PREMIÈRES OUVERTURES DES NÉGOCIATEURS FRANÇAIS
la paix avec l'Espagne, le grand-trésorier avait ajouté ensuite des insultes aux récents revers de le France, avait prodigué les éloges à l'habileté et aux succès des Espagnols *.
C'est dans cette situation que s'ouvrit la conférence de Greenwich entre les ministres anglais et les ambassadeurs français. Les envoyés de Henri étaient le duc de Bouillon, Sancy, le conseiller d'Etat du Vair, l'habile négociateur Ancel, récemment nommé ambassadeur vers les princes del'Empire*. Plusieurs faits, en se succédant coup sur coup dans l'espace de quelques jours, la logique victorieuse de nos diplomates , leur conduite ferme, changèrent les dispositions »\ hostiles dans le principe à la France. Les réprésentants des deux puissances tinrent une première séance le mardi 30 avril. Les ambassadeurs français proposèrent une alliance offensive et défensive entre la France et l'Angleterre , et dès Tabord prirent la question par ses hauts côtés, en demandaut que chacune des puissances contractantes a tournât toutes ses forces contre l'ennemi commun'. » Entre la première et la seconde séance, la nouvelle de la perte totale de Calais, si menaçante pour le territoire et le commerce de l'Angleterre, excita un violent mécontentement, et presque une sédi-
* Discours de la négociation, p. 1131. — Thuanus, 1. CXVl, § 11, t. V, p. 608.
* Dans la séance préparatoire du 80 avril, les représentants d'Elisabeth furent le grand-trésorier, Guillaume Gecill, baron de Burghley, Tamiral Howard, les lords Cobham et Buckhurst, Robert Cecill, fils de Guillaume. Dans la seconde séance et les suivantes, ce furent le grandtrésorier Burghley, le graDd-chambellan Uunsdon, lord Cobham, le chancelier de Téchiquier Forteâcue, Robert Cecill. (Disc, de la négoc, p. 1181, 1138, 1184, 1185.) Dans le Discours, ces noms ont été défigurés par les imprimeurs.
* Discours de la négociation, p. 1133. « Monsieur de Bouillon dit » que le roi l'avoit envoyé pour sçavoir si la Reyne voudroit présen- » tement résoudre le fait de la ligue offensive et défensive, et tourner n us forcef contre fennemy commun. »