DE CALAIS AVANT DE SECOURIR LA FRANCE. REFUS DU ROI
voya lord Sidney à Boulogne, avec charge de demander au roi que Calais étant sauvé de l'invasion espagnole, retournât sous la couronne d'Angleterre *. L'âme de Henri se révolta justement à l'idée de cette abdication de sa souveraineté sur l'une des possessions de la France. Il rejeta bien loin la proposition. Il répondit que s'il avait à être mordu, il aimait mieux que ce fût par un lion que par une lionne ; que s'il devait être dépouillé, il lui valait mieux l'être par ses ennemis que par ses amis. Il tenta ensuite d'amener Elisabeth à des dispositions moins âprement intéressées par la lettre qu'il lui écrivit le 23, et dans laquelle il faisait appel à ses sentiments de grande reine et d'ancienne amie, rejetant avec adresse, avec raison peut-être, l'odieux de la proposition sur son entourage *. Comme il pensait qu'elle cédait surtout aux instigations de Burghley, il essaya de combattre l'influence du grand -trésorier par celle du comte d'Ëssex, et pressa le comte de tenir la promesse qu'il lui avait faite quelques jours auparavant de lui amener huit mille soldats. Ce fut tout aussi vainement. D'Essex, quoique hautement prononcé en faveur de la
^ Du Vair, Tun de nos quatre ambassadeurs. Discours de la négocia^ tioH de MM, de Bouillon et de Sancy en Angleterre, p. 1130, 1131, Paris, Cramoisy, 1641, in-foL « La mesme uuict, le dict sieur de Sidué » partit despeché par la Reyne vers le Roy, dout le sieur de Sancy fust » adverty par ses amis le lendemain au matin... Le sieur de Sancy » fust adverty que le seigneur de Sidné avoit charge de demander au n Roy Calais, au cas qu'il fust secouru, » — Sancy, Discours etc. p. 204. « Elle envoya à Theure mesme le sieur de Sidné, gouverneur de » Flessinghe vers le Roy ; il le trouva le lendemain à Boulogne. »
* Lettre du roi à Elisabeth, du 23 avril dans les Lett. miss. t. IV, p. 573, 574. « Madame, j'ay receu votre lettre, par le sieur de Sidné » (sic) et entendu de luy la proposition qu'il dict avoir charge de faire » de vostre part, que j'ay trouvée si peu convenable à la sincérité de » ceste parfaite affection que j'ay tousjours trouvée en vostre bouté M que je crois plustost qu'elle ayt esté persuadée par ceulx qui tie » sçavent pas quel est l'intérieur de vostre aine, que non pas qu'elle » soit née et conceua en icelle. »