‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 125 sur 344 · LE PARTI PROTESTANT: MENACE D*UNE NOUVELLE GUERRE CIVILE · texte numérisé non relu

LE PARTI PROTESTANT: MENACE D*UNE NOUVELLE GUERRE CIVILE

Maïs au milieu des revers et de rabaissement momentané de la royauté, l'esprit d'opposition et d'insurrection gagnait d'autres classes. Outre la faction des grands seigneurs, Henri eut à contenir le parti prolestant, et à l'empocher de se jeter dans un soulèvement qui aurait mis en péril les destinées du pays. Le roi voulait assurer aux protestants la liberté de conscience, la liberté de culte, la liberté civile, pleines et entières. Dans ce but, il leur avait rendu Tédit de 1577, le plus favorable de ceux qu'ils eussent obtenu de ses prédécesseurs, et il l'avait encore amplifié des articles de Mantes. Il l'avait fait enregistrer dans le Parlement de Paris, dont le ressort comprenait près de la moitié du royaume, et ordonné aux autres Parlements de suivre cet exemple. Mais il entendait que les réformés tinssent ces avantages de l'autorité souveraine, protectrice des droits de tous, qu'ils restassent soumis à la loi commune du pays, qu'Us se fondissent dans la nation. Mécontents des délais que quelques Parlements apportaient dans l'enregistrement ; irrités de quelques violences auxquelles ils étaient en butte de la part des catholiques , dans les pays où l'autorité royale n'était pas encore complètement rétablie, les chefs des réformés poursuivaient un nouvel édit. Tous, indistinctement, voulaient former de leurs co-religionnaires un corps à part dans l'État, ayant ses assemblées politiques, ses places fortes, ses finances distinctes de celles de la nation ; mais les plus modérés entendaient que ce fût sous la seule autorité du roi. L'ambition de La Trémoille et de Bouillon rêvait autre chose : elle espérait que la constitution nouvelle rétablirait le protectorat des

» vous n*e8tes pas dans vostre bon sens etc.... Le duc de Montpensier » ne manqua pas de tenir à ces gens là, qui l'ûvoient ainsi pipé^ le » meame langage que le roy lui avoit ordonné, ce qui les estonna » grandement.»

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