‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 54 sur 158 · SS LIT. H. CH. 1. LE ROI ET MRON POURSUIVENT LA CAVALEBIB · texte numérisé non relu

SS LIT. H. CH. 1. LE ROI ET MRON POURSUIVENT LA CAVALEBIB

n était deux heures, et la victoire était acquise sur tous les points. Le roi, sans perdre un moment, se mit en devoir de la poursuivre avec le gros de son armée, et d'en tirer tous les avantages que le général le plus habile et le plus actif pouvait s'en promettre. Il prit toute la cavalerie, remplissant les vides que la bataille y avfût faits avec les troupes de Picardie, les compagnies de d'Humières et de Mouy, arrivées au commencement de l'action, n remit l'infanterie entière au maréchal de Biron, avec ordre de le suiyre d'aussi près que possible, puis à la tète des princes et des grands seigneurs, il se précipita à la poursuite des ennemis, en se dirigeant vers le bourg

les Lettres missiv., t. m, p. ISS. - Pasquii-r, Lettres, h Iiv, lettre 10, col. iîG. — Lettre de Biron à dnRaillan, p. 1T6. — Au sujet des préoccupations du roi dans aa conduite avec les Suisses de la ligne, voici ce que téinoiiZDenl le Discours véritable et Matthieu. « Sa Majesté le rM- II souvenant de l'ancienne amilié et alliance que la nation des Suisses a B de tout temps eue avec cette couronne, se contentaj les ayant ren- ■ voyéfl au sieur mareschal de Birou, de leur faire grâce, et au lieu de I) leur envoyer la mort, comme elle pouvoli taire, elle leur envoya la » vie. •> — «Le roy se souvenant de l'alliance que les Suisses anoient a à la couronne, et voulant triompher de soi-mesme, comme de ses » ennemis, le* receut, se contenta de leur voir mettre bas les armes. ■

— Pour le mot du roi au milieu de la mêlée, voyez Pasquier et Hat' tbieu : <i Est une cbose vraiment diiine de nostre roy que dans la 11 mesièe il avoit ceste parole souvent à la bouche : que l'on épar- Il guast le sang des Français, le plus qu'il seroit possible. — Si est-il » vToy que ces paroles feurent entendues et louées des ennemia me»- II mes: Tue l'étranger, sauve le François! »— Pour les vingt enseignes ou compagnies de Tanlassins rrançais sauvées de la destruction, voici ce que dit Bïron dans sa lettre à Du Haillan : u Vingt-quatre eoseia gnea de Suisses se rendirent à moy.... L y eut vingt enseignes de Il gens de pied françois qui en feirent de mesme , qui les Dan- » quoienl. » Lettre circulaire du roy sur la batailla d'Ivry, t. m, p. 165.

— En ce qui regarde les divers corps employés par le roi pour la deslniclion de l'infanterie des Ligueurs, le Discours vérilable, après avoir indiqué les troupes de cavderie, ajoute: « Sa Majesté, avec cetlfi n ralliée, qui grossit en un instant, alla truuvcr le maréchal de Biron n qui étoit demeuré ferme avec la troupe de conserve. ., Il avoît ilëune u fois proposé de rompre les Suisses par l'infanterie fraofoite de main n droite, qui n'avoit point combattu. »

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ILS EN DÉTRUISENT DIVERS C0BP8 I«PinS IVH1 JUSQU'A R08NV. 223

