‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 4)Chapitre 77 sur 158 · N) UV. U. CB. IV. ASSASSINAT DB BUISSON, LARCBER, TARDIF · texte numérisé non relu

N) UV. U. CB. IV. ASSASSINAT DB BUISSON, LARCBER, TARDIF

qu'il avait conseillés. Le 14 novembre, pendant la nuit, ils prirent leurs dernières mesures. Le 15, ils arrêtèrent le président Brisson et le conseiller au Parlement Larcher, au moment où ib se rendaient au palais, le conseiller au ('hàtelet Tardif dans sa maison. Ils les conduisirent au petit Châtelet, et après avoir formulé contre eux ud jugement dérisoire, ils les pendirent à une poutre. Le lendemain 16, ils conduisirent, à quatre heures du matin, les corps à la Grève, et le^ attachèrent à une pot«ice avec des écriteaux portant qu'ib étaient hérétiques, traîtres  la ville, ennemis des princes catholiques.

Depuis l'origine de la révolte contre Henri Itl, le Parlement n'était plus seulement un corps judiciaire : c'était de plus un corps politique qui, par ses arrêts, avait prononcé sur les plus importantes questions de droit public, sur la succession à la couronne et 1^ souveraineté. De Thou et Villeroy témoignent, qu'après avoir supplicié les trois magistrats, les Seize devaient changer et cribler le Parlement, en dresser un à leur ni^de; se servir du nom et de l'autorité .de la nouvelle compagnie, pour révoquer les pouvoirs de Mayenne, à l'arrivée du duc de Parme en France , disposer à leur gré de l'Etat, et appeler le roi d'Espagne .^ la couronne. Ils ne doutaient pas que toutes les villes du royaume ne suivissent l'exemple de la capitale, dont la révolte avait entraîné celle de la France. L'attentat des Seize était le prélude du massacre géoéral de la classe moyenne, et le premier acte d'une révolution conduisant à l'esclavage.

Dans l'envahissement des pouvoirs publics, les Seize avaient commencé par la justice et la grande moitié du pouvoir législatif. Pour être maîtres Je la situation, ils n'avaient plus qu'à se rendre maîtres de la force publique, et ils tentèrent activement de s'en emparer. L'assassinat des trois magistrats n'avait été qu'une surprise,

raOVOCATtON h UN SOULÈVEMENT GËKÉRAL. 291

qu'un guet-apens. Aucun corps, aucune partie considérable de la force armée que Paris renfermait alors n'y avait concouru. Sur les quarante mille hommes que comptait la garde bourgeoise, les chefs des Seize n'avaient été aidés que par trois cents sicaires, appartenant à quelques compagnies dont ils étaient capitaines ou lieutenants, et recrutés parmi les hommes les plus vils et les plus scélérats. La garnison espagnole était restée dans ses quartiers. Ce n'était pas avec une poignée de brigands que les Seize pouvaient dominer Paris, et y établir la royauté de Philippe II. Aussi essayèrent-ilsdesedonner une force véritable, en excitant une insurrection générale parmi le peuple et en formant une armée, et s'ils ne parvenaient à enb'^ner à eux par leur victoire la garde boui^eoise, en la réduisant à l'impuissance sous l'effort de juasses.

Quand le jour fut venu, la foule s'assembla sur la place de la Grève pour voir le nouveau et horrible spectacle que lui donnaient les che& des Seize. Bussy, après avoir répandu ses complices parmi la multitude, se mit eu devoir de l'ameuter. U leur dit que les trois suppUciés étaient des PoUtiques et des tr^tres qui avaient vendu la ville à l'hérétique, et lui avaient déjà livréla porte Bussy. Il ajouta que s'ils voulaient le suivre, le soir'ce serait fait de tous les mauvais citoyens, et que Paris serait net de traîtres; qu'il en avait la liste, et qu'il connaissait les maisons où ils auraient du bien à bon marché; qu'entin s'ils ne prévenaient leurs ennemis, leurs ennemis leur couperaient la gorge. X^es alfidés de Bussy répétaient partout les mêmes discours : tous, ensemble épuisiuent auprès de la multitude ce qu'ils jugeûent le plus propre à l'émouvoir au sang et au pillage, et à délârminer une sédition.

Mais ce jour, le peuple fut divinement éclairé par le

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