XX PRÉFACE
même, comme il arrive à tout changement de dynastie : ses ennemis attaquaient son droit de succession, mfime sous le rapport civil et politique. Us soulevaient contre lui les masses, en leur inculquant et en passionnant chez elles deux idées également fausses : la première, qu'un hérétique était incapable de la royauté ; la seconde, qu'il n'userait de son autorité que pour détruire le catholicisme. Ainsi, ni la légitimité, ni iSisurpatioD et la révolte ne pouvaient donner à la France l'unité d'autorité et de domination. Le pouvoir souverain, le pouvoir central et réglant, divisé, armé contre lui-même, au lien de fortifier et de contenir à la fois les autres pouvoirs, de maintenir l'ordre et la paix publics, n'engendrait que la guerre civile.
Après les rois, venaient dans l'ordre de puissance, les grands seigneurs, très difTérents du corps de la noblesse, et les Parlements. Hais le pays n'avait rien à attendre et tout à redouter d'eux pour son salut. Les grands seigneurs, les uns investis du gouvernement des provinces, les autres détenteurs de domaines immenses, avaient dès le temps de Charles IX résolu de rétablir l'ancienne féodalité, les uns en se rendant propriétaires des gouvernements où ils avaient commandé jusqu'alors comme olliciers de la couronne, les autres en convertissant leurs grapdes terres en principautés semblables aux principautés allemandes. Déjà ils avaient pris les tailles, l'autorité absolue sur les Etats provinciaux, le commandement militaire. Dans les quatre jours qui suivirent la- mort de Henri 111, l'un des grands seigneurs se faisait céder par le nouveau roi Henri IV le Périgord en toute souveraineté; un Second appartenant au parti catholique, reconduisait dans son gouvernement d'Angoumois et de Sainlonge sept milledeuic cents soldats qui ne connaissaient d'autre autorité que la sienne; un troisième, celui-là était calviniste, ramenait dans ses 4*)maines de Poitou neuf bataillons de réformés, abandonnant le roi au milieu des périls qui le pressaient. L'œuvre de quatre siècles, l'unité territoriale et l'unité nationale étaient menacées d'une prochaine destruction.
Les conseillers du Parlement de Paris transféré à Tours, et formant le plus grand nombre de beaucoup des magistrats de
^oiizccbvGoogle