‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 100 sur 344 · ABANDON OU LES ALLIÉS LAISSENT LA PRANCR DANS SES PÉRILS · texte numérisé non relu

ABANDON OU LES ALLIÉS LAISSENT LA PRANCR DANS SES PÉRILS

phétiques, et déplorablement justifiées par les événements. Ces dangers de la France, qui appelaient impérieusement une réforme dans l'état financier et dans l'état militaire du 'royaume, n'auraient pu être conjurés qu'au cas où ses alliés lui auraient donné une assistance qu'ils lui refusaient depuis quatorze mois. Il aurait fallu que la Hollande et l'Angleterre envoyassent chacune une armée, qui jointes au contingent que la France pouvait fournir en dehors de l'armée occupée au siège de La Fère, auraient retenu et combattu l'armée espagnole dans la Flandre ; auraient préservé de l'invasion nos provinces et nos villes frontières. Cette aide la France ne l'obtint pas. La Hollande se borna au secours de deux mille hommes et au subside pour la solde de deux mille autres, qu'elle nous avait précédemment accordés, et qui lui avaient valu l'animadversion d'Elisabeth et de ses ministres. Dans ses rapports militaires avec l'Espagne, elle se tint sur la défensive : elle ne fit aucun grand armement, elle n'altaqua pas. Quant à l'Angleterre, elle persista dans l'abandon calculé où elle nous avait laissés l'année précédente. Le résultat de cette conduite de nos alliés nous exposait à des revers, et ces revers à leur tour devaient engendrer dans l'avenir des dangers pour la Hollande et l'Angleterre : il y avait solidarité dans la fortune des trois peuples. Le 26 février 1596, notre secrétaire d'État pour les affaires étrangères, Villeroy écrivait : u Nous » avons advis de toutes parts que les ennemis se préparent A à attaquer quelque place. En quoi nous sommes très » mal assistés de nos voisins, lesquels se reposans, se » maintiennent à lombre du feu qui nous consume, sans • appréhender davantage le bien ni le mal qui leur en » peull arriver *. »

i Lettre de Villeroy à Du Plessid, dana les Mém. et Gorresp. de Du Plessis-Mornay, t. VI, p. 461.

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