‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 121 sur 344 · MAUVAIS ÉTAT DE L*ARMÈE, MANQUE D*ARGENT · texte numérisé non relu

MAUVAIS ÉTAT DE L*ARMÈE, MANQUE D*ARGENT

passé au milieu de tous les genres d'incommodité, l'avaient fatiguée, harassée, surtout l'infanterie, et avaient porté la contagion dans ses rangs. La noblesse, qui formait la plus grande et la meilleure partie de la cavalerie, était diniinuée de moitié, et son état demandait qu'on ne recourût plus à elle qu'à la dernière extrémité. Il n'y avait pas moyen de faire subsister l'armée en Picardie, province désolée et ruinée par la guerre dont elle était le théâtre depuis deux ans : il fallait aller chercher les vivres au loin et à grands frais. Les poudres et les munitions faisaient défaut, et à peine en avait-on assez pour la défense, comme on va le voir. Mais , par-dessus tout , le roi manquait d'argent : les dépenses occasionnées par le siège de La Fère avaient épuisé ses dernières ressources : il déclarait dans sa correspondance qu'on était arrivé à une misère qui n'était plus supportable : pour plus de six mois, il était hors d'état de fournir à la solde de l'armée portée au chiffre de 24,000 hommes où elle se trouvait maintenant *. L'attaque des places tombées au pouvoirde l'ennemi, toute tentative sérieuse pour rentrer dans l'intégrité de notre territoire, devait être nécessairement ajournée au temps où la perception ultérieure des impôts existants aurait versé de nouveaux fonds dans le Trésor, où une réforme financière aurait détruit les abus qui en diminuaient les produits, où des mesures législatives auraient fourni au gouvernement de nouvelles et indispensables ressources.

Dans cet état de choses, le roi renonça pour un temps à tout siège, à toute agression contre les Espagnols. Il congédia la noblesse pour arrêter son efifrayante diminu-

» Bentivoglio, 1. XIX, t. IV, p. 32, 33. — Davila, 1. XV, p. 76, 104. — Mathieu, l. II, p. 245. — Lettre miss, du 26 juin à Bellièvre, t. IV, p. 609. a Secoures moy donc par effet, et nous rassemblons après au » plus tost, pour trouver moyen de sortir de ceste misère^ car elle n'est » plut supportable. »

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