inspira au roi des doutes légitimes sur la vérité de sa croyance, sur la nécessité morale qui lui était imposée de rester dans sa communion, et trois des principaux seigneurs calvinistes

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47S LIV. III. CH. IV. HENRI PHEUIDE A Bk COtrTGRSIW.

présenta à la discussioD, donnèrent sur le changement de religion des paroles qui sentaient le consentement on UDe fiùble opposition. D'Âuhigné accuse, mais sansen fournir la preuve, les ministres calvinistes d'avoir prévariqué , les seigneurs de s'être laissé tromper. En tout cas, le roi était induit ou autorisé à l'abjuratioD, par tous ceux de ses coreligionnaires qui étaient présents '. 11 se montra satisfait des explications des prélats et docteurs catholiques, et sur-le-champ passa aux effets.

Le 1 5 juillet, il préluda à sa conversion, lit une première et solennelle démarche pour un rapprochement avec ses sujets catholiques, un premier pas vers la croyance de la majorité de la France. Il réunit dans une grande assemblée les prélats et docteurs, le^ princes, seigneurs, chevahers, officiers de la couronne, et leur témoigna sa disposition à embrasser le catholicisme. Il annonça aux [vélats qu'il voulait poursuivre sou instruction, et leur assigna la ville de Saint-Denis pour une nouvelle conférence, et pour des actes plus décisifs de sa part et de la leur, dans l'œuvre qu'ib venaient d'entreprendre en commun. Les prélats et docteurs se transportèrent de Mantes à Saint-Denis le 2 1 juillet, et là complétèrent leur assemblée de tous ceux que le roi avùt appelé à y siéger. Elle se composa alors d'un arrfievêque , de neuf évêques, de treize membres du clei^é inférieur. C'étaient l'archevêque de Bourges, les évêques titulaires de Nantes, de Seez, de MaiUezais, de Chartres, du Mans, d'Angers, de Digne, les évêques nommés de Bayeux et d'Evreux. Pai^ mi les membres du clergé inférieur, on comptait sept docteurs en théologie, un docteur en droit canon, quatre des curés de Paris, Chauveau, curé de Swnt-Gervais, dépossédé par la Ligue, de Chavagnac, curé de Saint-Sulpice, de Morenne, curé de Saint>-Merri, Benoist, curé de

* D'AubigDé, 1. m, i. m, c. n, p. tSB.

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ASSEMBLÉE DE SAIKT-DENIS. OPPOSITION DU LÉGAT. i'B

Saint-Eustache , qui avaient sans cesse prêché au peuple lap^x.le rapprochement entre les partis, l'obéissance au roi légitime '.

Dès que les ennemis de Henri connurent son intention arrêtée de se réconcilier prochainement avec l'Eglise, ils mirent tout en œuvre pour y faire obstacle. Le 22 juillet, le légat, travaillant avec ardeur dans l'intérêt espagnol, répandit une déclaration imprimée où il prétendait que Henri de Bourbon, soi-disant roi de France et de Navarre, excommunié par les papes, déclaré nommément par Sixte- Quint hérétique relaps, impénitent, chef, fauteur et défenseur public des hérétiques, ne pouvait être absous que par le pape des peines portées contre les hérétiques relaps et impénitents. Qu'ainsi tout ce qui serait fait pour sa conversion par les prélats qu'il avait assemblés, serait nul, de nul effet et valeur, parce qu'ils n'avaient

■ p. MattLieu, I. i, p. 14B. — Procèd-verbal de ta cérémonie d'abjuration, p. SS, 90. — Discours des cérèmonied observées à la conver' siou du tréa grand Pt très belliqueux prince Hebri IV, dans les méinoires de la Ligue, t. v, p. 3BS. Les deux évéques de Digne ël d'ADgera portèrent ji neuf le nombre des évèquea réunis à Samt-Deoid. Ni ces deux évèques, ni le curé de Saint-EuStache, Benoisl, ne sont nommés dans le Procès-verbal, parce qu'ils n'avaient pu se rendre ft Mantes et qu'ils vinrent seulement h Saint-Denis. Mais ils sont formellement mentionnés comme ayant assisté à l'abjuration du roi par le Discours des' cérémonies observées k la conversion, p. 385, pièce officielle; par P. Gayel, 1. v, p, tSfi A; par Lefiloile et son supplément, p. ISS, 1S9, 166, 167; pur Dupleix, t. IV, p. 118.

