VI AVERTISSEMENT
la convenliou du mois d'août 1593 jusqu'à la mort d'Elisabeth. Celle convention contenant déjà la clause que Henri et Elisabelh ne feraient aucune paix avec l'Espagne que d'un commun consentement, il semble que celle clause n'a élé ni la seule raison, ni peul-ëtre la raison déterminante de la Ligue d^ensive et offensive de 1596. C'est ce que nous soumettons à ceux qui ont examiné la question.
Pendant la période comprise entre le mois de février 1595 et le mois de mai 159S, Elisabeth adoptant temporairement les combinaisons étroites, tes âpres calculs du grand-trésorier lord fiurghtey, pratique et outre contre nous la politique de l'intérêt privé. Ce ne fut heureusement entre les deux nattons qu'un conDit sans consistance et sans durée. En considérant, non une partie, mais l'ensemble des rapports de l'Angleterre avec la France, à la fin du xvi« et au commencement du xvii* siècle, l'on trouvera d'abord que l'Angleterre a noblement aidé la France au moment le plus critique de sa fortune, de 1589 à 1594, protégeant ainsi à la fois notre indépendance, l'indépendance de tous les Étals de l'Europe, la liberté religieuse menacée dans les réformés français. L'on reconnaîtra ensuite qu'à partir de ICOO, revenant à la désirable entente entre les deux pays, elle s'est mise de moitié avec Henri IV et la France pour l'abaissement des deux branches de la maison d'Autriche, pour l'établissement de l'équilibre européen. Le grand dessein, dans son idée première, dans sa partie pratique, remonte à Elisabeth aussi bien qu'à Henri IV.
Ces explications données sur les rapports internationaux, et sur l'esprit dans lequel nous les traiterons, qu'il nous soit permis de faire connaître la méthode que nous avons suivie, les secours dont nous nou^ sommes entouré pour la composition des frs^menls d'histoire que nous ajoutons aujourd'hui à notre composition première. Nous ne citerons qu'un exemple.
Notre récit des défenses de positions, des balailtes, des sièges
AVERTISSEXEnT. VU
diffère essentiellemenl de celui des historiens modernes, et mËme dans une mesure considérable de celui des historiens du xv!" siècle. Dès que notre travail s'est porté sur ce sujet, nous nous sommes convaincu que l'exposé vrai des Taits militairesdece règne était à refaire après les historiens contemporains de Henri IV, et qu'il y avait moyen de le refaire. L'assertion qui peut surprendre, se justifie complètement par un fait. A câté des historiens ofBciels, écrivant dans leur cabmet , loin de l'action et de son théâtre, avec plus ou moins d'intelligence des choses de la guerre, il y a des hommes, témoins et acteurs dans toutes les grandes journées de ce règne, qui ont écrit sur tout ou partie de ces actions des lettres, des discours, des mémoires, subsistants aujourd'hui. En comparant les uns avec tes autres, on se convainc bien vile que les historiens du zvi» siècle sont des guides insuffisants; qu'en fournissant çà et là quelques précieux détails, ils sont loin de donner l'ensemble, et surtout le fond des choses; que pour trouver la pensée militaire, et bon nombre de détails, parfois les plus importants, il faut les chercher chez ceux qui ont donné leurs impressions et leurs souvenirs,5ans faire métier d'écrire. Deux raisons ont empêché les historiens du svp siècle de profiter des secours que leur fournissaient les volontaires de l'histoire. D'abord ils n'ont pas eu à leur disposition une partie considérable des documents que nous venons d'indiquer, les uns n'ayant vu le jourque longtemps après eux, les autres même que de notre temps. En second lieu, ils n'ont fmt souvent qu'un usage incomplet de ceux qu'ils ont consultés, y ont laissé ce qui s'y trouvait de plus important. Henri IV, pour les combinaisons de la grande guerre, comme l'ont reconnu les écrivains militaires postérieurs ; pour l'emploi des ressources que fournit le génie militaire, pour l'emploi plus Étendu de l'artillerie à chaque campagne, comme tes faits se chaîneront de l'établh', était tellement en avance sur les gens de son temps en France, que les historiensdu xvi^ siè-
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