LA SUITE DES ÈVENBHBNT
L'ordre religieux, jxAitiqut et civil, réiabti à Parie. Au dehort, ambaiiade du duc de Neveri à Rome, ton retour en France , ui deux ieriu (i8 mare-IS mai 1S9i.)
HrartRCaintllDeli Parte l'ordre rellglcui, l'orrirc polit Iqur, Tordre cidl. Son Eillt '
liston, nui llticnét monlclpilti, nui prlilMgn d« eorpornlloiu, à l'RmnUUc ;
rto, de [■ CMimbrr dn Corapt», dia Coun da *Id« ri dn rioddsIh (18 oiin).
Parti (S9, 30 inin).- «rr«i du PitkiHnl de Parte Hd 30 nm portant l-abolllion ■Ir bincdtri»n«-g«ii«rilc de Hayronr, Il l'ordre ialimjàloutei In Tllln,* tout iMcttaïena, dereooncert le Ligue; révoquant tootei les d^llbëradoDi et tooa In aetea dn Etala de 1593. - Bappel h Parla drs Parlnneotsel aolrea rour* •ouveralnea de Toun et Ai Chtiona (17 mtn). Leur reolrïe dam la capitale (l« aTrll. 1$ mal) : hoDDeun qui leur aont reodui : oluervatlon lur la coDdulIe
■te Paria, de la Chambre dei Comptca, dea Conra des aida et des oionnaln. - Sortie de Parla des bonrceola et de la partie du clei^ appartcDanl k la facllan des Selu qal refusent de reconnatm rautorlt« dD ml ou qal se Irourent coupables Je crimes clilta non renia par l'aninlatle. Relratle de la plupart ■l'eolre n» chn l'Espagnol (13-30 dmi), Aprti le d^juirt de doou kojH, prMlcaleors et nolnea llBueun, la grande maJorlt« du clergé de Parla ftilt acte d'adh^on
aorer de sa lldtilt^ (1 arrli). Palinodie de plosleun prMIealean de la Llt[ue. La Sorbonne, les quatre r^eull^ de l'Unlteralti*. lei eur^ les ordres rellsieui prêtent serment de fid«IIU t Henri et signent une dMaratlon partant qu'il «I vrai et l^ltlme roli que loua ses sujets sont tenus de lui ob«lr. quoique tes ennemli aient empfebii jusqu'alors le pape de ratlOeraon abaoluttoo; qu'eux*
mijorll^ de la Licue. —
IIOD et pnxoquant le r*glc[d«. Le roi ne peut eonjurer eea dangers qu'en »Melesant la ratlflcatlon de son abaolullon par le pape. — Happoria de la c«ir de France el de la cour de Bsiàe aianl et apr^ la conienloD du roi. Le pape CMnenl TItl iltepoaé d'abord * sandloniKT l'abjnratlon du roi. Menaces et prameaaaa qui loi sont biles par l'ambastadcur espagnol aonom de Pblllppe IL
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550 uv. IV. CH. m. conduite poutique et clémence du roi.
Umii In non ■•><ll«Dcn qu'il reçoit d» pip» tnIR le IS DoranbK ISBS « le » l>o>ler t5W, le ilur de Neven ru» talolr la plu lortei coDildëntlinn llrin O» Il luiUce, de ta uIh pollllqur, de la rellKlon, d« l-Butortli funllftcale, pon oblCDlr 11 r«eaDplll*tloB du roi ith le SiIntSiése. Le )upe U ntaar, damtmt
TirlIoD que I* Ll«uf. slan preMine ««ve cMitrr, et J« Eepagnol* Te npdrleronl en hmel Hir Henri. Le duc dr Reipn d^nodce en pertaat nu pape In dunoen de u «ndolle. Arr^t da Pirleiiieiil, eonllriullf de la PnRnuUqne dt ISBt, dMndsnl de n'alreBer d^Mitmali * Some pour obtenir lei bnlla e< !*«■ m en iHXKHliHi de* archev«rlii<i. r-M'i; dbbav«; ordonnaut de kl dinHnrter aux areheTéqor* u ér^nn rrantaU, et mr lear refat lai Partraimli : protêt delà création d-nn palrUnheen France: remmeneHient d'nn uAlnae fI - '4iancn paar l'InlrodocUon de U "Réfotmr dam le rojanme (lirril). RenwKiiiB
IhHi» d* ne* dent «crin et Imr Infloenee aar raplnlon publique. Les Id^es et
