‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 64 sur 158 · I. CB. II. PARIS BAVITAIIXB · texte numérisé non relu

I. CB. II. PARIS BAVITAIIXB

levé son siège, venoît au-devant de luy, et n'avoit laissé aucunes forces auprès de Paris '. » Sully (émoigoe absolument comme Villeroy, sur la faute comoiise dans le choix de la position de Gfaelles, et le retrait du corps de cavalerie que l'on devait laisser sous les murs de Parts pour intercepter les communications de cette ville avec le dehors. H nous apprend de plus que cette faute fut imposée au roi par la violence morale que Biron lui fit, à lui et à son conseil *.

Les vices du plan d'opérations qu'on avait adopté éclatèrent dès le premier moment. Âussitdt que le roi eut retiré ses Iroupes de devant Paris, les gouverneurs des villes de la Ligue y firent entrer des provisions du côté du quartier de l'Université Le lendemain de la levée du blocus, le 30 août, le r^ouvemeur de Dourdan envoya ime grande quantité de vivres. Quatre jours après, mille charrettes, parties des environs de Chartres et chaînées de blé entrèrent dans la ville *. Dès lors Paris fut ravitaillé et tiré des extrémités auxquelles il avait été réduit jusqu'alors.

La seule chance qui restât au roi de s'en emparer était de vaincre le duc de Parme en bataille rangée ou de le contraindre à sortir de France, et de retomber ensuite avec toutes ses forces sur Paris, privé désormais de tout espoir d'être secouru. Les moyens ne 'manquaient pas k Henri pour atteindre ce but, puisajuc son armée, composée de vingt-cinq mille soldats d'élite, la plus belle qu'on eût vue en France de mémoire d'homme, était bien su-

> Villero?, Apol. el Disc, t. xi, p. 160 A, II. •

' Sully, CEcon. roy., c. îi, p. Si li. « Deux-jour^ après, les noetres » quitlèrenl le logis de Oaje mesme, (/uoi'iik ce fût cantrt l'opinion D du Roy, el de piufiews de $ts vieux serviteurs. Mais le mareschal de » Biron s'en fil croire, et coiid4<illB de prendre le logeiDeut de Cbelles, > comme beaucoup plus odTantageui. n

» P. Cayet, 1. u. p. 8(7, A, B.

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DÉPART DK LA NOBLEBSE. LE ROI FORCÉ DE DCSSOUDRE SON ARMËE. SiS

périeure à celle de Famèse, surtout en cavalerie, et qu'elle frappa le duc lui-mèrne d'étonnement et d'apprébension '. Du 1" au 10 septemhre, le roi essaya de l'attirer à une bataille, une première fois eu envoyant le comte d'Auvei^e et le baron de Biron attaquer ses lignes ; une seconde fois en menaçant Paris : h cet effet, il conduisit son armée dans la plaine de Bondy, et fit tenter une escalade de nuitparChastillon contre la porte Saint-Marcel. Le duc se refusa à un combat, se tint retranché dans une position inexpugnable, et le 7 septembre prit sous. les yeux de Henri la ville de Lagny, dont l'occupation lui livrait le cours de la Marne. Mais Farnèse ne pouvait deineurer dans les marais voisins de Chelles sans périr, n fallait de toute nécessité qu'il acceptât plus tard ta bataille qu'il refusait maintenant, ou qu'il fît retraite. Dans le premier cas, la supériorité des forces de Henri ne rendait guère le succès douteux ; dans le second, le départ des Espagnols lui livrait Paris. Il s'agissait uniquement, pour le roi, que son armée restât en corps et tint ferme pendant un mois. La déplorable indiscipline de ses serviteurs tira d'un seul coup son ennemi des plus redoulahies dilEcullés, et lui enleva à lui-même sa dernière chance de réussite. I.es gentilshommes, qui servaient à leurs frais^ avaient épuisé leurs ressources : prêts à affronter la mort au jour d'un combat, ils refusaient de subir les fatigues d'une guerre, même courte, ajoutées sans interruption aux fatigues du blocus. Ils exigeaient impérieusement la batmlle sur-le-champ ou le départ. Pendant les dix jours que l'on resta en présence de l'ennemi, la défection commença dans le camp royal. Vainement il leur fut représenté qu'ils avaient devant eux l'Espagnol qui, depuis le temps de Charles-Quint, depuis soixante ans , complotait tantât par la force , tanldt par les in-

' P. Cajet, I. II, p. ï(» A.

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250 LtV. a. CH. 11. PARIS DCLIVHÉ. ACCESSION DBB DEMflEBS HEDTRKS

tngiieSila ruine delà France, et qui àprésenteavahî&sait son territoire. Vcùnement il leur fut demandé avec piiîsBS, . avec supplications, de ne pas Refuser au roi et à la p^rîe les moyens de récraser. Henri ne put obtenir d'eux cet acte ^e patience, de constance guenière, de dévouement, n fallut qu'il accordât un congé qu'on voulait prendre , qu'on prcAait déjà. Le 11 septendffe, il divisa l'armée en deux parts. Il renvoya dans leurs provinces tous les chefs non soldés, les gentilshommes avec les hommes de leur suite, qui partirent pour la Touraine, le Maine, l'Anjou, la Normandie, la Picardie, la Champagne, la Boulogne. Quant aux troupes soldées, il en garda un corps auprès de lui, et distribua la masse en fortes garnisons dans les villes voisines de Paris : Melun, Corbeil, Senlis, Meulan et Mantes. Cet emploi de ses forces devait servir aux projets ultérieurs qu'il substituait déjà dans sa pensée a ceux que ses serviteurs, plus encore que la Ligue et l'étranger, venaient de fùre échouer si malheureusement

Ce qui suivit consolida les avantages obtenus par l'ennemi. Mayenne entra, le 17 septembre, avec des troupes dans Paris. Le duc de Parme prit successivement Sainte Maur, Charenton, Corbeil (16 octobre). L'occupation de ces places, après celle de Lagny, achevait de dégager Paris, et de lui rouvrir la navigation de la Marne, de la Seine et de l'Yonne. Corbeil et Lagny furent repris par les royaux ; le duc de Parme fut harcelé par le roi dans sa retraite en Flandre, qu'il opéra du 1" au 29 novembre, sans que ces événements secondaires altérassent les grands résultats acquis. Ce qui restait, c'est que Farnèse, usant de temporisation, et profilant des vices de l'armée royale, avait délivré Paris sans perdre un homme, . avait arraché des mains du roi cette ville qui, dans quatre jours au plus tard, se fût rendue à Henri, par l'extrême famine dont elle était pressée; c'est que le duc, sans bou-

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