‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 13 sur 344 · MAYENNE VEUT DISTRAIRE LA BOURGOGNE DE LA FRANCE · texte numérisé non relu

MAYENNE VEUT DISTRAIRE LA BOURGOGNE DE LA FRANCE

D'autres intérêts d'une haute gravité appelaient Henri sur la firontière de TEst: l'état de la Bourgogne ne réclamait pas moins sa présence que l'état du Lyonnais. Il y avait chance d'enlever la Bourgogne à la Ligue, et de rattacher cette province à la monarchie ; mais il y avait danger aussi de l'en voir séparer pour toujours. La situation de ce pays, les nouveaux projets de Mayenne pour être bien connus demandent qu'on se reporte à la première moitié de l'année 1594. L'on a vu que Mayenne n'ayant tenu aucun compte des vœux et des instances des villes et des Élus de la Bourgogne, trois villes, Màcon, Auxerre , Avallon, entre le mois de février et le mois de mai 1594, avaient rompu avec son usurpation et s'étaient replacées sous l'autorité de Henri * . La réduction de ces villes, en laissant le parti du roi dans un état d'infériorité encore sensible à l'égard de celui de Mayenne, lui avait donné cependant une fermeté et une consistance qu'il n'avait pas auparavant. Cette défection dans son propre gouvernement, l'abandon de la Ligue par les grandes villes et par des provinces entières sur tous les autres points du territoire, la prise de Laon, malgré les eflForts de l'Espagne pour empêcher la conquête de cette place, avaient averti Mayenne que l'espoir d'usurper le royaume était pour lui perdu sans retour, et dès lors il n'avait plus songé qu'à le démembrer. Cessant désormais de (lisputer au roi catholique la souveraineté et la possession du corps de la monarchie, il espérait le trouver favorable à son projet. « M. du Maine, dit Sully, voyant Laon pris, avait, par l'avis du président Jeannin, qui depuis longtemps l'en sollicitait, résolu d'essayer de réunir ses forces trop éparses, et de se réduire en une seule province, qu'il désignait toujours devoir être la Bourgogne, tant pour ce qu'il la possédait quasi toute, que pour ce qu'elle était avoisinée de la

« Voir ci-dessus, t. I, liv., IV, ch. 4, p. 589, 590.

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