‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 118 sur 344 · LIY. V CH. VJ. IMPORTANCE DE CETTE CONQUETE · texte numérisé non relu

LIY. V CH. VJ. IMPORTANCE DE CETTE CONQUETE

faire le soldat et de Tempêcher de se débander. Il faut indiquer encore Tempire pris par Henri sur la noblesse qu'il parvint, pour la première fois depuis son avènement, à retenir dans le camp pendant toute la durée du siège. Il faut mentionner enfin une invention et des travaux nouveaux d'art militaire. Le roi, suivant le conseil de quelques-uns de ses ingénieurs, résolut d'arrêter l'Oise par une digue au-dessous de la ville et de l'inonder. Il fit commencer l'ouvrage par un très-grand nombre de pionniers, l'encouragea et le pressa par sa présence, parvint bientôt à l'achever (25 février). Le but principal qu'on s'était proposé ne fut pas atteint : la rivière, en refluant, ne remonta pas à une assez grande hauteur pour contraindre les assiégés à se rendre ou à se laissernoyer. Mais le travail produisit un autre eflFet conâdérable : l'eau en s'écoulant laissa la ville pleine d'une fange dont l'exhalaison infecta l'air, et répandit dans la garnison des maladies dangereuses. Le gouverneur dès lors entra en disposition de capituler : il se décida lorsqu'il se fut assuré que l'archiduc Albert n'oserait en venir aux mains avec le roi, qu'il désespéra d'être secouru, et que sans être arrivé au moment de manquer de vivres, il l'entrevit *.

1 I.ettros missives au Connétable et à La Force aux dates des 17, 22, 25 février; 6, 8, 14, 15, 23 mars; 16 mai; t. IV, p. 504-506, 515, 516, 519, 525-528, 542, 581. — Davila, 1. XV, t. III, 2^ part., p. 55, 56. 74, 75. — Thuanus, 1. GXVI, § 9, t. V, p. 606, 607. — P. Cayet. 1. VIII, p. 736 B. On tomberait dans rerrenr en donnant une portée exagérée à un passajïe des OEcon. roy., cb. 63, p. 204,- 205. Si le pain et les autres vivres fournis à l'armée du roi sont l'une des causes, ils sont loin d'être la seule cause de la prise de la Fère, et la garnison espagnole ne fut pas amenée à capituler par le manque de vivres : elle eu avnit encore pour deux mois. Lettre mii^s. du roi au connétable du 16 mai, t. IV, p. 581. « Les assiégés ayant faict recognoistre leur » magasins par les sieurs de la Rocliepot et de la Gorbinière, il s'y » est trouvé plus de six cents septiers d'avoine et six vingts de bled, » qui estoient sulïisans pour nourrir leurs gens de guerre pendant deux p mois. »

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