L'bUtoire doit conserver les noms des courageux prélats qui donnèrent au roi les moyens de se réconcilier avec l'Eglise et de désarmer les peuples de la Ligue. Ce sont r Bf^gnaud de Beaune, archevêque de Bourges, le même qui avait présidé ta Conférence de Surénc; Philippe du Bec, évèque de Nantes; Louis du Moulinet ou Uolinet, évéque de Seez; Henri d'Escoubleau, évéque de Moillezais; Nicolas de Thou, évoque de Chartres; Claude d'Angennea, évéque du Uans; Cbarlea Miron, évéque d'Angers; Claude Coquelet, évéque de Digne; René de Daillon, nommé a l'évéché de Uayeux; Dav; Duperron. nommé à l'èvéchè d'Ëvreux. (Discours des cérémonies observées A ta conversion, t. v, p. 385 et les notes. — Gallia christiana, t. m, col. 1133, Ecclesia Diniensis, pour l'évëque de Kgne.)

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m UV. Itl. CH. IV. OPPOSmON DO nBRg-PMtTI.

pas le pouvoir de l'absoudre. Qu'il défendfùt à ces ecclé- 1 siastiques de se trouver aux assemblées iltégitimes qui se tenaient à Saint-Deais, sous peine d'encourir l'excommunication et la privation de leurs bénéfices et di^ité ecclésiastiques. Que dans le cas où, contre son attentée! son espoir, l'absolution viendrait à être prononcée, les liuques qui le reconnaîtraient et (jui favoriseraient son parti, seraient sujets aux .^usures de l'Eglise. Deux joun plus tard, quand il fut informé que, contrairement à ses ordres, l'assemblée de Saint-Denis allait procéder à l'absolution,-il prononça une excommunication générale contre tous ceux , ecclésiastiques et laïques, qui assbteraient à cette cérémonie. Aux efforts de l'ennemi étran^, se joignirent les attaques de l'ennemi domestique, pour arrêter l'instruction et l'abjuration du roi. Le chef du Tiers-parti, le jeune cardinal de Bourbon, u'ayanl pas osé en venir à une révolte ouverte contre le roi, voulut voir s'il ne pourrait pas traverser ses affaires, par les diftîcnltés qu'il susciterait dans la délibération qui allait s'ouvrir sur sa réconciliation avec l'Eglise. Le 22 juillet, il comparut dons la réunion des prélats et docteurs. U soutint avec la plus grande chaleur qu'on ne devait recevoir Henri dans le sein de l'Eglise que du consentement et avec l'autorité du pape, et il appuya cette proposition de sa qualité de cardinal et de prince du sang. 11 ébranla à peine quelques membres de l'assemblée; les autres, en très forte majorité, restèrent fermes dans leurs senlimeaLs et dans leurs dispositions. Ils ne tinrent aucun compte de l'opposition du cardinal de Bourbon, pas plus que de cell'' du légiit, résolurent de ne se laisser arrêter ni par l'une ni par l'auti-e, et de fournir au roi toutes les facilités dont il avait besoin pour arriver à l'abjuration '.

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DÉCISION PRÉALABLE DBS PnÉLATS ET DOCTeunS. i75