d'Ivry. n avait quelque espoir d'y atteindre Mayeime. Mais le duc avait profité du temps qu'avait emporté la capitulation des Suisses, et organisant, non une retraite, mais une fuite, il avait passé l'Eun; avec huit ou neuf cents chevaux restés ensemble, et .rompu le pont après lui. Une partie de sa, cavalerie, et notamment le corps presque entier des reîtres, qui s'étaient retirés à l'entrée du petit bois, arrivés trop tard pour suivre Mayenne, étaient accumulés dans Ivry. Le gué d'Ivry était trop dangereu}^ pour qu'on le tentât sans un évident péril, et si l'Eure était en cet endroit un obstacle pour la cavalerie royale, elle était pour les vaincus une barrière infranchissable : ils ne pouvaient guère échapper à leurs ennemis. Le roi manda au maréchal de Biron de faire doiibjer le pas à ses fantassins, et de se porter sur le bourg, h marche forcée. Pour lui, U alla chercher avec la cavalerie, le gué praticable d'Anet, à une hene et demie de là. Biron arrivé rapidement à Ivry, attaqua les reiti-es et les débris de divers autres corps ligueurs : tout ce qui ne périt pas en se défendant, alla se noyer dans l'Eure et dans un mare- ' cage voisin de la rivière : il y eut plus de sang répandu dans cette action que dans la bataille même. Henri, malgré le long détour qu'il avait été contraint de faire, trouva encore les chemins bordés de ceux des fuyards qui avaient été les moins diligents. Les uns se rendirent à discrétion : les autres voulant chercher un refuge dans les bois, tombèrent à la merci des paysans, qui leur furent plus cruels que n'étaient les gens de guerre, et ne leur firent aucun quartier ; vengeant sur eux les déprédations de la veille, ou s'assorant leur dépouille par leur mort. Le roi les poursuivit iusqu'.à Rosny, à huit lieues du champ de bataille et jusqu'à neuf ou dis heures du soir : quand il s'arrêta, il était depuis plus de douze heures à cheval '. ■ DUconn vétiUble, p. 146, 2iT. — ThiuDiii, t. icvii, § 10, p. Us,

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ta UV. H. CH. t. PERTES DE L'aRHÉB DE U LIGUE.

Les historiens contemporains supputent d'une maDière différente le nombre des soldats de la Ligue tués sur le champ de bataille ou noyés à la journée d'Ivry : le chiffre le plus bas, est 2,600, le plus élevé, 6,000 ; le plus vrai, peut-être 4,000 '. Le nombre des prisonniers fiit considérable et doit être ajouté à la perte de l'ennemi. De la cavalerie, qui avant l'action montait àquatre mille chevaux, deux mille k peine échappèrent. L'infanterie fut entièremeut détruite: une partie fut taillée en pièces, une autre capitula, une dernière se dispersa sans retour. Toute l'artillerie, tout le bagage militaire tombèrent au pouvoir des royalistes, qui firent en outre un butin immense, et aux mains desquels restèrent vingt enseignes de cavalerie et soixante d'infanterie, sans les vingt-quatre que le roi rendit aux Suisses : dans le nombre étaient la cornette blanche de Mayenne et le grand étendard rouge du général des Espagnols et Flamands. Plusieurs des principaux cheh ligueurs, étrangers et indigènes, le comte d'Egmont, Eric bâtard de Brunswick, d'Arconat, et avec eux quelques sei- ' gneursfrançaispérirentdans l'action. D'autresfurentblessés et faits prisonniers : le comte d'Ostefrise, colonel des reitres, Boîsdauphin, Fontaine-Martel, Medavy, Thenissé,

849. — Lettre de Biron ft du Haillan : o Le roy, voyant le pont eassé, » alla h Anet passer la rivière d'Eure, et me manda que je Ûeae hflter H les gêna de pied, pour aller dana le bour^ d'Yvrj. Ce qui toi n promplemenl eiAcuté, et (je) peaee qu'il j rust tué 4DD bommea de B cheval, n — Deux lettres de ReDii IV anoonçant à ses servilenrs In victoire d'Ivr;, sont datées du 14 mars à neur et dix heures du soir. C'est doDc à cette heure que s'arrêta la poursuite des ennemis. U y a sans doute une laute d'impression dans le texte de Matthieu, p. 34, et il tant lire dix heures au lieu de deux heures de nuit. — Lettre dn comte de Saint-Paul, p. S. « Nous poursuivîmes la victoire jusqu'i fl Mantes, à huit lieues du champ de bataille, d

' D'Autiigné, t. III, 1. iii, c. 5, p. 332, réduit le nombre des faommpo tufa ou noyés du c*té de la Ligue, à S,600. Davila, 1. xi, t. ni, p. 41, l'élève & B,0OO. Henri IV, dans sa lettre circulaire, t. m, |>. 166, et le Discours véritable, p. tiS, le port''n[ à 4,000 environ. Il but mettre les prisonuiers en deliora de cette suppulotion.

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