IL MARCHE AU SECOURS DE CALAIS. ATTAQUE DES ESPAGNOLS
11 avait envoyé un autre message aux États-Généraux de la Hollande et au comte Maurice : il reçut peu après la réponse de Maurice, et la promesse de lui amener quatre mille hommes dans un court délai ^ Le 13 avril, il apprit que les Espagnols attaquaient Calais. Le 1 5, il laissa le commandement de l'armée et la ox)nduite du siège de la Fère au connétable de Montmorency : il partit du camp de Traversy, accompagné du régiment des gardes et de cinq cents cavaliers, et il se dirigea vers Abbeville , où il comptait trouver ses lieutenants réunis, pour marcher avec eux au secours de Calais *.
Albert et de Rosne pressentaient tout ce que l'arrivée du roi et de son corps d'armée apjx)rterait d'obstacle à l'exécution de leur dessein : aussi redoublèrent -ils d'efforts potir brusquer l'attaque et la prise de la ville avant son arrivée. Déjà maîtres du pont de Nieulet, du Risban, du faubourg du Courguet, ils avaient, le mardi 16, conduit toute leur artillerie dans le faubourg, et établi une batterie de vingt-deux pièces sur le bord du fossé,pour attaquer le corps de la place. Le lendemain 1 7 , ils battirent les murs, 'et comme en cet endroit les fortifications présentaient moins de solidité et de résistance que sur les autres points, ils parvinrent à pratiquer une brèche, et se préparèrent à donner l'assaut. Ils n'eurent pas à en courir les dangers. Les habitants, la garnison, le gouverneur conspirèrent
» Lettre missive du 18 avril au connétable, t. IV, p. 57!. « Si cculx » des Estats (les HoUandois) m'euvoyent les quatre mil hommes qu'ils » m'^nt promis. » Il est clair que la demande de secours adressée par Henri à la Hollande a lieu en môme temps que la demande adressée à l'Angleterre, le 11 avril, et que Maurice répond et promet les jours qui suivent.
• Lettres missives au doyen et chapitre de Notre-Dame de Rouen do 15 avril, et au connétable du 16 avril, t. IV, p. 569, 570. Le roi, le 15, est encore au c^mp de Traversy, qu'il quitte ce jour là ; le 16, il est à Nesle, se dirigeant vers Abbeville. — Thuanus, 1. GXVI, § 6, p. 60i : « Rex, relicto ad Fars obsidionem Henrico Montmorencio, » equitum magistro, in viam se dat XVII kal. maias. »
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à la fois pour leur livrer la ville sans combat. Les habi* taots devaient se joindre aux soldais, augfmenter'le nombre des défenseurs : mettant en oubli les exemples et les héroïques efforts de leurs ancêtres, tremblant à l'idée du massacre de Dourlens, ils pressèrent séditieusement le gouverneur de leur sauver 1^ dangers d'un assaut en se rendant. Les soldats, de leur cAté, craignirent d*être emportés Tépée à la main. Bidossan, au lieu de réagir énei^iquement contre ces pusillanimes dispositions^ s'y associa ^ . Il n'essaya ni de réparer la brèche, ni de défendre les murs, et il capitula dès le i 7 au soir. U convint d'abandonner aux Espagnols la ville avec toutes les munitions de guerre et de bouche qu'elle renfermait, pour avoir la permission de se retirer dans la citadelle. A peine y fut-il établi, qu'il trembla et traita de nouveau. Il promit d'en sortir et de la livrer à l'archiduc dans six jours , si pendant ce laps de temjis il n'était pas secouru. A l'étranger et en France, il n'y eut qu'un cri contre tant de lâcheté. Le roi arrivé le 18 à Ahbeville, où il reçut ces désai^ treuses nouvelles, écrivait au connétable : « Si toutes les » villes en font de même, il ne faut plus parler de rien » faire : ils n'ont pas enduré un assaut, et se sont contentés » des brèches ^ ! » . Mais il donna à peine un moment à l'indignation qui ne remédiait à rien, et revint aussitôt aux combinaisons militaires et aux négociations propres à conjurer le danger.
Le mal était grand, mais il n'était pas irréparable. On
^ Thuanus, 1. GXVI, § 6, l. V, p. 601. « OppidaDis intus contra Bi- » dossaimin tumulluantibus. » — Davila, l. XV, t. \U, 2* partie, p. 65. — P. Cayet, 1. Vlll, p. 735 B. « Le sieur de Visdossein, au lieu de » réprimer les premiers qui parlèrent de se rendre à TÉapagnol, ne » songea qu*à se retirer daus le chastcau. »
* Bentivoglio, 1. XIX, t. IV, p. 17, 18. Lettre du roi au connétable du 18 avril, t. IV, p. 572 ; nous ne conservons pas Torthographe du temps.