An fur et à mesure que Henri enleva quelque ville ou quelque province à la révolte , il y rétablit aussitôt la pai\, l'ordre religieux et civil, un gouvernement régulier, marquant son œuvre du 9<»au spécial de la clémence et de la bonté. On peut en juger par ce qu'il fit à Paris. Le 28 mars, il rendit un édit sur la réduction de cette ville, dont voici les principales dispositions. La religitHi catholique, la religion de la majorité, est partout réta blie : l'exercice de cette religion est seul permis à Paris et à dix lieues à la ronde, conformément à l'éditde 1577, qui cependant était le pins favorable de tous aux réfoi^ mes. Paris conserve ses droits, privilèges, franchises et libertés : la m^me faveur est accordée & tous les corps et corporations. L'amnistie la plus entière , l'abolition et In décharge pour tout ce qui s'est passé dans l'ordre politique est accordée aux habitants, sous condition qu'ils prêteront serment de fidélité au roi : l'oubli du ^assè et le silence sont prescrits à tous; les seuls crimes daoï l'ordre civil, commis depuis cinq ans, seront poursuivis et punis; les jugements rendus, les actes passés pendant le gouvernement de la Ligue reçoivent leur exécution. Ceux qui ont été pourvus d'o£Bces. civils ou militaires
DolizccbvGoOglf
l'ordrb nsLicieux, MUTiaue et civil rétabu a paris. 551
par HayeaDe les conservent, sous la condition seulement de recevoir du roi de nouvelles provisions. Les saisies faites sur les habitants sont annijées, et chacun rentre daqs ses biens. Les débiteurs dç rentes ne sont obligés à payer que les intérêts de l'année courante : tes arrérages des années précédentes seront réglés par on arrangeiAent amiable entre eux et leurs créanciers, afin qu'au milieu du profond dérangement des fortunes particulières, les débiteurs ne~ soient pas réduits au désespoir. Après avoir rétabli l'ordre public dans les rapports des citoyens avec le gouvernement, et des particuliers entre eux, il fallait restaurer la justice et l'administration. Lé roi y pourvut par ses lettrès-patent^is dp même jour 28 mars. Il leva l'interdiction prononcée contre le- Parlement et les autres cours souveraines de Paris, au commencement de 1589, et au moment de la translation des cours de justice et de finances à Tours. Il rétablit le Parlement de Paris dans le droit de rendre la justice, et réintégra pareillement dans leurs attributions la Chambre des comptes, la Cour des fûdes, la Cour des monnaies. Quelques membres de son Conseil et de sa cour ouvraient l'avis de ne rendre l'exercice aux cours souveraines que (juand les magistrats qui siégeaient à Tours et à Cbâlons seraient de retour à Paris. Il eu décida autrement par deux raisons. La rentrée de ces magistrats dans la capitale ne pouvait avoir lieu que dans ' un laps de temps qui varia entre dix-huit jours pour les uns, plus d'un mois pour les autres : l'exercice de la justice et de trois autres grands services pubhcs ue pouvait, sans de graves inconvénients, rester suspendu pendant si longtemps. En second lieu , comme il le témoignait en proïK-es termes, nuls n'avaient fait mieux ses affaires'que les membres du Parlement et des autres cours souveraines restés à Paris , auxquels il devùt principalement la réduction de cette ville, et qui le sollicitment d'ime réiuté-
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552 LIV. IV. CH. m. LBS grands services RÉCOIIPBNSéS.
gratîon immédiate : il ne pouvait, saas leur faire injure et sftDS les mécontenter, les tenir en état de snspicioD et de suspension jusqu'au retour de leurs collègues '. Il tardait au roi de récompenser les piûncipaux d'entre eux et les chefs de la bom'geoisie des services qu'ils venaient de reudre, sans condition et avec tant de danger, à la royauté et à la cause nationale* Il leur paya sa dette et c^le du public en donnant à Lemaistre une chaîne de septièuie président.au Parlement, à Lhuillier une change de pcéàdent à la Cour des Comptes, à Du Vaïr et à Lan^ois un office de maître des requêtes (29, 30 mars) *.
