‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 65 sur 158 · KOBILB DE LA CONDUITE DU · texte numérisé non relu

KOBILB DE LA CONDUITE DU

ger du poste choisi par lui, avait amené la dispersion de l'armée royale '.

Devant ce résultat disparaissaient les avantages partiels, obtenus sur les divers points du territoire. Yainement te duc de Nevers, le duc d'Ëpemon, le Parlement de Bordeaux, décidés par la victoire d'Ivry, passaient de la neutralité au parti royal ; vainement, en constituant ce parti dans le Nivernais, l'Angoumois, la Guienne, ils retendaient à toutes les provinces : le roi, reconnu partout, était contesté et combattu partout.

n est nécess^e d'examiner avec quelcpie attention et de juger la conduite du chef royaliste qui ménagea au duc de Parme tous les avantages qu'il obtint, et qui devint ainsi le véritable auteur de ta délivrance de Paris. Birun n'était pas homme à choisir, par cireur et par ignorance, le poste de Ghelles au lieu de celui de Claye. Quand usant de son autorité sans bornes dans le Conseil et dans le parti royal, il violenta Henri au point de conduire malgré ce prince l'armée à Chelles, il savait parfaitement iguelles seraient les coiiséquences de cette déplorable manœuvre. Le roi n'avait pu satisfaire les prétentions mises en avant par le maréchal au camp de Saint-Clond, et lui abandonner le Périgord en toute souveraineté : il lui avait remontré qu'il serait contraint de faire une pareille concession à tous les grands seigneurs, et que le royaume serait dès ce moment déi^hiré en morceaux. Déçu dans son espoir et dans son ambition, Biron avait juré dès lors d'éterniser la guerre qui le rendait l'homme le plus puissant du royaume, et d'empêcher le roi d'obtenir aucun

1 Pour ces troU paragraphes, LeUres muaives de Benri [V, des B, 7, il septembre; 10, IS, S7, S8 novembre, t. III, p. S(5-ÎB0, «7,- Î98, 306-308. — P. Gajet, 1, u, p. US A, â(7 B, î(9 B, Î5Î. — Villeroy, Apol et Disc., p. 160 B. — SuUy, flEcon. royal., c. 31, p. 81 , ai. — Héieray, t. m, p. S>6-8;j8.

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252 LIV. 11. CH. II. CONSéQUBNCBS DE Là DÉLIVRANCE DE PARIS.

avantage décisif sur les Ligueurs et sur les Espagnols.

Paris manqué et l'armée royale dissipa, la Ligue se trouvait remise sur pied j l'établi^ement de rautorit« de Henri ajourné d'une manière indéfinie, la France rejetée dans les dangers d'une guerre civile et d'une guerre étrangère à la fois, où son indépendance, son existence même étaient mises en jeu. Au milieu de l'irrémédiable afiaiblissement, résultant pour elle de cette double lutte, Philippe n pouvait, sans trop de témérité, tenter de la subjuguer et de la réduire en province espagnole. Déjà il entamait son territoire à l'ouest et au midi, tandis que son lieutenant Fàmèse promenait une armée espagnole du nord jusqu'au cœiu' du royaume, reconnaissait et marquait les provinces pour la conquête.

Dès la lin du mois de mars, tous les chefs des rebelles voyant la force militaire de la Ligue détruite par les défaites d'Ivry et d'Issoire s'étaient, à l'exemple de Mayenne, tournés vers l'Espagne, pour soutenir leur parti et leur misérable autorité. Philippe II s'était hâté d'entrer dans le royaume par toutes les portes qui lui étaient ouvertes. Sûr )a demande de Joyeuse -et des Etats de la Ligue, assemblés à Lavaur, lesquels dominaient à Toulouse et 'dans le Languedoc occidental, six mille espagnols et wallons avaient envahi le Languedoc et pris dix-neuf petites places. Montmorency, le gouverneur royal de la province, manquant de forces suffisantes, n'avait pu ni les combattre ni arrêter leurs progrès (avril-septembre 1590). Les maladies contagieuses avaient emporté la moitié de ces étrangers ; mais ils restaient assez nombreux pour former à Philippe II un établissement dans le paj's, et pour favoriser la descente des corps de troupes qu'il enverrait plus tard '.

En Bretagne, Mercœur, parent de Mayenne, pressé par

< D. VB)B8«tte, Histoire gén. de Languedoc, t. ILI, U t, p. iiS, 4M.

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