UV. V. CH. YU. NÉCESSITÉ DB LA PAIX POUR LA PHANCE
à ne traiter d'aucun accord avec le roi d'Espagne sans le consentement d'Elisabeth. Les ambassadeurs venairat pour renouveler solennellement cette promesse et pour s'en acquitter. Mais cette obligation de notre part emportait de la part de la reine la condition de nous fournir de quoi subsister et soutenir la guerre. Elle ne pouvait avoir entendu nous obliger par cette promesse à notre ruine : le roi n'était pas roi pour perdre , mais pour sauver ses sujets, n ne pouvait rester dans la situation où Tavait réduit la continuation de la lutte, au milieu de l'abandon et du refus de secours de ses alliés. D ne pouvait rester exposé à se voir enlever chaque jour quelque ville nouvelle , laisser son honneur s'entamer davantage, tomber dans le mépris de ses sujets, lesquels, las de la guerre, lui imposeraient, par la menace d'une révolte, l'accepta^ tion des propositions du roi d'Espagne. Cette paix, consentie après des revers, serait désavantageuse : en outre, elle serait dangereuse, Henri ne se faisait à cet égard aucune illusion. En effet elle ôterait moins à Philippe II l'envie de lui nuire, que le progrès qu'il poiurait faire dès lors sur ses voisins, ne la lui redonnerait, avec les moyens de la satisfaire. Mais cette paix était pour Henri une affaire de nécessité et non de choix : il était contraint de préférer un péril à venir et incertain, à un danger présent et immense : il n'avait aucun serviteur qui put lui déconseiller un accord. Ses alliés en souffriraient autant que lui : la paix serait telle que le roi catholique la désirait, conclue avec la France seule, lui donnant la facilité d'exécuter sans diversion ses desseins contre l'Angleterre et la Hollande. Les négociateurs français avaient mis la discussion dans le champ de la grande politique, de la grande guerre, et en même temps de la plus grande franchise. Lord Burghley refusa de les y suivre, attaquant leurs propositions non de front mais de côté, évitant de les combattre,