‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 127 sur 344 · CHAPITRE VIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIT

La France est menacée d'être abandonnée de l'Angleterre et de la Hollande, au moment de set revers, par la paix que ces deux puissances projettent avec Philippe IL Changement dans la situation : ligue offensive et défensive entre les trois EtatSy du Si mai 1596. Expédition contre Cadix. Tentative maritime de Philippe II pour ^invasion de F Angleterre. Seconde banqi^route de ce prince : épuise^ ment de F Espagne (30 avril-W novembre 1596).

Retour sur les relations diplomatiques, depuis la flo du mois d avril 4596. Etat précis des relations de la France, de l'Angleterre, de la Hollande, entre elles, et avec fEspagoe à cette époque. En Hollande, le parti populaire, en Angleterre, les ministres d*£llsabeth, inclinent fortement à la paix avec Philippe H. Raisons de ces dispositions : calculs et espoir de lord Burghiey, principal ministre d*Elisal)etli, hostile à la fols à la France et h la Hollande. Grand dangfsr résultant pour la France de Pabandou dans lequel la laisseront ses alliés, si cet abandon a lieu. — Le péril est conjuré par la politique du roi, rhablleté et la fermeté de ses ambassadeurs, profitant du libre cours que Philippe II donne à ses passions et de ses nouveaux projets contre TAnglelerre. Exposé de la situation par les ambabsadeurs de Henri, et préparatifs du roi cattiolique pour Pinvaston de TAngleterre. — Ouverture de la conférence de Greenwtch : proposition d*une ligue offensive et défensive entre la France, TAngleterre, la Hollande mise en avant par les négociateurs du roi, le duc de Bouillon et Sancy, auxquels s*adjoignent bientôt après du Yair et Ancel (30 avril 4586). Entre la première et la seconde séance de la conférence, fermentation à Londres excitée par la prise de Calais, et nouvelles reçues des revers essuyés sur mer par les Anglais, dans leurs attaques contre les possessions espagnoles d^Amérique. — Séances des 7 et 9 mai. Les ambassadeurs français

» de pacification de 1577, que j'ay si souvent ordonné estre publié et » observé. Car c'est proprement ruyner mes affaires que de jouer une M telle partie en ceste saison, que je suis engagé si avant dans la guerre » avec le roy d'Espagne, avec les incommoditez que chascun sçaii. » — Thuauus, L CXVII, § 3, t. V, p. 619. — Mémoires, 1. VI, p. 365 A, 366 B, 367. — Duplessis-Moniay, Brief discours, dans ses Mém. et corresp., t. VIT, p. 286, 288. —Madame DuPlessis, Mém., t. I, p. 300- S02. « Les sieurs de la dicte assemblée s'en rotournoient chacung en » sa province, en intention de chercher le remède à leurs mauiz en » eux-mesmes, dont se feust infailliblement ensuyvi ung trouble pour » achever la ruyne de cest Estât, si par Tindustrie de M. Duplessis, » le roy n*eust esté adverty à propos de ce danger inmiinent. » — Davila, 1. XV, t. III, p. 83, 86, 87.

214 LIV. V. CH. vil. RETOUR SUR LES RELATIONS DIPLOMATIQUES.

exposent avec force rutlllté et la n^cesMtë de la ligae pour les trots polasances; le raeilleur genre de guerre à faire au roi d'Espagne; la o<$eessité où se trouve Henri de Iralter avec Tennemi commun, sMI est abandonné de ses allids; les termes précis où 11 en est avec Philippe, en W.t de tmiré. Réserve et froideur avec lesquelles lord Burghiey accueille sa proposition : Intention de rompre exprimée par les ambassadeurs. — Séance du 14 mal. Burghiey retire la demande faite indireclement à la France de céder h rAngleterré Boulogne, à la place de Calais perdu, et propose un projet de ligue entre les deux puissances. Il cherche à retenir la France, iusqu^à ce quMI connaisse le succès des ouvertures quMl fait h TEspagne. Evénements survenus, et nouvelles apportées en Angleterre le 12 mal : les projets de Philippe II contre P Angleterre divulgués : les calculs <>t les plans de lord Burghiey renversés, bien qu'il conserve encore Tespoir de les faire réussir. — Propositions écrites adressées à la reine par les ambassadeurs, le 13, et examinées, le 14, dans le conseil d'Angleterre. Burghiey élude et veut gagner du temps, espérant et attendant un dernier mot de TEspagne. Les ambassadeurs se préparent à partir. Ils sont retenus par U reine qui se décide, le 20, h former la ligue. — Le traité de ligue offensive et défensive entre la France et ^Angleterre est signé le 24 mai 1586 : Elisabeth autorise la Hollande, placéie sous son protectorat^ à y accepter. Clauses du traité et obligations réciproques des trois puissances contractantes, en ce qui concerne l'offensive et la défensive. Le traité est peu avantageux A la France h quelques égards, les seuls qui aient été vus par quelques-uns des contemporains. Sérieux avantages pour la France résultant du traité, exposés par l*an des ambassadeurs — Changement momentané de conduite d'Elisabeth à regard des Hollandais. Les flottes combinées d'Angleterre et de Hollande attaquent et prennent Cadix : pertes énormes résultant pour PEspaipne de cette prise (1" Juillet). Les Anglais et les Hollandais forcent et pillent plusieurs autres villes de PAigarve. Philippe II envoie une grande flotte pour tenter rinvasion de PAngleterie. Une partie de cette flotte est brisée par une tempête furieuse, et le reste dispersé A la vuede Vlana-del-Minho (27 octobre). Seconde banqueroute de Philippe II (20 novembre). Epuisement de TEspagne.

On a exposé, dans le précédent chapitre, la guerre contre l'Espagne sur la frontière du Nord, les revers et les pertes essuyés parla France, Tébranlementque ces adversités communiquèrent aux diverses parties du royaume jusqu'au mois d'août 1596. Dans ce chapitre on s'occupera d'abord des relations étrangères et des traités, en remontant à quelques mois en deçà, en reprenant les événements à la fin du mois d'avril de la même année. On montrera ensuite quelle action ces traités exercèrent à leur tour sur les opérations de la guerre , sur la continuation de la lutte entre la France et l'Espagne, et sur les destinées d'une partie de l'Europe entre les mois de juin et de novembre 1596.

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