‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 52 sur 158 · COMMANDÉE PAR LB MARÉCHAL DB BIRON · texte numérisé non relu

COMMANDÉE PAR LB MARÉCHAL DB BIRON

expérimenté qu'intrépide. 11 l'aborda et lui dit avec la familiarité militaire : « Eh bien, vieil hérétique, voici la B première bataille où je me sois jamais trouvé, et pour n vous, vous en avez souvent déjeuné; qui est-ce qui a » gagné la bat^lle? » Il lui répondit : « La bataille est » perdue pour le roi, mais si Dieu nous l'a conservé, » nous sommes assez heureux. » Duplessis-Momay, qui combattit à Ivry, met les choses au moins aussi bas que FouqueroUes, quand il dit : « En tout cela l'ennemi eut » toujours l'avantage, si évidemment que la France se » vit presque renversée. » Le roi ne porte pas un autre jugement sur cette première partie de l'action : il écrit le soir : « La bataille s'est donnée, les choses ont été en n branle <. » La tactique et les dispositions de Mayenne l'emportaient en cet instant : la supériorité numérique, le système des gros escadrons, l'effet des I<mces semblaient devoir triomplier. Mais les combinaisons du roi ne tardèrent pas à reprendre l'avantage, et après l'avoir saisi avec peine, elles iie le perdirent plus.

L'action de la réserve, confiée au maréchal de Birou, intervint la première dans les événements pour en changer le cours. Le roi, en prévision des rêvera passagers, l'avait rendue très-forte dès le principe, et l'avait encore accrue en cavalerie, en ordonnant aux renforts de Picardie, amenés par d'Humières et de Uouy, de s'y joindre. Le maréchal de Biron envoya d'abord d'Humières avec un détachement au secours des cbevau-légers en péril : cet officier rallia deux cents d'entre eux, le comte d'Auvergne et Givry les autres. Biron se porta ensuite sur les points menacés et contre les ennemis victorieux, avec le

' Jouroal de la Curée, dans le manuscrit Toi. 49, 90, dons l'imprimé p. 114. — Dupleeùs-Mornaj, Mémoires, t. iv, p. 475. — Lettre du roi aa duc de L^nguerille, écrite le soir du 14 mors. Lettres iniasiv., t. m,

J.,r,l,z<,.f,C00gIf

212 UT. H. CH. I. LE ROI ATTAQtlE LE CENTHE DE l'aRMÉB ENHEIR.

gros de la réserve, marchant en masse serrée et dans un ordre admirable. Son arrivée frappa de stupeur le comle d'EgmoDt, dont l'inexpérience égalait la témérité, et qui ne s'attendait à rien de pareil. Il se retira en déstwdre avec ses wallons et ses lansquenets, vers le gros escadrau de Mayenne, dont il était parti. L'artillerie royale fat reprise et remontée : les corps du duc de Montpensier, du baron de Bîron, du maréchal d'Aumoot se reformèrent et se raffermirent, et furent bientôt en état, avec les chevau-Iégers remis en bataille, de passer d'une pénible défensive à l'attaque '.

Le principe de ralliement et de soutien, tant recommandé par le roi, l'habile manœuvre du maréchal de Biron, avaient rétabli le combat à l'aile gauche de l'armée royale. Il s'agissait maintenant de décider la victoire, et dans le plan de Henri, eUe dépendait de deux choses : de la destruction successive des divers corps de la cavalerie des Ligueurs; d'une attaque décisive et heureuse contre le centre de leur armée, qui coupât leur ligne en deux. Le roi, à la tète de son escadron, marcha contre celui de Mayenne. Avant de prendre son casque, il dit aux siens : a Mes compagnons. Dieu est » pour nous . voici ses ennemis et les nôtres, voici votre 0 roi. A eux. Si les cornettes vous manquent, raUiez- » vous à mon panache blanc, vous le trouverez au cbe- » min de la victoire et de l'honneur *. » Avec de tels mots, on fait tout des Français; et si, parmi les compa-

' Jouroal de La Cur^c, dans le maouacrit fol. GO reclo et yerso, àtoi l'imprimé, p. lli. « Novs vjsmes l'escadron du comte d'Egmool qui D avoit (1odq6 josques b iiosire cbdod, et qui ayant trouvé M. le mi- H reschal de bItod, qui commandait la troupp de conserve. i'et(oi>«^ B et le retira en désnrdre. •> — Lettre de Bîron à Dn Haillan, p- f a Les enuemis actionnèrent de me voir toujours marcher fennt w ■ eux, tn gros osl, qui leur Bt perdre l'eapérance de la victoire. ■ - Pour d'HiimiCres, voir Matthieu, p. B3.

* D'AubiguÉ, t. III, 1. m, li. S, p. 331.

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