QUELQUES HOMMES D*ÉTÂT COMMENCENT Â ESPÉRER MIEUX
la mort du duc de Parme, aux succès duquel il n'avait pas été étranger. C'est ce que reconnaissent eux-mêmes les historiens sujets de Philippe II *.
Les hommes d'Etat dans le conseil et dans l'armée, en se rendant un compte exact de l'accroissement de force et de ressources que la destruction presque entière de la seconde moitié de la Ligue donnait au pays pour résister à l'étranger; de l'étendue et de la précision des mesures prises par le roi poiur arrêter les progrès de l'ennemi et protéger notre territoire ; des pertes essuyées par l'armée espagnole dans les Pays-Bas, prévoyaient, auguraient avec bonheur pour la France un retour de fortune, dans la suite de la lutte contre Philippe II, malgré les accidents et les caprices de la guerre. Mais les idées et les sentiments contraires prévalaient encore dans les masses, et dans une grande moitié de la classe élevée. Depuis la perte de nos six villes frontières , et surtout de Calais, le peuple frappé de la circonstance que les Espagnols avaient emporté toutes les places qu'ils avaient attaquées, crut qu'ils n'auraient désormais qu'à se présenter devant les autres pour les prendre. Les grands, témoins du licenciement de l'armée après la prise de La Fère, jugèrent le roi réduit aux extrémités. Ses efforts pour la défense nationale ne furent pas appréciés par l'opinion publique, et ses revers furent exploités par l'ambition.
< Lettre missiv. à la date du 4 juillet, t. IV, p. 615. ^ Matthieu, 1. 11, p. i25. — P. Cayet, l. VUl, p. 737-740. BeuU^oglio, 1. XiX, t. IV, p. 35-60, et pour de Rosne en particulier, p. 48, 49. <c La Ligue n*cut » jamais de capitaine plus capable de la servir, soit dans les afEûres j> de cabinet, soit dans les expéditions militaires. 11 avoit la confiance » intime du duc de Mayenne et éloii le premier officier général de son » armée aux deux fameux secours de Paris et de Rouen. De Rosne, » s'étant depuis engagé avec l'Espagne, s'attacha étroitement avec » cette couronne... Il sçavoit également former de grands projets et o les exécuter : aucun général ne donna jamais d'ordres plus précis, » plus rapides et plus fermes. »
tlO UV. V. CB. VI. PROPOSmON PfiODALB DB LA PACnOM DBS 6BAND6.
La faction des seigneurs qui venait de voir d'Epernon désarmé , après tant d'autres, et qui allait chaque jour s'affaiblissant, crut avoir trouvé Toccasion de se relever, de reprendre d'un coup tous ses avantages. Us espérèrent que Henri, au milieu du dénuement où il se trouvait, leur aliénerait pour prix d'un secours jffésent, la souveraineté publique, et rétablirait en leur faveur Toi^ani^ sation et la puissance féodales. Dans Saint-Quentin, ils lui ofirirent de mettre à sa disposition une armée nombreuse et bien payée, qui semblait alors indispensable à la défense du pays, s'il consentait a à ce que ceux qui y> avaient des gouvernements par commission les pussent » posséder en propriété ^ en reconnqissant les tenir de la » couronne par un simple hommage lige. » Ainsi aux gouvernements auraient été substitués les fiefs : la jm)priété et l'hérédité auraient remplacé l'ordre actuel, suivant lequel le roi nommait à chaque vacance pour gouverneur celui qui lui donnait le plus de garanties de capacité et de fidélité, et ôtait les gouvernements aux indignes et aux séditieux, comme il venait de le pratiquer à l'égard de d'Epemon pour la Provence. Les seigneurs avaient entraîné dans leurs projets les princes tlu sang, et persuadé au duc de Montpensier de porter au roi leur proposition. Henri n'avait pas alors d'enfants légitimes : il fit facilement comprendre au duc de Montpensier et aux princes de sa famille qu'ils demandaient la dégradation de la royauté, à laquelle les événements pouvaient d'un moment à l'autre les appeler, et en attendant l'abaissement nécessaire des princes du s^ang : il parvint à les tirer de la ligue des seigneurs, et même à les rendre ses contradicteurs et ses adversaires. La tentative de l'aristocratie échoua '.
< Sully, QBcon. roy., ch. 61, t. I, p. 201, 202. « Mon cousin, mon n ainy, je crois que quelque malin esprit a charmé le vostre ou que