LIV. V, GH. VI SOINS DU ROI POUR LA DÉFENSB DU TERRITOIRE
tien, la recruter des fils de famille arrivés à Tàge de porter les armes, et la retrouver plus en état de servir dans les grandes occasions. Il licencia une partie des troupes, pour n'avoir plus à les payer, réservant celles jugées nécessaires à la défense, qu'il organisa avec un redoublement de vigilance et de soins. U répartit les forces qu'il garda dans les places les plus importantes, de manière à ce qu'elles n'eussent rien à craindre du retour imprévu des ennemis. Il mit de fortes garnisons dans Boulogne, Montreuil, Abbeville, Péronne, Saint^Quentin. Il voulut en introduire une dans Amiens, d'abord dans la ville même, ensuite dans les faubourgs. Les habitants refusèrent de la recevoir, en alléguant leur ancien privilège de se garder eux-mêmes, la force de leur garde bourgeoise qui ne comptait pas moins de quinze mille hommes exercés aux armes, la circonstance que dans le cours des guerres passées ils s'étaient toujours défendus victorieusement contre l'étranger, et par-dessus tout leur sincère attachement à la cause royale. Henri, par respect pour les libertés municipales, pour les traités conclus avec les villes de la Ligue, céda, mais céda sans imprudence. Il ordonna au comte de Saint-Paul, gouverneur de la province, de prendre sa résidence dans Amiens, pour veiller de plus près à la sûreté et à la défense de la ville. Ce n'est pas tout : prenant quelque temps après occasion d'un grand convoi de vivres et de munitions qu'il y fit transporter, il ordonna aux trois mille Suisses qui avaient servi d'escorte de se loger dans les villages les plus rapprochés de la capitale de la Picardie*. Il posta le maréchal de Birou avec quatre mille fantassins et six cents cavaliers soldés sur les bords de la Somme,
1 Thuanus, U GXVIIl, § 6, t. V, p. 674, pour le refus fait par les habilants d'AmieDs de recevoir ni dans leurs mui's, ni même dans leurs faubourgs, la garnison que le roi veut y mettre. « Itaque neque noTO