‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 28 sur 158 · UV. I. CH. 1. LA LIGUE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

UV. I. CH. 1. LA LIGUE FRANÇAISE

□ait toute garantie à la religîga. Il était de la maisou de Bourbon, de la uiaison appelée au trône par la loi fondamentale de l'État, depuis l'extinction des Valois; il était dief de cette maison par ie fait de l'exclusion de Henii ; enfin il avait été recoanu pour chef de la Ligue, dès 1585 : voilà q'ji satisfaisait la légitimité, la légalité, le droit public. Enfin il était prisonnier, et souffndt pour la bonne cause, et il y avait conscience à ne pas lui tenir compte de sa réclusion comme d'une raison déterminante pour le faire roi '. Bonnes gens qui, dans les circonstances les plus périlleuses où la France eût été placée depui)^ cent soixante ans, trouvaient qu'il n'y avait rien de plus expédient que de lui donner pour chef un prêtre vieux, infirme, imbécile et captif; politiques le plus ridicnlement logiques, le plus fatalement consciencieux, que l'on rencontre dans l'histoire entière de nos révolutions. Tout«fois ils éttûent nombreux, influents, plus entêtés encore qu'aveugles. Mayenne avait donc ù compter avec eux et à les satisfaire.

Mais la considération dominante pour lui était celle des princes étrangers. Le duc de Lorraine, le duc de ^voie, Philippe II, réclamaient le bàne pour eux ou pour leurs enfants. Si Mayenne le prenait, il se faisait de ces princes autant d'ennemis, et, au lieu d'obteuir leurs secours , il avait à les combattre en même temps que Henri IV.

Dans cet état de choses, Mayenne donna pom' roi à la Ligue le vieux cardinal de Bourbon, sous le nom de Charles X. L'âge et les infirmités du cardinal devaient nécessairement ouvrir dans un prochain avenir une nouvelle succession à la couronne, et à ce moment tous les princes étrangers feraient valoir leurs prétentions demeurées intactes.'En attendant, Us avaient i combattre Henri ' Vilieroy, Mém. d'Estat,-!. si de la collect. Michaud, p. 141, Itl.

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PLAN D'U3URt>ATI0{l DE MAYENNE. 57

qui les excluait tous, et à secouiîr Mayenne qui attaquait Henri. Mayenne songea aussi à satisbire les républicains de la Ligue, en maintenant l'Union des villesde la Ligue, et le conseil-général de l'Union, auquel on devait déférer toutes les grandes questions, tous les grands intérêts. Ce conseil avait été établi après les barricades, du vivant de Henri III, et porté à quarante membres. On lui avait attribué une portion du pouvoir législatif, la connaissance et la décision des affaires d'Ltat , concurremment avec le parlement et le lieutenant-général. Les députés des villes étaient autorisés à venir y siéger et à participer au gou-" vemement du pays. En prenant son mandat au sérieux, ce corps pouvait introduire dans la constitution un élément à la fois représentatif et démocratique. 11. pouvait -aussi faire une redoutable concurrence à la royauté du

. cardinal de Bourbon et à la Heutenance- générale de Mayenne. Enânj mal composé et mal dirigé, il avait les moyens de conjurer contre l'indépendance du pays au

, protit de Philippe II : dans le principe, il présentait ce danger, car alors les Seize y siégeaient à peu près esclu-

. stvement. Mayenne, dans l'intérêt de sa puissance, bien plus que dans l'intérêt du royaume, avait déjà diminué cesdaogers : au mois de février 1589, il avait cbangé

^ la colnposition et l'esprit du conseil en le portant à cinquante-cinq membres, et en y faisant entrer bon nombre, de ses partisans ou de représentants de la Ligue ft«nçaise '. Maintenant il se flattait que leur ascendant l'emporterait sur celui des Seize restants ; que les députés des villes, arrêtés par la guerre el par les frais de déplacements, s'abstiendraient de venir siéger dans le conseil, et qu'il aurait, lui Mayenne, pour gagner les grandes villes de la Ligue, les apparences, sans avoir les embarras et les dangers d'une institution républicaine. ' p. Cajel, 1. 1, 1. 1, p. IM B, \n, 108.

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