‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 27 sur 158 · LIV. I. CH. 1. NOUVEAU SOCLBVBHSNT POPULAIRE CONTRE LB ROI · texte numérisé non relu

LIV. I. CH. 1. NOUVEAU SOCLBVBHSNT POPULAIRE CONTRE LB ROI

curés et les prédicateurs excitoieot coatinuellemeot au sang et aucamage, ne leur preschant autre évangile '. »

Dans toutes les villes de la Ligue, d'un bout de la France à l'autre, les mêmes moyens employés par le bas clei^é et les moines amenèreiit les mêmes résultats. D y eut contre Henri IV un soulèvement pareil à celui qui eut lieu contre Henri UI après le meurbre des Guises. Les témoins de ce mouvement Insurrectionnel^ qui de Paris s'étendit aux provinces, le décrivent en ces termes : a Si l'on considère la Furi^ur du peuple, il se fit quasi une seconde révolte à l'avènement du nouveau roi qui demeura presque tout seul dès le premier jour, Paris, chef de la faction ligueuse, avec la plupart des Parlements et'des grosses et petites villes, u'avoient d'autres sentiments et d'autres paroles que des injures pour décrier la juste et équitable autorité de la monarchie. Le marchand quittoit son commerce pour sauter à la hallebarde, et porter son cœur et ses mains k l'injuste maintien de l'usurpation, contre toute sorte d'équité. La riie Saint-Denis avoit ses compagnies de lanciers. Ceux de Lorraine trouvèrent premièrement, pour les comraoditez de la guerre, des montagnes d'or dans Paris. Le plat pays, soub prétexte de la religion, j»)ntnbuoit de tout ce qui dépendoit du ses moyens à l'entière subversion de l'Etat *. » Tel fut le mouvement populaire que provoqua l'avènement de Henri IV du cdté de la Ligue.

Les ardents promoteurs de ces passions, les grands agitateurs du temps furent les prédicateurs- Parmi eux, les uns servaient Philippe II, tes autres Mayenne et la maison de Guise; mais ils étaient d'accord dans leur

■ L'auteur cODtemporain des Supplêm. de Lesloile , ji. 5, A, 1 édilk>D Uicbaud.

* D'ADgoulesme , Mém., t. xi, p. 76 A. — Legraio, Décad., 1. ' 1, 19S. — Michel Haraull, V dûcours, fol. I9i, recto.

HUISSANCE DES PRÉDICATBtJRS. GOUVERNEMENT DE LA LIGUE. 55

haine et daus leurs attaque? contre Henri FV, commun ennemi du roi catholique et des.princes lorrains. Hs portaient dans la chaire les événements du jour, les exposaient et les interprétaient à leur gré, en même temps qu'ils traitaient les questions théologiques. Us remuaient donc à la fois tes passions politiques et les passions religieuses. Lear autorité fut celle tout ensemble d'orateurs de clubs dans les temps de révolution, et de prédicateurs chrétiens dans les temps de la plus vive croyance. Leur empire fut sans homes sur les masses depuis 1589 jusqu'en 1 592, et les résolutions prises dans l'intérieur des villes de la Ligue le furent toutes sous leur inspiration on avec leur concours. Henri IV disait que tout son mal venait des curés et des prêcheurs. Le mot n'est que juste quand on le restreint à la persistance dans la révolte, à l'opposition opiniâtre des populations ligueuses.

Un grand mouvement insurrectionnel contre Henri de BourhoH était produit à Paris, et s'étendait de moment en momeot dans les provinces. Il s'agissait maintenant de donner une oi^anisation à celte révolte, et un gouvernement au pays en opposition avec celui du roi. Mayenne agita avec sa famille et ses conseillers les résolutions à prendre. II aspirait dès lors à la royauté, et il nourrit constamment' cette ambition. Mais d'insurmontables obstacles s'opposaient à ce qu'il usurpât sur-lechamp la couronne.

Repoussé de Tours, il avait été sur le point dé se voir forcé et écrasé dans Paris : général sage, mais malheureux, ses prouesses parlaient peu à rimagioation et laisstdeât le peuple très froid à son égard.

Un parti considérable dans la Ligue, le parti de la boui^eoisie, ou Ligue française, voulait pour roi le vieyx cardinal de Bourbon, alors enfermé à Gbinon et bientdt après à Fonteoay. Le prince était cardinal, voilà qui don-

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