‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 113 sur 344 · LIV. V. GB. VI. ELISABETH VEUT OBTENIR LA CESSION · texte numérisé non relu

LIV. V. GB. VI. ELISABETH VEUT OBTENIR LA CESSION

port K Quand la ville eut traité avec Albert et de Rosne, quand elle eut été enlevée à la France, la citadelle tenant encore^ Elisabeth fit connaître alors ses intentions, dévoila ses desseins à Sancy, l'ambassadeur que Henri lui avait envoyé le 18, et qui était arrivé à Londres le 20. Elle était à mille lieues de vouloir établir FEspagnol à Calais, placer ainsi l'Angleterre sous le coup sans cesse menaçant d'une invasion. Mais dans ses calculs^ l'occupation espagnole n'était qu'un prélude, qu'une transition, qui, après avoir arraché Calais à la France, devait en définitive livrer cette ville à l'Angleterre. Elle déclara donc à Sancy qu'elle n'emploierait ses forces au recouvrement de la ville que sous la condition que le roi la lui abandonnerait, après qu'elle serait reconquise par l'effort commun de leurs armées. Sancy lui répondit qu'il était auprès d'elle pour empêcher que Calais ne se perdît, ou pour avoir moj^en de le recouvrer s'il se perdait, et non pour travailler et aider à en spolier son pays. La reine insista et lui dit : (( Que, puisque la ville avait échappé à la France, » il valait mieux qu'elle fût aux mains des amis du roi » que de ses ennemis. » Elle se mettait au nombre de ses amis ! Sancy lui répliqua que si la France devait perdre Calais, elle préférait le voir au pouvoir des Espagnols, sur lesquels elle le reprendrait bientôt, plutôt qu'au pouvoir des Anglais, qui l'avaient gardé des siècles *. Sur ce propos, la conférence fut rompue, mais Elisabeth ne lâcha pas prise. Dans la nuit du 20 au 21 avril, elle en-

* Sancy, passé en Angleterre le 18 avril, rendu le 20 à Londres, expose l'état de l'armée et de la flotte anglaises depuis plusieurs joure quand il dit, comme on l'a vu ci-dessus : « L*armée d'Angleterre estoit » à Tanclire, et pouvoit en cinq heures faire l'effet que nous désirions » d'elle. » (Saucy, Disc, sur l'occurr. de ses affaires, p. 203.) Si elle ne le fit pas, c'est qu'Elisal)etli le lui avait défendu, comme le témoigne Davila 1. XV, t. III, 2" partie, p. 64. « La flotte Angloise étoit retenue » par les ordres de la reine. »

* Sancy, Discours sur l'occurrence de ses affaires, p, 203, 204.

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