Os résolurent d'abord d'autoriser leurs démarches ultérieures et celles du roi par une décision préalable et soleuDelle; de donner à leur délibération uae puissance auprès de l'opinion publique, un effet sur les masses également irrésistibles, en l'appuyant à la fois sur les lois du royaume, sur les lois canoniques, sur les décrets des conciles, surles décisions mêmesde quelques papes. Le 22 juillet, ils déclarèrent qu'ils n'étaient nullement tenus de déférer aux brefs d'excommunication de Sixte-Quint et de ses successeurs, dont le légat faisait si grand bruit, attendu qu'ils n'avaient point été reçus et publiés selon les anciens usages, dans un royaume où ces sortes de décrets ne sont d'aucun poids avant qu'ils aient été approuvés, et qu'on ait examiné s'ils n'ont rien de contraire à l'autorité des rois, au& droits du royaume, aux libertés de l'Eglise gallicane ' . Ils ajoutèrent qu'on ne pouvait prononcer une sentence d'excommunication contre personne avant de l'avoir averti ; que les lois canoniques l'ordonnaient, et qu'Innocent III l'avait statué en déclarant injustes les sentences publiées sans un avertissement antérieur : or, aucun avertissement préalable n'avait été donné à Henri, lis dirent encore que quand même la bulle de 1385, celle de Sixte-Quint, aurait été publiée avec les formalités et dans les règles voulues, on ne pourrait nier qu'une excommunication lancée pour cause d'hérésie ne fût de la

in'aprës la décision des prélats réunis à Saint-Denis. La dèi-laratioii précède, puisque Ips prélals dans leur décision réfut^nl la première et l'une des principales allègatioas de la déclaration. Ils dînent, § S, t. T, p. 481. n CoDlraquaiu a Placentio cardinnli jactatnr, ponliflcio decreto ipei minime obligeutur. i> La déclaration du légat est du 11 juillet. — P. Cnyet, 1. v, p. 195 B. — Lcstoile, p. 159 li. — Siipplém. de Lestoile, p. te6 B, 167 A.

* Thuanua, l. cvii, § 6, t. v, p. ivi. uQuod contraquam a Placentio D cardinaîi jaclalur, pontiScio decreto ipse ininime obligeotur... An « aliquid in »e habeant quod reguni auctoritati, regui Juribns, et Ec- ■ eletia gallicanttliiertatîbus prBjudicet. »

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i76 UV. III. CB. IT. LE B01 8«IA ABSOUS PAR LES PRÈUTS niA1l(A]S.

compétence des évèques, comme le concile de Latran l'avait décidé. Qu'en supposant que te pape eût le droit de se réserver la connaissance du crime d'hérésie, ce dont on ne convenmt pas, le concile de Trente avait aiitoiist les évèques à absoudre les coupables, au moins en ce qm regardait le for intérieur de la conscience, même dans le cas réservé au pape et dans le crime d'hérésie. Qu'il ^t constant qu'un bomme excommunié pour quelque crime que ce fût, dont la connaissance était réservée au SaiiU- Siége, pouvait être absous par son évêque, si un obstacle légitime l'empêchait de se présenter au pape, pourro qu'il s'engageât à le faire dès que l'obstacle cesserait; el que l'empêchement existait de reste pour le roi, relenn par la guerre, par les soins du gouvernement, par la ce^ . Utude de trouver le pape livré actuellement aux suggestions de l'Espagne et de la Ligue. Qu'enfin le roi éUol homme, partant mortel, et plus mortel que tout autre, puisqu'il allait sans cesse au péril, ne pouvait être écoDduit de sa sainte intention , exposé au danger de périr avant d'être rentré dans l'Eglise ; ni l'Eglise perdre î'oecasion de voir un si grand prince se réunir à elle. Puis sortant du droit et de la théologie, pour entrer dans U situation et dans la politique, dans les dangers et les besoins de la France , les évêques et les docteurs déclarèrent en terminant qu'après plusieurs combinaisons échouées , les ennemis de Henri restaient assemblés s Paris pour l'élection d'un roi ; que si l'on temporisait davantage, l'on introduirait le démembrement de l'Etat et le schisme dans l'Eglise ; que l'opposition faite par le 1^ à la conversion du roi ne pouvait être considérée (ju* comme la manœuvre d'un partisan déclaré de l'EspagiKi et qu'elle ne pouvait enchaîner un seul instant la liberté de leurs déterminations. En conséquence, l'assemblée arrêta que les évêques français avùent le droit d'absoudre

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DISPOSITIONS APPORTÉES PAR LE ROI A L'iNSTBUCtlON. 477

le roi sans l'interventioa immédiate du pape ; que le roi n'était tenu à l'égard du Saint-Siège qu'à faire des soumissions et à demander la ratification de son absolution; que cette absolution lui serait donnée par l'archevêque de Bourges patriarche et grand aumônier de France, sans attendre mandement de la cour de Rome; tous proclamant « qu'il étoit plus expédient de passer outre et de > procéder sans retard à l'œuvre la plus agréable à Dieu, n et la plus salutaire à la France, que jamais ils sçau- » raient faire '. » Cette décision prise, ils se mirent sans retard à l'exécution, en se tenant prêts à répondre au premier appel du roi.

