‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 10 sur 344 · LIV. V. CH. I. LETTRE ET RÉCLAMATION DU ROI · texte numérisé non relu

LIV. V. CH. I. LETTRE ET RÉCLAMATION DU ROI

Henri FV, d'entreprendre contre Philippe II la guerre ouverte à forces égales fournies par les deux puissances, conformément aux ouvertures qu'ils lui ont faites, aux engagements qu'ils ont pris avec lui au mois de janvier précédent. Un passage de cette lettre doit être cité, et demande un commentaire, car il est le point de départ, et en partie l'explication des rapports entre la France et l'Angleterre de 1595 à 1598. Elisabeth écrit au roi :

ff La reine loue le dessein qu'il a de faire cette guerre, et souhaite qu'il lui soit heureux et prospère. Elle> lui répond qu'elle a fait si bien ouverte guerre au roi d'Espagne, par terre, par mer, en Flandre . en Espagne, en Portugal, en Amérique, que les témoignages en sont répandus par toute la terre. Que si le roi de France au lieu de se tenir toujours sur la défensive , en avoit fait autant de son côté , en attaquant, le roi d'Espagne n'auroit pu endommager ni l'un ni l'autre des deux. » '

D'abord Elisabeth se vante d'avoir fait la guerre ouverte^ d'avoir pris V offensive contre le roi d'Espagne, et l'exposé de nos ambassadeurs en 1596 démontre jusqu'à l'évidence que la reine au contraire, jusqu'à cette époque, a pris grand soin de ne pas déclarer la guerre au roi d'Espagne , de* ne pas faire cette blessure à son orgueil, cette provocation à sa vengeance, et de ne repousser ses attaques que par des hostilités détournées et en quelque sorte obliques. En second lieu, la reine reproche à Henri IV de s'être tenu sur la défensive de 1589 à 1595, alors qu'il avait à combattre dans l'intérieur du royaume toute la Ligue, c'est-à-dire plus de la moitié de la France au début, et quatre puissances étrangères faisant à la fois invasion sur notre territoire. Enfin elle lui adresse ce reproche au moment même où il prend Y offensive d'une manière éclatante par sa déclaration de guerre à Philippe n, quoiqu'il ait encore en tête une partie de la Ligue.

1 Camden, Annales rerum Anglicarum, pars iv, p. 639.

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