S LIV. U. CH. V. FAHKÈSE PASSE LA SEINB. LB ROI TRAHI SANS CESSE
sommé, il avait jugé que c'était fait de lui et de son armée, s'il De parvenait à échapper à un adversaire tel que Henri , et depuis huit jours il avait préparé ses moyens de retraite. Dans la nuit du 1 6 mai, il construisit en face de Caudebec un pont avec les bateaux qu'il avtdt fait descendre de Rouen, transporta ses troupes sur Iariveoppo> sée, rompit le pont, et mit ainsi entre lui et Henii la Seine, qui en cet endroit n'est plus un fleuve, mais un bras de mer. Le roi assura à son conseil que rien encore n'était perdu pour la destruction de l'ennemi, si l'on voulut précipiter 6,000 cavaliers vers le Pont-de- l'Arche, harceler les Espagnols et les Ligueurs épuisés par la fatigue, la faim et les combats, et donner le temps au gros de l'armée royale de les joindre pour les exterminer. Toutes les mauvaises raisons qu'on lui opposa étaient réfutées par le fait que Souvré, avec un corps de cavalerie, en suivant la route indiquée par Henri, avait joint l'ennemi et l'avait combattu avec avantage. D'un autre cdté, ces misérables prétextes pouvaient être surmontés par un acte énergique de la volonté royale. Mais les ambitieux qui voulaient éterniser la guerre pour se perpétuer dans le commandement, et les catholiques passioimés mirent ordre à ce que cette volonté, si elle se produisait, restât impuissante. Renouvelant une pratique dont ils avaient déjà usé deux ans auparavant â Mantes, ils excitèrent les Suisses à exiger impérieusement leur solde avant de marcher, et ils refusèrent au roi l'argent indispensable pour les satisfaire. P^irmi ces embarras et ces trahisons, Henri perdit le moment utile de la poursuite, et la dernière chance de la victoire.
Farnèse put gagner Paris, et de là ramener en Flandre son armée, diminuée du reste de 7,000 hommes. C'est Sully, témoin de ce qui se passa au camp royal dans cette mémorable circonstance ; ce sont Mézeray et Péréfixe,
ÉTAT DE LA FRANCE APRÈS tB VAIN SIÉGB DE ROUEN. 317
placés si près pour recueillir les témoignages des contemporaÎDS, qui fournissent les détails que nous venons de reproduire, et qui montrent comment les chefe royaux parvinrent à faire avorter les admirables combinaisons et les prodiges d' activité de Henri '
Famèse. défait en toutes rencontres et blessé, avait été contraint à la retraite, ou plus exactement à la fuite : le territoire était momentanément délivré de l'invasion de l'armée espagnole, dont près de la moitié avmt été détruite. C'étùt à ces incomplets et insuffisants résultats que se bornait tout l'effort de cette gueire. Le roi avait espéré, justement espéré, « qu'il feroit perdre aux Espa- » gnols le chemin ou l'envie de plus venir troubler et ra- » vager le royaume ; que la campagne d'Yvetot seroit un » coup de partie pour la- France et pour lui-même *. » . Ces espérances étaient renversées, ce coup de partie perdu. Ses généraux et ses serviteurs, ou ceux qui se dî- 'saient tels, avaient fait échouer le siège de Rouen , comme ils avaient fait avorter le blocus de Paris. La Ligue demeurait debout ; toutes les grandes villes, toutes les capitales de provinces, au nombre de vingt-quati-e,
< Ponr les quatre derniers paragraphes, leUre» musives des 1", 5,
7, 11, IT mai, t. [Il, p. 61!, 625, 617, 618, 631, GSi, 637. — A la date (lu 17 mai, Henri iuiliqtie comme accompli le passsf^e de la Seine b Caudobfc par Famèse. Cela est conSrmè par Leeloile, qui place le paf- Hage de la Seine, par le duc de Parme, le samedi 16 du mois de mai, Teille de la. PentecAle, et qui a. vu, le IS mai, l'armée de» ducs passer par ParU (Regitl. joum., p. 86 B). — Les autres contemporains placent ce passage au 10 et an 13 mai. — Tbuanns, 1, ciu. — Supplém. de Lestoile, p. 87 B. — Cajet, 1. iv, p. 369 A, B. 11 y a chez eui erreur de date prouvée par les lellres missives. Contre le témoiguagR des niâmes lettres, p. 615, Sully, c. SS, p. 98 A, d'Aubigné, c. 15, p. 166, Chevernj, t. x, p. 516 B, placent ia blessure de Famèse, non au siège de Caudebec, mais & l'un des combats que lui livra Henri entre Yvetot et Hauson. — Pour la conduite du vieux Biron, à RansoD, voir, outre Sully, le Suppl. de LestoUe, p. 97 B; Mèzeray, Grande liiitoire, t. m, p. 946, 9*7, iu-fol. ; P(;réate, 1- partie, p. 167, ln-8', édit. 1813. ■ Lettres misùves dea 7 et 11 mai, t. m, p. 611, 634.
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