Le premier usage que le Parlement de Paris fit de ses nouveaux pouvoirs fut de réparer les atteintes portées à ia puissance royale, et de lui rendre toutes les portions d'autorité que les factions en avaient distraites. Par sou arrêt du 30 mars, il abolit les arrêts donnés, les ordonnances et décrets faits, les serments prêtés contre Henri III et contre Henri IV, depuis le 29 décembre 1 588. H àta à Mayenne le titre et la puissance de lieutenant-général : il enjoignit à ce prince et à tous les princes lorrains de reconnaître Henri pQur roi. 0 ordonna aux {HÎnces, nobles, prélats, villes, de renoncer à la Ligue, sous pmoe d'être traités comme criminels de lèse-majesté. Il cassa et révoqua en général les délibérations et les actes des htats de 1593, et il atteignit ainsi le fameux vote du
■ L'édit el les lettres patenles du IS mars IS9(, daui le recueil des EdicU du ro; Huiuy [V pour la réunion de aes subjecte, toL IS-ll, et dans les Mémoires de la Ijgue, t. vi, p- 71-SS. — Legrain, I. vi, p. Ût- — P. Gayet, 1. ti, p. S69, 570. — Thuanua, 1, ai, § 6, t. v, p. SSï, BSt. — Leitoile et son Supplément, p. ilo A, B, SSI A, 3SS, ne. On troiîve à la page ilO le mot du roi exprimant le molit qui te détermine k la réintégration immédiate dans ses roncUous du l>ariemeiil
* Thaaaus, I. cii, § 6, t. v, p. S95, 356. — Leatoile et son Supjdémeol, p. isa A, m a.
AHRfcT m PARLEHEHT DU 30 HARS '. SON AUTORITÉ POLITIQUE. 553
20 juin, qui, en décrétant l'élection, appelait au trdne un autre prince que Henri <.
On s'étonne au premier abord de voir le roi provoquer ou souffrir un pareil arrêt, et chercher ia confirmation de ses droits et de sa légitimité dans les décisions d'un Parlement, la veille encore ligueur et ennemi. Mais depuis cinq ans, le Parlement de Paris était constitué en , corps politique ; et depuis l'arrêt du 28 juin ce corps avait dominé les autres pouvoirs publics, la lieutenaiice-générale et les États-généraux : il n'est donc pas douteux qu'auprès du peuple de Paris ses actes n'eussent une autorité supérieure à celle de tous les pouvoirs alors existants. Mais Hemi ne pouvait se servir de lui impunément et une seule fois : l'arrêt qu'il lui l^ssut rendre deveuait une confirmation, de ses attributs politiques et de sa puissance législative; le Parlement conserva pleinement ces pouvoirs jusqu'à l'année 1599.
Plus il avait d'autorité dans les afi'aires d'État, plus il était nécessaire que le roi se h&tàl de partager ce pouvoir entre des magistrats si longtemps ligueurs , pouvant redevenir si facilement hostiles, et les serviteurs éprouvés de la couronne. Même comme cour judiciaire, le Parlement de Paris ne pouvait être considéré comme entièrement reconstitué, tant que ses membres royalistes continueraient à siéger hors de la capitale. Dès le 27 mars, Henri rappela les magistrats, au nombre d'environ deux cents, qui, depuis son avènement, avaient composé les Parlements de Tours et de (Râlons, et les Cours des comptes, des aides et des monnaies. Ceux qui résidaient à Tours rentrèrent à Paris, le fidèle Harlay en tête, le H avril, et ils se réunirent à leurs collègues *.
> Arrêt du parlement de Paris dans les Anciennes lois fraoçaises t. XT, p. 8», BB, 87. — Dans les Mém. de la Ligue, t. vi, p. 85-87. — P. Cayet, 1. Ti,p. 871.
» Anciennes lois françaises, f. ïv, p. 85. — P. Cajet, I. vi, p. S75 A.
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554 UV. IV. CH. III. RETOUR DBS PAKLKIIEI(T8 BE TOUHS ET DB CHILOMS.
