‹ Histoire du règne de Henri IV (volume 5)Chapitre 141 sur 344 · LIV.V.CH.VII. RÉPONSE: LES ÂMBASSAD. PRÉPARENT LEUR DÉPART · texte numérisé non relu

LIV.V.CH.VII. RÉPONSE: LES ÂMBASSAD. PRÉPARENT LEUR DÉPART

but : éviter un éclat, apporter des délais, des ajournements à la mise à exécution de la ligue. Il se flattait encore de n'avoir pas le dernier mot de TEspagne. Il voulait gagner du temps, voir venir les événements, s'assurer si Philippe 0 persisterait dans ses projets d'invasion, ou s'il céderait aux avances et aux offres qui lui étaient adressées. Ces tergiversations indignèrent les ambassadeurs français : ils s'écrièrent qu'il n'y avait plus à traiter : le duc de Bouillon annonça l'intention de partir sur-lechamp, et pria le sieur Edmond d'aller demander un vaisseau pour le reconduire. Elisabeth était trop politique, trop menacée, trop intéressée à s'assurer la puissante diversion de la France , si ses ministres échouaient auprès de l'Espagne, pour laisser la négociation marcher à une rupture. Dès le soir même du 14, au retour d'une promenade à cheval, elle passa au logis de nos ambassadeurs, leur dit qu'elle était instruite qu'on avait traité avec eux l'après-diner, et qu'ils n'étaient pas contents; mais qu'elle n'entendait pas cela, et qu'elle voulait les renvoyer satisfaits. Le lendemain 1 5 , elle leur fit une avance en leur annonçant que, sur la seule parole de Bouillon et de Sancy, elle accordait au roi un prêt de 20,000 écus ; somme pour laquelle Burghley avait demandé comme garantie des marchands de Rouen livrés en otages. Mais comme elle gardait le silence sur la ligue et sur ses conditions, ils la pressèrent de leur accorder leiu* audience de départ. Elle la leur fit attendre du 15 au 19. Dans cet intervalle, n'ayant reçu aucune ouverture du côté de TEspagne, convaincue qu'elle n'avait à attendre de la part de Philippe II qu'une guerre implacable, elle se décida. Le 20 mai, elle entretint seule nos ambassadeurs dans la galerie, leur déclara qu'elle s'était résolue à secourir le roi , et qu'elle avait donné charge à ses ministres, qui s'en allaient à Londres, d'achever ce qui

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