Le 23 juillet, Henri, venu la veille à Saint-Denis, appela auprès de lui les prélats et docteurs. Dans une conférence de cinq heures, les principaux points alors controversés et constituant la différence entre la croyance des catholiques et cdle des réformés, l'invocation des saints, les prières pour les morts, le purgatoire, le sacrement de l'Eucharistieetla présence réelle, la confessionauriculaire, la puissance papale, furent successivement débattus. Les dispositions que Henri apporta à cette discussion furent bien diverses dans leur rapide succession. Soit qu'il eût conservé, dans la démarche où U s'engageait, quelque impression des maximes des courtisans qui ne cessaient de lui répéter qu' il devait réduire toutes les questions tbéologiques à la question de l'intérêt de son pouvoir, et dans

' ProcËs-verbBl de la cërémonie d'abjuration, p. SI. — Tbiianus, l. cvii, § 6, L V, P..ÎB1. — P. Cayet, 1. v, p. (95. — Supplém. de Lestoile, p. 167 A. — Duplein, t. iv, p. 118. Le» coatemporains placent la délibération el la décision des prélats et docteurs, relativement au pouvoir qu'avaient les évoques d'absoudre le roi el de le réconcilier à l'Eglise avant l'iDstniclion de Henri, les uns le 21, les autres le 2S juiU lel, avec l'indication spéciale que c'i^tait le jeudi. Mais il parait, d'après le procès- verbal, p. 91, que la question fiit reprise et décidée de nouveau, qtrès l'instroclion du roi, le vendredi- IS. •

478 uv. m. CH. IV. iNarnocnoN dd roi.

les croyances choisir celle qui lui dooneraît le pins de partisans et le moins d'ennemis; soit que violemment combattu entre rattachement à sa croyance et l'impérieuse nécessité de l'abjuration, il cherchât à s'étourdir dans les plaisirs, le 23 an matin il pressait sa mailresse, Gabrielle d'Estrées, de le venir trouver, et il lui écrivait d'un ton bien leste : « Ce sera dimanche que je ferai le saut périlleux. » Cette saillie d'indilférence moqueuse, c« libertinage d'esprit, étrangers à ses véritables sentinmts. a ses hidiitudes morales, devaient passer i-apidemeut. Quelques heures étaient à peine écoulées, el il avut repris sa situation par le càté le plus grave : il apportait to outre dans le cours et les incidents de l'instructioa, les dispositions -du chrétien qui, parmi l'entrainement des passions, n'avait cessé de faire de la religion Tune its grandes affaires d*^ sa vie. Il avait résolu d'abord derédoirt chez lui l'homme et le croyant au politique, fatalement commandé par les circonstances; de tout soumeltR à ses devoirs de roi, chargé de finir les souffrances, de conjurer les dangers de son pays; detUEÙtriser par cette pensé* dominante les impressions et les émotions que la controverse ferait naitre en lui. Dans cet esprit, au début de la discussion ouverte pour son instruction, il déclara aux prélats et docteurs : a Que connaissant de [dus en pins » l'intention de ses sujets, louché de compassion delà » misère el calamité de son peuple, il souhaitait, avec » sûreté de sa conscience, pouvoir contenter ses dits so- B jeta. B C'était reuoncer d'avance à la contradiction, se condamner à une instruction passive. Mais la controverse ranima promptement toute la vivacité de ses convictions, toute l'ardeur de sa foi. Ans arguments employés parles ecclésiastiques pour établir sur les divers points la vérile de la croyance catholique, U répliqua si A propos, alléguant les passages de l'Ecriture sainte, qu'ils demeu-

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