Le roi, dans l'intérêt de l'administration publique ti d'une sage politique, avait remis toutes les cours souve* raines en exercice dès le 28 mars. Mais les services réceots, rendus par les membres de ces cours, ne pouTaîent lui faire oublier les services anciens et remontant à son avènement. Il prescrivit à François d'O, réintégré dans , sa chai^ de gouverneur de Paris et de rile-de~Franoe par respect pour la déclaration de Saint^-Cloud, de rendrR d'inûgnes ^ particuliers honneurs aux magistrats revenant de Tours pour compléter les cours souveraines. Par son ordre, d'O, plusieurs seigneurs, les bourgeois des meilleures familles parisiennes allèrent les recevûr au Bourg-la-Reiue , et leur firent une entrée triomf^ale. Le roi, de son cAlé, en leur prescrivant d'oublier te passé comme lui, en leur demandant de l'aider à fondrê les partis contraires dans un grand parti national, leur accorda cependant le pas sur les magistrats ligueurs, et par cette marque honorifique consacra le souvenir de leur fidélité. Ces honneurs n'étaient que justice, car ils avaient donné à la France, utilement pour son salut, les plus nobles preuves de courage civil, au pris des plus durs sacrifices. Au siège de Paris, sous Henri 111, d'Espesse et La Guesle, « jugeant que la saison ne dispensait p^n sonne du service des armes, » avaient pris le mousquet, et bravé tous les dangers de la guerre : ils avwent ensuite é[nY>uvé de la part des ligueurs tout ce qa'oo peut attendre d'un parti à la fois violent et avide. De Harlay avait subi huil mois de prison à la Bastille, et n'en était sorti qu'en payant aux Seize une rançon de 30,000 Uvres du temps, environ 108,000 livres d'aujourd'hui. De Thou, échappé avec peine de Paris sous un déguisement de soldat , chassé bieutât de Chartres où il
JUGENENT SUn LA CONDUITS SS CES HACISTRATC. 565
avait cherché un asiie, perdant son nHrf>ilier à La Fère, par la révolte successive de ces deux villes, saisi dans ses propriétés à Paris, avait couru plusieurs fois danger de la liberté et de la vie dans la mission de confiance qu'il avait remplie en Allemagne, en Italie, en Suisse, pour Henri III et pour Henri IV. avant devenir défendre le pouvoir légitime au sein du Parlement de Tours. Pasquier, chargé de* fonctions de procureur-général près la Cour des comptes, au temps du plus grand désordre financier, avait lutté incessamment pour sauver quelques débris de la fortune publique, pour ménager des ressources au roi et à l'État, et il avait accompli ce devoir au milieu des plus poignants chagrins domestiques. Sa femme longtemps détenue à Paris, en haine et en représaille de la courageuse résistance qu'il avait opposée aux Ligueurs, ne le rejoignait im moment à Tours que pour mourir entre ses bras, épuisée par la captivité et par l'affliction. Des trois fils qu'il avait voués à la défense de l'ordre et du parti national, l'un lui avait été rapporté dangereusement blessé h ta jambe, l'autre avait été tué au siège de Meung-snr- Loire '. L'histoire de ces magistrats était plus ou moins celle des membres du Parlement et des autres Cours souveraines réfugiés à Tours. L'exil , la perte des biens , la perte de la famille dans le présent, dans l'avenir la privation de leur état et la proscription, si le parti conti^re l'emportait, voilà à quel prix ils avaient soutenu leur opinion et leur cause. En faisant parler le droit contre la raison et l'ambition, ils avaient défendu, presque aussi utilement que la noblesse sur les champs de bataille, l'indépendance de la France, plus encore que l'autorité du roi, contre les attaques conjurées de la Ligue, de la cour
' p. Caypt, I. VI, p. B7S A.— DeThoii,Mém.,l. iri, it, t. ïl, p. S30- SSO. — Pasquler, Letlres, t. xiv,leUre 6; I. xvi, letln S, t. ii, p. 419,
Ass, tet,
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556 LIV. VI. CH. Ul. ÉTAT DU CLBRCfi I>B PARIS SON tmaïTION.
de Rome, de l'Espagne. Les magistrats compwaot le Parlement de Cb&lons, s'étaient associés pour le salai àa pays aux idées, aux actes, aux généreux sacri&ces de ceax de Tours, et doivent être compris au même tttre qu'eux dans Tadmiration et les éloges de la postérité. La Ligue occupant encore la moitié des villes de la Champagne, ses partis battant la campagne et rendant les chemins peu sûrs, lors des lettres de rappel de Henri IV, les magistrats de Chàlous ne purent se rendre à Paris sans la protection d'une forte escorte, et se réunir à leurs collègues que le 15 mai 1594 '.
