RAPPORTS ET SITUATION DE LA FRANGE A L*ÉGARD DE L*ESPAGNE
quelles il pouvait faire toutes ses entreprises contre la France et contre l'Angleterre *. Le parti pris, la conduite tenue par les trois puissances entraîneront, selon toute probabilité el dans un temps plus ou moins rapproché, les résolutions du reste de l'Europe. Envoyant la France, l'Angleterre, la Hollande s'unir entre elles, et se présenter à la lutte avec des forces considérables , les princes protestants d'Allemagne, qui détestent et redoutent la maison d'Autriche , entreront dans la coalition , car ils ont mêmes intérêts et mêmes affections qu'elle. Les princes d'Italie feront de même ; mais comme ils règlent tous leurs mouvements sur la fortune, s'ils voient les trois puissances désunies et faibles, s'ils perdent l'appui qu'ils espèrent de la France , ils chercheront à se concilier la faveur de l'Espagne, à la désarmer , en lui fournissant leurs soldats et leur argent *•
Les négociateurs de Henri examinaient en même temps la situation de la France, ses rapports avec ses alliés, les propositions qu'elle avait reçues du roi d'Espagne, et soit dans la discussion avec les ministres d'Angleterre, soit dans les propositions par écrit qu'ils adressaient à la reine, ils s'expliquaient avec une netteté et une franchise, qui ne laissaient ni une obscurité ni un doute. Par la convention de 1593, Henri et la France s'étaient engagés
* Disc, de la négoc, p 1136. — Propositions à la Reyne, p. 1161. « Le seul moyen que l'ennemy commun n*empiète pas sur les associez » est de composer un corps d'armée des forces des associez, lequel » fasse la guerre au lieu où ils se peuvent plus aisément assembler.... » 11 semble qu'il faut résoudre faire avec ceste armée la guerre » en l'Arthois, et en Hainault, pour ce que, par ce moyen, on gastera » le meilleur pais qu'ait Tennemi, et occupera-t-on les forces avec » lesquelles il peut faire toutes ses entreprises sur la France et sur N TAngleterre. » Le mot Flandre est employé par les ambassadeurs français et par tous les écrivains contemporains, dans le sens des provinces catholiques, des provinces restées soumises à la domination de PEspagne dans les Paya-Bas.
* Propositions à la Reyne, p. 1155.