Le roi avait été reconnu par le peuple, l'Hôtel-de^ville, le Parlement; il ne lui resttdt plus qu'à obtenir l'adhésion du clei^é, pour que la soumission de tous les ordres à son autorité fût entière. Nous avons signalé précédemment et honoré de justes éloges la conduite de la partie du clergé qui, parmi les folies et les fureurs de la Ligue, était restée ferme dans la voie de l'Evangile et des principes gallicans, de l'évéque Gondy, des trois curés Benoist, Chavaignac, de Morenne, de quelques ordres reUgieux, les Génovéfains et les Bénédictins, qui avaient refusé de rien faire d'hostile contre le roi , ou qui même avaient travaillé à ramener les esprits vers lui. Si honorables que fussent ces exceptions, ce n'étaient que des exceptions; la grande majorité du clergé de Paria, docteurs de Sorbonne, prédicateurs, curés, moines, s'étaient montrés ses ardents ennemis. Quelques-uns avaient embrassé la révolte par un enthousiasme fanatique; d'autres sur l'espoir de commettre impunément tous les excès el tous les crimes au milieu de l' anarchie; te grand nombre pur dociUté au pouvoir et par obéissance aux ordres de Mayenne et du légat, ou par ambition et par avidité, car U plupart convoitaient des cures et des évèchés, et rece-
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SON EERVENT ET SA SÉCUBATION DU 8 AVRIi;.. 657
valent des pensions du parti lorrain et du l'Espagne. Pendant les derniers jours de mars, ceiix qui persistèrent dans leur- haine et dans leurs emportements , tels que Aubry et Boucher; ceux qui, indépendamment des excès politiques, s'étaient souillés de vols et de meurtres et se trouvaient passibles de la justice civile, s'exilèrent volontairement ou furent compris dans la liste des bannis. Le 22 mars, soixante sortirent de Paris, avec la garnison espagnole, et se retirèrent en J<landre sur les terres du roi d'Espagne : le 30, cent-huit bourgeois, dix curés, prédicateurs et moines des plus ardents parmi les Seize, eurent à s'éloigner temporairement. Dès lors il ne restait plus que le clergé politique ou éclairé, et la portion du clei^é ligueur qui craignait le pouvoir et qui se conduisait par son intérêt.
Rien ne s'opposait plus à ce que l'autorité de Henri fût acceptée et reconnue par les ecclésiastiques comme par les autres ordres de citoyens. Le 2 avril, la Sorbonne se rendit en corps auprès de lui. lui offrit ses hommages et l'assurance de sa fidélité. En même temps Commolet, Guincestre et d'autres prédicateurs, de ligueurs forcenés devenus tout à coup royalistes ', recommandèrent dans
• Lestoile et »od Supplément, p. iU B pour la sortie de Boucher et de aoixaDte moioes et prédicaleun; p. 1S8 B, S29, i'ifl, pour le bannissement dea cent huit bourgeois et des dix curés prédicateurs el moines ; p. 830 B pour la Sorbonne et les prédicateurs ligueurs devenus royalistes : « Ce jour, ceux de la Sorboone en corps allèrent saluer le B roy.... n leur dit qn'il avoit envie de réunir par la douceur tous ses » BubjecU, priocipalemenl ceux de l'Eglise; içais singultërement leur » corps el Taculté, tai;[uelle il houoroit et aimeroît toujours. De quoy, n meseteiirs nos maistrca s'en aUérent tort contents, disant autant de a bien de sh m^eslé, comme peu auparavant ils en avoient dit du n mal. Commolet el Inceslre (Guince$ûe) de grands ligueurs devenus n royaux, ou pour le moins Teignant de l'estre, recommandèrent Tort n en leurs sermons la personne du roy, nostre sire, principalement 0 iDcestre, qui s'esleadil si avant sur les louanges de sa majesté, •> qu'on pensoii qu'il n'en dust jamais sortir, m — Tbuainis, 1. cix, g 7, t. V, p. tiS.
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558 LIV.IV.CR. m. PALINODIE DBPLDSIBUttSPRKmCATBDRSlWULICCE.
leurs sermons sa personne, et ne tarirent plus sur sa éloges. Lie 22 avril, la Sorbonne, les quatre facultés de l'Université, les curés, les ordres religieux prèt^ent serment à Henri, et signèrent une déclaration portant qu'il était vrai et légitime roi; que tous ses sujets étaient tenus de lui obéir, quoique ses ennemis eussent empêché jusqu'alors le Saint^iége de le recevoir dans la communion de l'Eglise ; qu'ils renonçaient eux-mêmes à toute ligue et association , et qu'ils déclaraient excommuniés, coupables de haute trahison et ennemis publics, tons ceu\ qui pensaient ou agiraient autrement. Cette déclaration eut alors une haute importance, parce que les ennemis du roi s'efforçaient de peivuader qu'on ne pouvait lui obéir avant qu'il eût été al»ous por le Pape et reconnu pour fils aine de l'Eglise. Déjà un schisme éclntaît parmi le clergé, et il était à craindre qu'on ne parvint à détacher du roi les plus pieux et les plus timorés d'entre lifs laïcs. Ce danger était autant que possible {prévenu et combattu par la déclaration et par le serment '.
Quatre ordres religieux d'origine étrangère, auxquels la France avait imprudemment ouvert son sein, et qui la payaient de son hospitalité et de ses bienfaits en enlretenant chez elle la guerre civile, après l'y avoir allumée dans l'intérêt de Philippe II et des Guises, quatre ordres religieux, les Jésuites et les Capucins à Paris, les Jésuites, les Capucins, les Chartreux, les Minimes en province, refusèrent d'adhérer à la déclaration de la Sorbonne et au serment prescrit par elle. Ils dénièrent à Henri U qualité et l'autorité de roi jusqu'à ce qu'il fût relevé et admis par le pape. Henri restait donc hérétique et usurpateur, par conséquent en butte à la légitime révolte des
■ Le lexte de la dèclaralion el du sermeul àam les Uèm. de Ik Ligu#, 1. »], p. BS-BJ. — Suppl. de Lesloile, p. ISS-iSS. — P. Câvel, I. ti, p. S71-S7>.
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nËVOLIÏ PBBStSTANTE DBS JÉSUITES ET AUTRES ORDRES RBUCIEUX. 5b9
catholiques zélés ; digne de mort, comme Henri III, pour les fanatiques sanguinaires que la Ligue avait prêches et pervertis depuis cinq ans. De plus la vie du prince , tout l'ordre politique et civil de la France , dépendfùent de la décision d'un souverain étranger. Ces doctrines subversives, entretenues au sein des populations par les prédications de ces quatre ordres religieux , surtout des Jésuites, par l'autorité de leur caractère , par leur action dans le confessionnal, coniribuèrent puissamment à soutenir la Ligue dans le bas Maine, dans quelques districts de la Bourgogne, dans les parties de la Provence, du Languedoc , de la Bretagne qui suivaient le parti de l'Union. En outre elles produisirent bientôt de nou~ veaux crimes, qui compromettaient les destinées de la nation, en la déshonorant aux yeux de l'Europe entière'. Henri ne pouvait conjurer ces périls qu'en faisant valider son abjuration et son autoritéparlepape, en obtenant d'être relevé par le St-Siége, auprès de ceux pour lesquels la première loi religieuse, et même politique, étaient les décisions de la cour de Rome. Dès le mois d'octobre de l'année précédente, il avait envoyé le duc de Nevers en ambassade au pape, pour lui rendre obédience et solliciter l'absolution, liment VHI, comme ses prédécesseurs, avait été porté au Sl>Siége par la toute-puissance à
1 Thuaouâ, I. c)i, § 7, 1. v, p. SS7. u Ex sacro ordine aaii Id urbe » reâtabanl Jesuilicce «cholie sodales, ac novi in Gallia fruiciseani ca< •> pucini, qni se juriadiclioiii régis exemploa credeales, pontiAci? u QucbDiitalem expectanUorn aiebant; iaterinique precea pro rege fa- » cere aut ei Sdi;m tanquam principi legitimo addicere recusabant. h — L. cviii, g 13, t, y, p. S05. B Invidia in Je^uilas renoTata, qui non a mlnm hajva beLi eiitialis iocentores primi fuiiuent, sed etiam sacro- 11 KaQcla priocipum corpora, ii'm profanis concionibus, Eive pravee docj> trinœ vcneno, clam ptr coafasiones stcrclas in furentiunt animos a h'tIU/alo, ad cœdem promiscnam «xpoauisse jaetalHintur. » — Pour les Hinimed et les Chartreux el l'actioD de ces ordres religieux dana quelques provlncea, yoir la Lettre missive du roi du SO avril 1B9S, t. ]V, p. 3ig, et Uezt^ray, Gr. hiitoire, t. ID, p. 1146,
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